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Cession des actifs d’Afrique d’Anadarko à Total

Graves suspicions sur Ould Kaddour

06 Jui 2019
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La vente des actifs d’Afrique d’Anadarko à Total a été très mal accueillie par l’opinion publique nationale. La transaction révélée, il y a 5 semaines, est venue peser de tout son poids sur une actualité déjà alourdie par des scandales financiers de toutes sortes. Ce sont les Américains, qui ont dévoilé l’opération, qui n’a pas manqué de susciter une controverse aux Etats-Unis, où elle a été dénoncée par l’investisseur activiste américain, Carl Icahn. Selon cet opérateur, qui détient pour 1,6 milliard de dollars d’actions d’Occidental Petroleum, soit 4% des parts de la compagnie, « Occidental a vendu ces biens dans une vente au rabais organisée avant même d’en être propriétaire ». D’ailleurs, il vient, selon des informations diffusées par le journal économique français  «  Les échos », de déposer plainte contre Occidental, jugeant l’offre de rachat d’Anadarko surévaluée. La compagnie française ne se serait jamais aventurée, pour la concrétisation d’une transaction de presque 9 milliards de dollars si elle n’avait pas reçu des garanties de la partie algérienne, dans la mesure où les plus importants champs pétrolifères constituant ces actifs se trouvent en Algérie. Ceux qui ont permis à Total de revenir en force, après des décennies d’absence et d’embargo, pour concurrencer Sonatrach sur son propre terrain en prenant le contrôle sur 30% de la production nationale de pétrole, savaient où ils allaient : permettre au Français d’inaugurer une nouvelle forme de colonisation en Algérie. La France est aujourd’hui un client secondaire pour les hydrocarbures algériens. A l’inverse de ce que véhicule un certain discours, le plus gros de ces investissements va au Maroc, qu’elle considère comme un allié stratégique. Que Total décide de racheter les actifs d’Afrique d’Anadarko, dont une grande partie est située en Algérie, pour presque 9 milliards de dollars, cela ne peut avoir qu’une seule et unique explication : neutraliser Sonatrach et forcer l’Algérie à accepter le fait accompli. Total a-t-elle conclu un accord secret avec Abdelmoumen Ould Kaddour, le PDG de Sonatrach, éjecté de son poste, au lendemain de la révolution du 22 février, qui est venue au point nommé, pour renverser la donne et mettre à nue, la politique de bradage systématique des ressources du pays, lancée depuis quelques années, par les cercles non constitutionnels, qui ont fait main basse sur la Présidence. Ce deal entre la firme américaine, Occidental, qui vient de racheter Anadarko, et Total, a sonné comme une alerte en Algérie, où le renforcement de l’implantation de la compagnie pétrolière française est considéré comme un coup de poignard, une trahison, 48 ans après la nationalisation des hydrocarbures. Aujourd’hui, l’Etat algérien est tenu de s’opposer de plein droit à cette transaction ; et Total n’a plus aucun droit de se référer à un éventuel accord avec Ould Kaddour. Quand bien même, il y’aurait un accord secret entre le désormais ex-PDG de Sonatrach et le groupe français, l’Etat algérien est dans l’obligation de rejeter un accord secret, hypothéquant sa souveraineté à moyen terme. Le peuple algérien a l’autorité souveraine, pour exiger du pouvoir actuel de faire valoir le droit de préemption et permettre à Sonatrach d’acheter les actifs d’Anadarko, et renchérir sur l’offre de 8,8 milliards de dollars de Total, pour acquérir les sites du Mozambique, du Ghana, et d’Afrique du Sud. Sonatrach ne mérite-t-elle pas de devenir un leader sur son propre continent ?

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mercredi, 05 juin 2019 19:46
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