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La commune de Oued Athmania relevant de la daïra de Chelghoum-Laid  est une localité à vocation agro-pastorale, au Sud de chef-lieu de wilaya de Mila. Cette commune qui est l’une des plus anciennes de la wilaya de Mila, n’a pas eu, cependant, à l’instar des autres communes de la région, l’extension qu’elle devrait avoir compte tenu de son évolution démographique, avec ses  50.000 âmes, il faut bien l’avouer, que sur le plan de l’urbanisme, l’évolution est plutôt très modeste. La cause serait que cette commune est entourée de terres relevant du domaine privé, néanmoins, et depuis une dizaine d’années, le vent de la modernité semble souffler sur cette région  reculée  de la wilaya et qui rappelons-le,  souffre d’un chômage endémique, c’est ainsi que la dite commune a pu bénéficier de plusieurs programmes de développement touchant l’habitat (urbain et rural), la santé, l’AEP, le Gaz, l’éducation, l’environnement, le sport et bien d’autres secteurs aussi, si bien que le village qui était abandonné à son triste sort, commence à reprendre des couleurs, mieux encore, se métamorphose chaque jour un peu plus au point de concurrencer, sur le plan de l’esthétique et de la salubrité, bon nombre d’autres villages, pourtant, plus favorisés que lui.  Aujourd’hui, au grand bonheur des enfants de cette localité, la commune de Oued Athmania , vient de bénéficier d’un projet de création d’une aire de jeux, certes elle n’est pas très spacieuse pour répondre aux besoins de tous les enfants de cette commune-mère, mais elle est tellement aérée et joliment exécutée, qu’elle donne déjà, rien qu’au plaisir des yeux, l’envie d’y être, même s’il faut patienter un laps de temps pour pouvoir en bénéficier. Les travaux sont en phase finale et selon les propos d’un riverain , quoique l’idée de charger un agent de la municipalité pour sauvegarder le site reste excellente,  mais il faut aussi prévoir son entretien en cas de dommages.  Mais une chose reste certaine, si  les jeunes sont sensibilisés, par leur entourage, pour garder jalousement leur « aire de jeu et de défoulement », elle ne sera qu’un joli grain de beauté qui est venu, à point nommé, agrémenter un espace qui était jusque-là, laid et source de désagréments…

Berkane.S

Publié dans Régions

Alors que les grands centres urbains  présentaient ces derniers temps  un aspect plutôt hideux marqué surtout par l’éparpillement d’ordures et de sacs de poubelle jonchant la chaussée, l’initiative de la programmation jeudi dernier d’une campagne de volontariat   pour l’hygiène dans la plus grande agglomération de la wilaya  en l’occurrence Aïn Beida (25 kilométres à l’est du chef lieu de wilaya), est venue à point nommé normalement pour atténuer la situation. Dans ce sillage   l’opération  chapeautée par le secrétaire général de la wilaya, assurant l’intérim du chef de l’exécutif, a enregistré la mobilisation des équipes  de l’Office National de l’Assainissement (ONA), des travaux publics ,de l’environnement des commune du chef-lieu de wilaya, Aïn Beida, Fkirina, Berriche, en plus  des bien que matériels et engins tels les camions ,les rétro-chargeurs, tracteurs et véhicules... Bien que des quantités de poubelles ordures, gravats et autres, estimées à 2900 tonnes aient été amassées selon des sources concordantes de la wilaya, l’opération qui a concerné la voie d’évitement Sud appelée communément «voie des poids   lourds «,et la voie d’évitement de l’axe Oum El-Bouaghi-Tebessa ,Route de Khenchela, n’a pas connu l’effet escompté selon l’avis de citoyens, en l’absence surtout de la société civile, des associations, et des citoyens. Ceux pour qui l’opération est destinée se devaient d’être normalement les premiers à se présenter pour assurer sa réussite, dont l’impact est plus que positif pour leur environnement immédiat. Car  si l’on tient compte des quantités importantes de poubelles dans les grands centre urbains, une part de responsabilité incombe aux citoyens, cat ne respectant ni les horaires de ramassage de poubelles, ni les lieux destinés à leurs dépôts. L’ opération similaire, organisée   aura-t-elle dans le chef-lieu de wilaya, l’impact attendu pour débarrasser la ville des ordures et des immondices polluant l’air et l’environnement, voire  dégageant  en certains lieux (à proximité de la mosquée «Abi Ther El Ghaffari», Cité «El Amel «(la cité) des odeurs nauséabondes ? Cela demeure l’espoir de bon nombre d’habitants du chef-lieu de wilaya. Cependant, ce genre d’opération se doit d’être amplement médiatisé par des affiches appelant la participation citoyenne à l’opération, et la circulation de l’information dans les milieux  du mouvement associatif.

 Kassem

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Alors que les grands centres urbains  présentaient ces derniers temps  un aspect plutôt hideux marqué surtout par l’éparpillement d’ordures et de sacs de poubelle jonchant la chaussée, l’initiative de la programmation jeudi dernier d’une campagne de volontariat   pour l’hygiène dans la plus grande agglomération de la wilaya  en l’occurrence Aïn Beida (25 kilométres à l’est du chef lieu de wilaya), est venue à point nommé normalement pour atténuer la situation. Dans ce sillage   l’opération  chapeautée par le secrétaire général de la wilaya, assurant l’intérim du chef de l’exécutif, a enregistré la mobilisation des équipes  de l’Office National de l’Assainissement (ONA), des travaux publics ,de l’environnement des commune du chef-lieu de wilaya, Aïn Beida, Fkirina, Berriche, en plus  des bien que matériels et engins tels les camions ,les rétro-chargeurs, tracteurs et véhicules... Bien que des quantités de poubelles ordures, gravats et autres, estimées à 2900 tonnes aient été amassées selon des sources concordantes de la wilaya, l’opération qui a concerné la voie d’évitement Sud appelée communément «voie des poids   lourds «,et la voie d’évitement de l’axe Oum El-Bouaghi-Tebessa ,Route de Khenchela, n’a pas connu l’effet escompté selon l’avis de citoyens, en l’absence surtout de la société civile, des associations, et des citoyens. Ceux pour qui l’opération est destinée se devaient d’être normalement les premiers à se présenter pour assurer sa réussite, dont l’impact est plus que positif pour leur environnement immédiat. Car  si l’on tient compte des quantités importantes de poubelles dans les grands centre urbains, une part de responsabilité incombe aux citoyens, cat ne respectant ni les horaires de ramassage de poubelles, ni les lieux destinés à leurs dépôts. L’ opération similaire, organisée   aura-t-elle dans le chef-lieu de wilaya, l’impact attendu pour débarrasser la ville des ordures et des immondices polluant l’air et l’environnement, voire  dégageant  en certains lieux (à proximité de la mosquée «Abi Ther El Ghaffari», Cité «El Amel «(la cité) des odeurs nauséabondes ? Cela demeure l’espoir de bon nombre d’habitants du chef-lieu de wilaya. Cependant, ce genre d’opération se doit d’être amplement médiatisé par des affiches appelant la participation citoyenne à l’opération, et la circulation de l’information dans les milieux  du mouvement associatif.

Kassem

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Lorsque les élus locaux planifient le développement local en l’absence de concertation avec les citoyens et la société civile, ils sont confrontés logiquement aux mécontentements de ces derniers, voire à leur rejet des projets autour desquels ils n’ont pas été consultés. C’est le cas de l’APC de BordjBou-Arreridj. Celle-ci en programmant la réalisation d’un stade de proximité au profit des jeunes de la localité d’Aïn Zérigua, située à la sortie Nord de la ville, s’est trouvée devant le fait accompli. Les jeunes de la localité se sont scindés en deux parties. L’une favorable au choix de terrain de ce site et l’autre contre. Des dizaines de jeunes de la localité, pour exiger des élus locaux à réaliser ce stade de proximité selon le choix opéré par la commission technique, ont procédé à la fermeture de l’axe routier de la RN. 106 traversant la localité et donnant sur Bejaïa via Médjana. Les opposants à ce projet se sont mis à récolter les signatures pour exiger sa délocalisation. Pour certains jeunes rencontrés sur les lieux, ce problème n’a pas sa raison d’être puisqu’il concerne les jeunes du même village et qu’il soit implanté au Nord ou au Sud, il est à la patée de toute la jeunesse de la région. Pour d’autres, ils sentent l’odeur d’une manipulation à l’approche des élections locales (APC-APW).

Ahmed Saber

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L’Office national des statistiques (ONS) vient d’annoncer un taux de chômage de 12,3%. Ce chiffre est inquiétant mais il était prévisible. Les organismes chargés de l’investissement et de l’emploi agréent un maximum de projets avec des avantages divers. Il convient de se demander si ces projets concernent des segments porteurs de croissance durable ou s’assimilent plutôt à un replâtrage par la redistribution de la rente.
En avril 2017, selon l’ONS, la population au chômage a atteint 1,508 million de personnes, soit un taux de 12,3% au niveau national, en hausse de 1,8% par rapport à septembre 2016, avec un taux de chômage des jeunes de 16-24 ans de 29,7%. Quant à la population occupée (personnes ayant un emploi), elle était estimée à 10,769 millions de personnes, contre 10,845 millions en septembre 2016, enregistrant un solde négatif de 76.000 personnes par rapport à septembre 2016 où 6 chômeurs sur 10 en moyenne sont des chômeurs de longue durée (62,2% cherchent un poste d’emploi depuis une année ou plus). L’ensemble de la population active a atteint 12,277 millions de personnes, contre 12,117 millions en septembre 2016, avec un solde positif de 160.000 personnes, soit une hausse de 1,3% ; les femmes en représentaient 20,6% avec 2,524 millions. L’examen de la répartition des chômeurs selon les études montre que 52,2% d’entre eux n’ont aucun diplôme. Le taux de chômage des diplômés de la formation professionnelle est passé à 14,8% entre septembre 2016 et avril 2017.
Par contre, le taux de chômage des diplômés universitaires a légèrement reculé passant de 17,7% à 17,6% en avril 2017, en baisse de 0,1%.
La baisse du volume de l'emploi entre septembre 2016 et avril 2017 a touché le secteur du BTP avec un solde négatif de 91.000 personnes, ainsi que le commerce, les services et l’administration publique (un solde négatif de 84.000). En revanche, un solde positif a été enregistré pour le secteur de l’agriculture (63.000) et dans l’industrie (36.000) comparativement à septembre 2016.

Faire le bilan des structures chargées de dynamiser l’emploi

Sachant que le secteur industriel représente moins de 5% du produit intérieur brut (PIB), que sur ces 5% les PMI/PME, qui constituent plus de 95% du tissu productif algérien, sont en difficulté (bureaucratie, système financier sclérosé, système socio-éducatif non adapté, etc.) en plus de la concurrence de la sphère informelle, il convient de se demander si les jeunes promoteurs agréés par l’ANDI, l’ANSEJ et d’autres organismes chargés de la promotion de l’emploi, ont la qualification et, surtout, l’expérience nécessaire, pour manager les projets, à l’instar de ce qui se passe partout dans le monde, c’est-à-dire de diriger une entreprise dans un cadre concurrentiel afin d’avoir des prix-coûts compétitifs. Le risque n’est-il pas d’assister à un gaspillage des ressources financières de la rente des hydrocarbures et à terme au recours au Trésor à l’instar de l’assainissement des entreprises publiques ? Comment ne pas rappeler ici également que selon les données officielles, pour ce qui est de la répartition des projets par secteurs, ANSEJ notamment, c’est celui des transports qui a attiré le plus d’investissements suivi de près par le secteur du BTP, et de loin (moins 15-20%) par le secteur de l’industrie ? D’une manière générale, les résultats des organismes chargés de l’emploi (ANDI, ANSEJ, CNAC), en référence aux projets réalisés et non en intention, sont mitigés malgré les nombreux avantages accordés. Comme selon certaines sources, plus de 50% des projets réalisés sont abandonnés après avoir bénéficié des avantages accordés et les nombreux litiges auprès des banques de non remboursement l’attestent. Or, avant de lancer dans une opération coûteuse à terme pour le pays, il faut répondre à certaines questions d’une manière précise et quantifiée : quel est le bilan de l’ANDI- CNAC-ANSEJ, depuis leur existence, dans la réalisation effective de ces projets ? Quel est le temps imparti pour les projets réalisés entre le moment du dépôt et la réalisation effective, le principal défi étant la maîtrise du temps ? Pour les projets réalisés, combien ont-ils fait faillite selon les règles du code de commerce ? Quelle est la part en devises et en dinars des projets réalisés ? Quel est le niveau d’endettement bancaire des projets réalisés avec le montant des créances douteuses ? Quel est le montant exact des avantages fiscaux accordés tant pour les projets que ceux réalisés ? Quelle est la ventilation des postes de travail avec le niveau de qualification des projets et ceux créés ? Quelle est la contribution à la valeur ajoutée réelle du pays des projets réalisés ? Les projets soutenus s’insèrent-ils dans le cadre des valeurs internationales dans la mesure avec la mondialisation, malgré la crise, nous sommes dans une économie ouverte du fait des engagements internationaux de l’Algérie ?

Pour une nouvelle politique de l’emploi

 Il existe une loi universelle : le taux d’emploi est fonction du taux de croissance et des structures des taux de productivité relevant d’entreprises compétitives à valeur ajoutée. L’on ne crée pas des emplois par décrets ou volontarisme étatique, la solution de facilité étant la création d’emplois dans l’administration (le nombre de fonctionnaires au 1er janvier 2015 était de 2.020.172 dont 1.608 964 à temps plein et 411.208 agents contractuels). Le taux de chômage officiel de 12,3% est fortement biaisé, car il inclut, en ce qui concerne la population occupée, les sureffectifs tant des administrations que des entreprises publiques, des emplois temporaires fictifs non créateurs de valeur ajoutée, etc.  Paradoxalement, du fait de l’allocation sectorielle d’investissement via la dépense publique, fortement biaisée privilégiant les emplois à très faibles qualifications comme le BTPH (70% de la dépense publique), les diplômés ont plus de chance d’être chômeurs.
Afin de résoudre le lancinant problème du chômage il faudra créer entre 300.000 et 400.000 postes de travail par an entre 2017-2020, qui s’ajoutent au taux actuel du chômage, sous-estimé du fait de la pression démographique, de l’entrée sur le marché du travail de la population féminine sous-estimée dans les statistiques. Il s’agira de mettre en place des stratégies d’adaptation tant sur le plan économique que social et politique, supposant un large front national, tenant compte des différentes sensibilités et des mutations locales et internationales.

Abderhamane Mebtoul

Publié dans Société
lundi, 14 août 2017 01:00

L’Histoire en faits-divers

La littérature algérienne des Français connaît un rebond ces dix dernières années dans l’exploitation de la guerre d’Algérie qui, sur le plan éditorial, se décline en plusieurs genres : roman historique, autobiographie romancée, récits d’aventures, poésie, écrits épistolaires et, étrangement, le policier avec ses différentes déclinaisons : thriller, polar, fleuve noir qui construisent des énigmes riches en péripéties, en rebondissements dans lesquels, cinquante ans après la fin du conflit, les acteurs de la tragédie, soldats appelés du contingent, harkis et membres de l’O.A.S. refont surface dans une France des années 2000 et se livrent un combat « fratricide » pathétique. Ainsi, la matière historique est transformée en énigmes policières sur fond d’actions terroristes de l’O.A.S, déconnectées de leur assise historique et politique des dernières heures sanglantes de l’ « Algérie française ». Ces romans policiers  ont pour protagonistes d’anciens membres de commandos O.A.S., des pieds-noirs « rapatriés » organisés en associations commémoratives et des maffieux de la pègre lyonnaise et marseillaise ayant des liens diffus avec les milieux de l’extrême-droite. Ils deviennent dans l’espace de la fiction policière des acteurs de faits-divers, de crimes crapuleux  tout aussi surprenants les uns que les autres. Des inspecteurs de brigades criminelles tentent de les résoudre en se documentant sur l’histoire de la guerre d’Algérie. Sans autre forme de procès (André Caroff, 1979), Meurtres pour mémoire (Didier Daenincks, 1984), Alger, la noire (Maurice Attia,  2006)   Djebel  (Gilles Vincent ( 2008), Le mur, le Kabyle et le marin (Antonin Varenne, 2011), Kabylie Twist ( Lilian Bathelot, 2012),  Les violents de l’automne (Philippe Georget, 2012) ont été catalogués par leur éditeur dans le genre  « roman policier », même si leurs auteurs considèrent que ce n’est qu’une enveloppe formelle qui ne détourne ni n’altère la véracité des faits historiques et leur insertion contextuelle réelle du moment. Ils estiment que le choix du roman policier, facile à lire et ayant un jeune lectorat, contribue plus aisément, dans la distraction, à la connaissance de l’histoire de la guerre d’Algérie et joue un rôle pédagogique, malgré les apparences d’un genre littéraire qualifié de mineur ou de « littérature de gare » avec ses codes bien définis et cadrés. A propos de cette fonction pédagogique du roman noir qui construit ses intrigues sur la guerre d’Algérie,  Maurice Attia, psychanalyste de profession et auteur du roman  Alger, la noire  (Réed. Barzakh, Alger, 2012), soutient que ce que l’Histoire efface, le roman policier le lui redonne, essentiellement la part de l’intime : «  La plupart du temps, la Grande Histoire n’est racontée qu’à travers le destin de supposés héros ou de supposés martyrs. Les motivations des héros et des traîtres relèvent plus souvent de l’intime que simplement de la conscience politique ou du choix idéologique. Les querelles de chefs aussi bien côté français que côté algérien ont été souvent motivées par des conflits d’égo ou des contentieux indépendants de l’enjeu du moment.. ». La forme du thriller, dit-il, n’est qu’un prétexte pour mieux faire connaître aux lecteurs français comment découvrir la fin d’une guerre coloniale ». A la question de savoir si le roman thriller ne tronque pas les faits d’Histoire au profit d’intrigues policières, Maurice Attia explique : «Je n’ai jamais vraiment aimé les codes en littérature et encore moins dans le roman noir. La prévisibilité en ce domaine est l’antichambre de l’ennui. Pour ma part, plus que l’intrigue, ce qui m’intéresse c’est le mécanisme qui entraîne un individu à des dérapages qu’il n’imaginait pas possibles. Les fanatiques du polar m’ont reproché de m’intéresser plus au climat sociopolitique qu’à l’enquête. Les autres m’ont plutôt remercié d’avoir accédé à une histoire de France dont ils ne savaient rien… ». Précisant que : « Ecrire ce roman Alger, la noire a été pour moi une façon de revisiter mon enfance et de constater, qu’en plus des miasmes de souvenirs de guerre, sont remontés à la surface les délices des joies d’un enfant de Bab el Oued, ce quartier si attachant par ses mélanges ethniques de l’époque et sa générosité… ». Ces romans noirs construisent, pour la plupart, leur trame narrative sur deux périodes  qui s’alternent : la première se déroule en France : elle est construite sur un fait-divers de crimes crapuleux, liés de près ou de loin à la guerre d’Algérie dans une France des années 2000, déclenchant des enquêtes policières dans les milieux tout aussi divers de groupuscules d’anciens membres de l’O.A.S, d’ associations de pieds-noirs et de politiques de la mouvance de l’extrême-droite qui refont surface pour les besoins de l’enquête. Les inspecteurs de police chargés des investigations et des auditions sont jeunes et ne connaissent pas l’histoire de la guerre d’Algérie en tant que mobiles des crimes dont ils ont la charge d’élucider. Ils se retrouvent en quelque sorte enquêteurs de l’histoire en en fouillant les archives départementales. La seconde période se déroulant en Algérie durant la guerre, raconte les « événements » qui viennent expliciter l’énigme policière. C’est dans cette tranche d’histoire vieille d’un demi-siècle que le mobile du crime s’éclaircit. La matière historique de la guerre d’Algérie devient le lieu et les motivations d’enquêtes policières et est, ce faisant, isolée de son assise politique pour servir d’ingrédients de faits-divers mettant en scène, graduellement, des scènes de violences extrêmes opposant des protagonistes français et d’anciens membres de l’O.A.S qui, un demi-siècle après les faits, devenus octogénaires se lancent dans des règlements de compte pour une histoire de « butins de guerre », un magot mal distribué au moment des faits.  Les mobiles du crime sont contrastés d’un auteur à un autre même s’ils tirent leur  origine d’une période précise de la guerre, celle notamment des deux dernières années du conflit, la terreur de l’O.A.S. et l’exode des pieds noirs qui sont les plus féconds en scénarii  de thrillers à fort suspens. Un ancien membre du commando Delta de l’O.A.S, cinquante après les événements, parce que trahi par ses sbires qui ne lui ont pas remis sa part du pactole suite à l’attaque d’une banque à Oran, se lance à leur poursuite, se venge de leur traitrise  sans état d’âme et les tue un à un dans des circonstances rocambolesques, certaines rappelant quelques scènes de duels de films western spaghetti. Deux inspecteurs de police pieds-noirs de Bab El Oued mènent à Alger une enquête sur un crime crapuleux d’un jeune couple mixte sur une plage tandis que les assassinats et les plasticages de l’O.A.S. sont monnaies courantes à Alger et que les commissariats de police sont gangrénés par les  agents doubles des partisans de Salan et de De Gaulle. En France, un père de famille professeur d’Histoire dans un lycée et son fils, doctorant dans la même discipline,  sont mystérieusement assassinés, le premier lors de la manifestation des émigrés algériens du 17 octobre 1961, le second quelque vingt ans plus tard. Les investigations menées par un jeune inspecteur de police révèlent graduellement   l’accointance  entre les anciens vichystes de la France sous l’Occupation nazie et les membres encore actifs de l’O.A.S, chargés d’éliminer les historiens qui fouillent dans les archives Top secret qui compromettent des personnalités influentes au sommet de l’Etat français. Autant de situations qui pervertissent la matière historique réduite à des faits de criminalité de « faits-divers », dont les acteurs ne sont pas poursuivis par la justice pour leur passé fantoche en Algérie, mais pour  des crimes crapuleux à titre individuel, sans jamais condamner l’idéologie dont ils sont pourtant les représentants. D’acteurs de l’Histoire, ils deviennent des personnages de romans  noirs, pathétiques, rendus sympathiques aux yeux du lecteur dont ils nourrissent, comme dans tous les romans policiers dignes de ce genre, l’appétit des aventures rocambolesques surtout quand celles-ci renvoient à un passé d’une guerre longtemps qualifiée sous des euphémismes  « Evénements », « rétablissement de l’ordre » à fortes connotations policières. Le roman noir français met rarement en scène le soldat appelé du contingent ; quand il l’est, il devient  un témoin encombrant, voire gênant lors de son service militaire aux yeux de ses supérieurs car il ne se montre pas particulièrement « engagé » à accomplir les sales besognes. Il est également, quelque quarante ans après la fin de la guerre, « embarqué »  dans une autre histoire policière  dans laquelle les contentieux du passé se transforment avec les mêmes  acteurs, certes vieillis, en  revanches de justiciers de l’Histoire.  Deux récits  s’emboîtent et sont mis en contiguïté. Ils mettent en scène deux périodes de la vie du soldat appelé du contingent : celle de ses deux années de guerre quelque part en Algérie dans les années 1957 – 1958, sa vie dans un cantonnement, une ferme où il est le témoin souvent passif d’horreurs commises par son armée sur les prisonniers maquisards et civils, arrêtés et torturés ou « liquidés » sous les euphémismes « envoyer au Caire » ou « corvée de bois », et celle qui s’appuie sur la première, lui servant de justifications, se déroule en France dans les années 2000 où le même personnage, l’ex soldat du contingent, ayant tourné définitivement la page, est soudainement rattrapé par son passé de soldat. Parce que lui-même humilié par ses chefs lors de son  service militaire, il cherche à rendre justice à l’Histoire en quelque sorte, en pourchassant d’anciens tortionnaires qui se sont reconvertis dans les affaires « maffieuses ». Dans d’autres récits « polar » ou « thriller », ce sont des inspecteurs de police n’ayant aucune relation avec la guerre d’Algérie qui mènent des enquêtes sur des crimes  dont le mobile se trouve dans le passé algérien des protagonistes français. Le passé historique de la guerre est ainsi déclenché, non comme un retour de mémoire, mais comme des indices d’une enquête policière des plus banales, routinières pour les brigades de police. La juxtaposition des deux récits, parfois sans liens évidents, maintiennent le lecteur dans un suspens opaque et déroutant, menant les enquêteurs sur diverses pistes toutes liées à l’Histoire de la guerre d’Algérie, impliquant la communauté pied-noire, l’O.A.S, à une échelle de règlements de compte. Le roman policier français sur la guerre d’Algérie cultive le paradoxe entre sa structure formelle, qui s’appuie sur des faits-divers et le maintien du suspens tout au long du récit à fort rebondissements, et sa matière puisée de l’Histoire d’un épisode de la guerre d’Algérie dont il ne se sert que de faits isolés de leur contexte des drames humains à une échelle collective, faisant des protagonistes des tueurs à gages menant des courses poursuites dans le genre 007, à la James Bond. Comment la guerre d’Algérie a-t-elle pu nourrir en ingrédients, en faits, le roman policier français ? Quels rapports entretiennent-ils ? Dans la réalité historique, la guerre oppose une armée coloniale au F.L.N. et à son bras armé, l’AL.N qui mène une guerre de libération. Dans la fiction policière, cette même guerre devient franco-française un demi-siècle après la fin du conflit : des ex-membres de l’organisation  fantoche O.A.S.  se livrent un combat « fratricide » au soir de leur vie, teinté d’humour. Une famille d’un appelé du contingent, qui s’est donné la mort sur le bateau du retour de « sa » guerre, suicide maquillé sous les honneurs « mort pour la patrie », apprend la vérité des faits un demi-siècle après le drame et engage un inspecteur de police privé pour en faire éclater la vérité. Un tueur à gages, antigaulliste et officier français, est chargé d’éliminer des intellectuels français qui fouinent dans les archives non encore déclassifiées pour révéler les complicités sournoises et secrètes, entre la déportation des juifs de Drancy sous le régime de Vichy vers les camps d’extermination nazis et les responsables de la préfecture de police du massacre des Algériens du 17 octobre 1961 à Paris. Un groupe de l’ancien réseau du commando Delta de l’OAS,  lors des premières années de la fin de la guerre, allant de bar en bar dans le vieux quartier de Lyon, nourrit encore un racisme primaire et primitif. Il veut « se faire » une « arabe » qu’il trouve dans un restaurant éloigné du centre urbain dont elle est propriétaire, son époux, ancien soldat du contingent, étant parti pour des achats à Paris. Il la tue après l’avoir violée et elle devient enceinte. Son époux ferme l’établissement, reprend son arme et diligente lui-même l’enquête dans les milieux de la pègre lyonnaise dans laquelle se sont reconvertis les anciens ultras de l’ « Algérie française ». Menant la guerre d’Algérie dans les commissariats de police dans différentes régions de France des années 2000, le roman policier français l’extirpe ainsi de ses « devoirs de mémoire », de ses traumatismes ayant nourri abondamment le roman français, la délivre en quelque sorte de ses pesanteurs idéologiques et, dans l’énergie narrative du thriller, les anciens héros, traîtres, bourreaux et martyrs se révèlent, entiers, dans leur intimité, leur sort individuel tragique. Les intrigues dont ils nourrissent le thriller ou le polar n’appartiennent pas à la Grande Histoire, à ses mythes ; elles relèvent des destins personnels même si, de fil en aiguille, cette Grande Histoire se dessine en filigrane. Cette étrange relation  entre un genre littéraire propice à la détente et au goût des aventures policières d’une part et, de l’autre, le poids du sérieux de la guerre d’Algérie, n’est pas récente dans l’histoire de la littérature algérienne des Français. Dès les premières années de la conquête coloniale, un feuilleton illustré intitulé  Les aventures de Cagayou  publié dans la presse de l’époque et ayant eu un grande audience auprès des lecteurs, raconte les enquêtes menées par ce personnage, Cagayou à la fois naïf et drôle, du moins apparaissant comme tel, à travers Alger, ses quartiers populaires, dont Bab El Oued, où il découvre les langues fleuries du « pataouète », les différents corps de métier, se faisant ainsi le découvreur infatigable d’un pays nouvellement conquis… A suivre

Rachid Mokhtari

Publié dans Culture

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