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dimanche, 05 mai 2019 00:00

N°5830 du 06-05-2019

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dimanche, 05 mai 2019 00:00

La chute d’un «empereur»

Athmane Tartag, Mohamed Mediene et Said Bouteflika ont été placés, hier, en détention provisoire sur ordre du juge d’instruction militaire près le tribunal militaire de Blida. Ils sont inculpés d’« atteinte à l’autorité de l’Armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat », indique un communiqué de la Cour d’appel militaire de Blida,  repris par l’APS.  La diffusion de l’information par l’agence officielle ne laisse désormais plus de place aux spéculations. Qui aurait imaginé, il y a quelques semaines, que les hommes les plus puissants tout au long de ces dernières 30 années, plus particulièrement les deux généraux, dont la simple évocation donnait des sueurs froides aux plus endurcis, seraient cités dans une simple dépêche APS comme des « prévenus », dans une affaire qui pourrait leur coûter de 5 à 10 ans de réclusion criminelle ? Il y a quatre mois, ça aurait fait un bon sujet de politique-fiction ! Mais aujourd’hui, c’est la pure réalité imposée par tout un peuple, exclu et réduit presque à néant, descendu dans la rue un certain 22 février, clamer son ras-le-bol, face à ceux qui l’ont cru perdu à jamais ; et une institution militaire bâtie sur du solide. Pire humiliation, la dépêche APS les a même privés de leurs titres, qui faisaient d’eux des êtres invincibles et hors d’atteinte de tout ce qui pourrait empoisonner la vie d’un homme. Il s’agit, sans aucun doute, d’un tournant dans l’histoire du pays. Plus vrai que vrai, une poursuite judiciaire a été ouverte à leur encontre, ainsi qu’à l’encontre de toute personne dont l’implication sera établie par l’enquête. Les chefs d’inculpation « atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’Etat », seront d’autant plus lourds à porter, dans la mesure où Mohamed Mediene, Athmane Tartag et Saïd Bouteflika occupaient les sommets de l’Etat. Le frère cadet du président déchu est même arrivé, au bout de six ans, à tout monopoliser au niveau de la Présidence. Diminué par la maladie, Abdelaziz Bouteflika a fini par devenir un « chef d’Etat écran » à la merci de « forces non constitutionnelles et non habilitées ». Saïd, qui s’est retrouvé seul devant les manettes de commande, commençait à échafauder des projets à la mesure de son ambition démesurée. C’est alors avec un cynisme absolu, qu’il se mit à l’œuvre. L’ivresse du pouvoir lui a tourné la tête, au point de lui faire oublier qu’il a un frère gravement malade, envers lequel, il avait plus qu’un devoir humanitaire. En d’autres circonstances, cela s’appellerait « non assistance à personne en danger ». Il a commencé à s’afficher en public, notamment durant les enterrements, avec Ali Haddad. En juin 2017, il s’est « payé » un sit-in de solidarité avec l’écrivain Rachid Boudjedra, lorsque celui-ci fut malmené par une caméra cachée diffusée par Ennahar. Ce jour-là, il fut conspué par plusieurs intellectuels présents. Il ne fit pas de vagues, mais comprit qu’il était honni et indésirable. Mais tout a fini par se retourner contre lui, lorsque contre toute attente, Abdelaziz Bouteflika déclara, le 10 février, par une lettre adressée à la nation son intention de présenter sa candidature et briguer un cinquième mandat. Les Algériens, qui ont vu dans cet épisode un affront, ont commencé à sortir dans la rue. Mais le 22 février signa le vrai départ de la révolte pacifique. Des millions d’Algériens, dont le nombre a été estimé à 23 millions, sortirent dans toute l’Algérie pour s’opposer à Saïd Bouteflika et à ses complots, que Gaïd Salah évoqua à plusieurs reprises. Informé que « des complots et des conspirations, se tramait contre l’ANP, par une bande qui a fait de la fraude, la malversation et la duplicité sa vocation », Gaïd Salah entra en action. Les dernières déclarations de Khaled Nezzar concernant les intentions de Saïd Bouteflika poussèrent le chef d’état-major à agir, avant qu’il ne soit trop tard.

Mohamed Mebarki

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«Conformément aux dispositions de l’article 11, alinéa 3 du code de procédure pénale, et dans le cadre du strict respect de ses dispositions, M. le Procureur général militaire près la Cour d’appel militaire de Blida porte à la connaissance de l’opinion publique qu’une poursuite judiciaire a été ouverte ce jour, 5 mai 2019, à l’encontre des nommés Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Said Bouteflika ainsi qu’à l’encontre de toute personne dont l’implication est établie par l’enquête, pour les chefs d’inculpation d’»atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’Etat», des faits prévus et punis par les articles 284 du code de justice militaire et 77 et 78 du code pénal. «Pour les besoins de l’enquête, le procureur militaire de la République près le Tribunal militaire de Blida a chargé un juge d’instruction militaire d’entamer la procédure d’instruction, et après mise en inculpation, ce dernier a rendu des mandats de placement en détention provisoire à l’encontre des trois prévenus». Pour rappel, l’article 284 du code de justice militaire stipule que «Tout individu coupable de complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du commandant d’une formation militaire, d’un bâtiment ou d’un aéronef militaire, ou à la discipline ou à la sécurité de la formation, du bâtiment ou de l’aéronef, est puni de la réclusion criminelle de cinq (5) à dix (10) ans. Il y a complot dès que la résolution d’agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs individus.  Le maximum de la peine est appliqué aux militaires les plus élevés en grade et aux instigateurs dudit complot. Si le complot a lieu en temps de guerre, ou sur un territoire en état de siège ou d’urgence, ou dans toutes circonstances pouvant mettre en péril la sécurité de la formation, du bâtiment ou de l’aéronef, ou a pour but de peser sur la décision du chef militaire responsable, le coupable est puni  de mort».

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dimanche, 05 mai 2019 00:00

Place aux choses sérieuses

L’arrestation et la mise en détention provisoire hier du trio, Toufik, Saïd Bouteflika et Tartag met fin à une longue attente et à d’innombrables spéculations. Désignés par le chef d’État-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah comme étant des membres d’une «bande» qui conspiraient contre l’autorité de l’Etat et de l’armée, ils doivent désormais répondre de ces graves chefs d’inculpation devant la justice militaire. Pour le Hirak qui s’apprête à boucler sa douzième semaine de manifestations, c’est aussi une belle victoire de savoir que ces trois hommes dont il a mis les têtes à prix soient enfin traduits devant la justice. Mais cette affaire au retentissement médiatique planétaire du fait qu’il s’agisse tout de même du frère de l’ex- président de la République et de deux ex- patrons des services secrets algériens, ne doit pas cacher tout le reste. Les millions d’Algériens qui battent le pavé depuis près de trois mois attendent que les nouveaux décideurs mettent en place une feuille de route politique pour permettre au pays de se doter de nouvelles institutions démocratiques qui tirent leurs pouvoirs du pays. Le Hirak rappelle chaque vendredi à Ahmed Gaid Salah qui est le vrai patron du pays, qu’il n’y a pas de solution possible avec Bensalah et Bedoui. Et il commence même à perdre patience, en témoignent les slogans rageurs scandés contre le chef de l’armée soupçonné de vouloir «détourner» la volonté populaire, sans laquelle l’Algérie serait aujourd’hui sous l’autorité d’un 5ème mandat. Maintenant que l’hypothèque du duo d’enfer Toufik et Said est levée, il n’y a plus de temps à perdre pour satisfaire les revendications du peuple portées par la classe politique de l’opposition. En l’occurrence, la tenue d’une élection présidentielle le 4 juillet prochain étant impossible à tous points de vue, l’armée est tenue d’organiser le transfert du pouvoir vers une personnalité consensuelle ou un collège présidentiel chargé de mener la période de transition d’ici à l’élection d’un président fort d’un mandat populaire dans un délai   raisonnable. Ce sont les premiers signaux de bonne volonté que l’État-major doit envoyer au peuple qui, malgré la cascade d’arrestations spectaculaires, n’a pas perdu la boussole politique. «Yetnhaw gâa», reste le slogan fétiche des algériens qui ne veulent plus être roulés dans la farine ni par le clan de Said ni par celui de Gaid. Ce combat de coqs ne les intéresse pas. Ils veulent juste que leur pays se mette pour une fois depuis l’indépendance sur la voie de la démocratie, de la liberté et du progrès et ne plus être dans les fourches caudines des clans qui s’entredéchirent. L’invisible Président Abdelkader Bensalah doit logiquement annoncer sa démission tout comme le tout aussi effacé Premier ministre, Noureddine Bedoui et ses ministres en proie à une mise en quarantaine populaire. Cela marquera le début de la voie vertueuse qui mène vers une nouvelle Algérie. 

Imane Bilal  

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Abdelkader Bensalah, a appelé hier à un dialogue «intelligent, constructif et de bonne foi» qui reste «l’unique moyen pour construire un consensus fécond, le plus large possible, de nature à permettre la réunion des conditions appropriées pour l’organisation, dans les délais convenus, de l’élection présidentielle». Dans un discours à la Nation à l’occasion du mois sacré de Ramadhan M. Bensalah a indiqué que cette élection est «seule à même de permettre au pays de sortir définitivement et durablement de l’instabilité politique et institutionnelle». Cet appel, souligne le chef de l’Etat, s’adresse à «tous les acteurs nationaux, à l’ensemble des composantes de la classe politique, aux mouvances qui structurent la société civile et à tous ceux qui sont considérés comme exprimant les sentiments d’une frange de la société, ou de ses élites, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, notamment les jeunes et les femmes, de se mobiliser pour la réalisation de cet objectif stratégique national, seul à même de mener notre pays vers des lendemains sûrs et prospères». Un président de la République issu d’une élection incontestable, aura, en effet, «toute la légitimité nécessaire et toutes les prérogatives requises pour concrétiser l’aspiration profonde au changement et satisfaire l’ensemble des revendications populaires légitimes», a-t-il mentionné. Pour M. Bensalah, les modalités d’organisation, de contrôle et de supervision de ces élections dans toutes les phases de préparation, déroulement et de dénouement, «doivent être au cœur de ce dialogue et faire l’objet d’un large consensus». Il a assuré que cet objectif «est le seul à même de mener notre pays vers des lendemains sûrs et prospères pour notre peuple et seul à même de lui permettre de déjouer les dangers et les desseins hostiles visant à le conduire vers le vide constitutionnel et l’absence de l’Etat et à l’entraîner ainsi dans la spirale de l’anarchie et la déstabilisation». Le chef de l’Etat a salué, par la même occasion, les efforts de l’ANP pour «préserver la conception constitutionnelle de l’Etat, assurer sa continuité et garantir la sécurité et la stabilité du pays». Il a ainsi rendu un «vibrant hommage» à son Commandement pour «la lucidité de son engagement aux côtés de notre peuple, dans cette phase cruciale de son histoire, et sa détermination à faire face aux agissements hostiles à la patrie, à son intégrité territoriale ainsi qu’aux tentatives visant à porter atteinte à la sécurité nationale du pays et à mettre en danger son unité nationale». Evoquant les marches populaires, M. Benslah a indiqué qu’il s’agit d’une étape qualitativement nouvelle, qui se déroule dans le calme et de façon pacifique, une étape durant laquelle notre peuple a fait montre d’un haut niveau de conscience et de maturité, manifestant ses revendications et ambitions légitimes à travers un comportement civilisé, qui a forcé l’admiration du monde entier». Il a ajouté que «la voix du peuple a été entendue. Elle a trouvé en l’Etat réactivité positive, promptitude et compréhension à l’égard des revendications, aspirations et attentes de notre population», soulignant que «le processus de changement connaît, au quotidien, des avancées incontestables». «Au cœur des revendications populaires, la lutte contre la corruption et la dilapidation des deniers publics, a ainsi connu une accélération qui laisse entrevoir une prise en main déterminée par la Justice des dossiers qui ont défrayé la chronique, mais aussi et surtout une action méthodique, inscrite dans la durée et induisant un impact salutaire sur l’économie nationale, débarrassée de l’impact néfaste des pratiques qui ont profondément gangréné son fonctionnement», a encore relevé M. Bensalah dans son message. «Il va sans dire, cependant, que l’intérêt suprême du pays, impose la préservation de l’Etat, le respect des Institutions, ainsi que la sauvegarde de la sécurité et de la stabilité du pays et ce quelles que soient les circonstances», a-t-il insisté, estimant que «l’affaiblissement et la déstabilisation de l’Algérie constituent pour certaines parties, une option stratégique». «Nier cette réalité ou tenter d’en minimiser la dangerosité, serait au mieux faire preuve de naïveté et au pire de complicité», a-t-il conclu.  

RC

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Mme Djazia Djeddou a été installée, hier à Alger, dans ses fonctions de Directrice générale par intérim de l’Agence Nationale d’Édition et de Publicité (ANEP) en remplacement de M. Amine Echikr. Présidant la cérémonie d’installation, le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Hassan Rabehi, a indiqué que cette procédure «consacre le principe de continuité des institutions de l’Etat», saluant, en même temps «les gros efforts consentis par M. Echikr à la tête de l’ANEP ainsi que la haute compétence dont il a fait montre, avec passion et rigueur, en matière de gestion et d’organisation de cette importante institution». Après avoir félicité la nouvelle responsable en lui souhaitant «le succès dans la mission qui lui est confiée et la lourde responsabilité qui lui incombe, notamment en la conjoncture que traverse le pays», M. Rabehi s’est dit confiant que «la compétence et l’expérience de Mme Djeddou lui permettront de s’acquitter pleinement de cette mission cruciale et importante». Soulignant l’importance des «défis actuels» par rapport au secteur qui a procédé récemment à l’installation d’une commission chargée de la cristallisation de la transparence et de l’objectivité dans la répartition de la publicité publique entre l’ensemble des médias, tant publics que privés, à travers un rapprochement entre les propositions formulées par ces médias, et qui devraient définir les critères de distribution des quotas publicitaires dans le respect du principe de la démocratie et de la transparence».

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Les agents des douanes algériennes, en fonction au poste frontalier d’Oum-Theboul, ont saisi une somme d’argent en dinars tunisiens, estimée à 9.950 D.T soigneusement dissimulée sous les sièges arrières d’un véhicule touristique immatriculé en Tunisie et à destination de l’Algérie, indique un communiqué de presse de la direction régionale des douanes d’Annaba. Les mêmes services ont, d’autre part, saisi en possession d’un autre ressortissant tunisien qui s’apprêtait à regagner son pays, de nombreux articles en argent (boucles d’oreilles, bagues, gourmettes, colliers et bracelets), d’un poids de quelque 1,476 kg, découverts soigneusement dissimulés un peu partout au niveau du véhicule. Des poursuites judiciaires ont été engagées, par ailleurs, à l’encontre du mis en cause pour trafic illicite d’articles de bijouterie, défauts de facturation et non déclaration des produits. La même source signale, par ailleurs, que les douaniers en poste à l’inspection principale des contrôles des voyageurs du poste frontalier  d’El-Haddada, dans la wilaya de Souk-Ahras, ont saisi lors d’une opération de routine quelque 94 gr de kif traité dans le cabas d’un voyageur. Enfin, du côté de l’aéroport international « Rabah Bitat », les douaniers ont saisi, lors du contrôle des passagers d’un vol en provenance d’Istanbul (Turquie) une importante quantité de vêtements pour hommes, d’un total de 352 habits. Ces mêmes services ont réussi à mettre la main sur 5.510 dollars US, qu’a tenté de faire passer illicitement un voyageur tunisien, à destination d’Istanbul.  

B. Salah-Eddine

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Des dizaines de citoyens de la commune de Chechar (wilaya de Khenchela) ont organisé, hier, un mouvement de protestation devant le siège de l’Assemblée Populaire Communale (APC) de cette collectivité locale pour demander au wali de relever le président de cette collectivité de ses fonctions après avoir été condamné par la justice. Les contestataires qui avaient fermé la RN 83, à l’entrée de cette commune, par des objets hétéroclites et des pneus enflammés, ont également fermé la porte principale du siège de l’APC avec des chaînes pour empêcher les employés d’y accéder. Les protestataires ont accroché des pancartes sur lesquelles ils réclament au wali d’intervenir en urgence pour relever le président de l’APC de ses fonctions après qu’il ait été condamné à trois ans de prison par le tribunal de Khenchela, le 21 mars dernier, pour «abus de pouvoir et bénéfice d’avantages indus».» Nous demandons au wali de Khenchela d’intervenir et d’appliquer l’article 43 du code de la commune et relever le président de l’APC de ses fonctions», a exprimé Mohamed Saïd, l’un des citoyens contestataires. De son côté, le président de l’APC de Chechar, Hakim Mebarki, s’est refusé à faire la moindre déclaration au sujet de son inculpation par la justice à trois ans de prison, affirmant que «certains opposants, motivés par leurs intérêts personnels, veulent semer la zizanie en incitant les manifestants à bloquer la route et le siège de l’APC en vue de troubler l’ordre public et porter préjudice aux intérêts des citoyens». Pour rappel, des dizaines d’habitants de la commune de Chechar ont organisé des mouvements de protestation aux mois de mars et avril derniers au cours desquels ils ont fermé, pendant plusieurs jours, les portes du siège de l’APC par un mur en béton. Le wali de Khenchela avait par la suite envoyé des représentants pour convaincre les manifestants de rouvrir les portes de la commune devant les employés et les citoyens.

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dimanche, 05 mai 2019 00:00

La descente aux enfers

Saïd Bouteflika, frère et conseiller de l’ex-président, a été arrêté ainsi que les généraux Toufik et Tartag, samedi 4 mai, par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Comment en est-on arrivé là ? Voici en cinq actes la succession des événements ayant mené à l’arrestation de celui qui était considéré comme la personnalité la plus influente du clan présidentiel.

Acte I : Bouteflika déclare sa candidature pour un 5e mandat

Le 10 février, contre toute attente, le président Bouteflika déclare par une lettre adressée à la Nation son intention de présenter sa candidature et briguer un cinquième mandat. Affaibli par une attaque cérébrale depuis 2013, absent de la scène publique pendant six ans, la candidature du président Bouteflika est vécue avec écœurement par la population, qui vit cet épisode comme un affront. Des appels à manifester sont lancés de manière anonyme sur les réseaux sociaux, la colère monte. Des manifestations commencent, notamment le 16 février à Kherrata, mais aussi à Jijel et Bordj Bou-Arréridj.

Acte II : Début des grandes manifestations populaires

Le 22 février, des centaines de milliers d’Algériens sortent manifester dans les rues partout sur le territoire national. Mais surtout des dizaines de milliers de personnes sortent manifester dans le centre-ville de la capitale, fait inédit à Alger où les rassemblements sont interdits par les autorités depuis 2001. Les forces de sécurité sont submergées par le nombre de manifestants. Ne pouvant les disperser sans répression, la police laisse les manifestations se dérouler en établissant pour les Algériens un périmètre où manifester, excluant les zones symboliques et stratégiques, comme la présidence de la République. Les manifestations du 22 février représentent un électrochoc dans l’inconscient collectif. Le mur de la peur de la répression tombe. Les vendredis qui suivent deviendront tous journées de manifestations pacifiques, avec parfois des millions d’Algériens dans les rues. Acte III : Report de la présidentielle Le 11 mars, au lendemain de son retour de Suisse où il a séjourné pendant deux semaines à l’hôpital, le président Bouteflika annonce l’annulation des élections prévues le 18 avril et leur report à une date ultérieure non fixée. Il annonce également qu’il ne sera pas candidat pour un cinquième mandat, et qu’une conférence nationale de consensus sera organisée en vue d’établir une nouvelle Constitution et mettre les bases d’une « deuxième République ». Le peuple refuse, les manifestations se poursuivent.

Acte III : Report de la présidentielle

Le 11 mars, au lendemain de son retour de Suisse où il a séjourné pendant deux semaines à l’hôpital, le président Bouteflika annonce l’annulation des élections prévues le 18 avril et leur report à une date ultérieure non fixée. Il annonce également qu’il ne sera pas candidat pour un cinquième mandat, et qu’une conférence nationale de consensus sera organisée en vue d’établir une nouvelle Constitution et mettre les bases d’une « deuxième République ». Le peuple refuse, les manifestations se poursuivent.

Acte IV : Intervention de l’armée

Après plusieurs semaines de manifestations et des messages contradictoires effectués par le chef d’état-major, l’armée entre en scène de manière directe le 2 avril. Gaïd Salah réunit au siège de l’état-major les hauts responsables de l’armée nationale (commandants de forces, les commandants des régions militaires, le secrétaire général du ministère de la Défense nationale et les chefs des deux départements de l’état-major). L’armée annonce ce jour-là officiellement ne plus reconnaître l’autorité du président Bouteflika. Gaïd Salah, qui occupe ses fonctions depuis quinze ans dont les six années d’infirmité du président Bouteflika, affirme notamment que les décisions prises par la Présidence émanent « d’entités non constitutionnelles et non habilitées » et évoquant des « complots et les conspirations abjectes, fomentés par une bande qui a fait de la fraude, la malversation et la duplicité sa vocation ». Il demande l’application immédiate de l’article 102, chose qui sera faite deux heures plus tard. Le président Bouteflika annonce sa démission après près de 20 ans de règne.

Acte V : Enquêtes sur la ‘‘corruption’’ et contre la bande

Le 10 avril, le chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, annonce que la justice rouvrira l’ensemble des dossiers de corruption et qu’elle travaillera sans « contrainte aucune ». Gaïd Salah indique notamment que les dossiers de corruption ouverts s’étendront à « l’affaire de Khalifa, de Sonatrach et du Boucher et autres dossiers relatifs à la corruption qui ont occasionné des pertes considérables au Trésor public ». Plusieurs personnalités du monde politique, militaire et des affaires sont convoquées ou arrêtées, à l’image d’Issad Rebrab, des frères Kouninef, d’Ahmed Ouyahia, de Mohamed Loukal, d’Abdelghani Hamel, de Chakib Khelil, ou encore Saïd Bey ou Habib Chentouf. Athmane Tartag dit Bachir, Mohamed Mediène dit Toufik et Saïd Bouteflika finissent eux aussi arrêtés avant-hier.

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Saïd Sadi a réagi hier 5 mai à l’arrestation de Saïd Bouteflika, des généraux Mohamed Mediene dit Toufik et d’Athmane Tartag, dit Bachir, anciens patrons des services de renseignements. Dans un texte intitulé « Batailles d’Alger » publié sur sa page Facebook, l’ex-président du RND écrit que « les secousses qui ébranlent un régime décadent se multiplient. Comme souvent dans les systèmes illégitimes, les reclassements sont violents et imprévisibles. » Saïd Sadi ajoute que « porteur d’une immense et, pour l’instant, fragile espérance le mouvement citoyen doit veiller à ne pas à se laisser aspirer dans des tempêtes qui ne le concernent pas. » Pour lui, « si bruyants qu’ils soient, ces affrontements claniques demeurent secondaires au regard du vrai combat, celui qui oppose le peuple à l’oligarchie. C’est celui-là qui doit toujours nous mobiliser. » Le fondateur du RCD, explique que « sans préjuger des crimes ou délits pour lesquels ils sont poursuivis, on peut supposer que la récente sortie de l’ancien ministre de la Défense, le général à la retraite Khaled Nezzar, ajoutée à la confession de l’ancien chef d’État Liamine Zeroual, ne sont pas étrangères à la précipitation de la décision qui vient d’être prise ». Il rappelle que « le premier a publiquement déclaré que Saïd Bouteflika lui avait fait part, au mois de mars, de son intention de décréter l’État de siège ou l’État d’exception, tout en prévoyant de faire démettre l’actuel chef d’État-major, Ahmed Gaïd Salah. Auparavant, Zeroual, avait révélé que le général Toufik l’a approché pour le compte de Saïd Bouteflika en vue de gérer la transition ». Sans applaudir clairement leurs arrestations, Saïd Sadi enfonce Saïd Bouteflika, en soulignant ce qui a provoqué sa chute. « Au fur et à mesure que déclinait la santé de son frère et au vu et su de tous, un homme a fait et défait des gouvernements, disposé du trésor public pour orienter l’économie du pays vers des intérêts douteux, engagé la nation dans des rapports internationaux contraignants sans que cela ait posé problème à quiconque. Le jour où il est suspecté d’avoir attenté à des positions acquises, son rôle est dénoncé comme une haute trahison. » Pour lui, « c’est la notion même de la responsabilité publique qui est posée dans ce feuilleton où, dans l’ombre, des acteurs sans fonction officielle, disposent du destin d’un peuple. » L’ex-président du RCD pense qu’ « il faut libérer la nation » de « cette spirale infernale ». « Ce n’est pas en se focalisant sur la guerre des clans, si spectaculaire soit-elle, que l’on va dépasser les problèmes qui minent le pays. Et cette bataille d’Alger, remportée par un clan sur un autre, sur fond de coterie régionaliste, n’annonce rien de bon quant à la stabilité et la cohésion de la nation pour laquelle se sont levés des millions d’Algériens depuis le 22 février. » Et d’ajouter : « Pour qui apprécie la situation politique du pays à l’aune des rapports de force qui rythment les évolutions historiquement conflictuelles du régime, ces trois arrestations qui occuperont, à n’en pas douter, les gazettes pendant quelques jours ou semaines, est un mini séisme. Raison de plus pour ne pas laisser cette révolution de palais vampiriser nos luttes. » Pour lui, il est « impératif de toujours revenir à l’essentiel qui se joue chaque vendredi pour bien analyser l’autre bataille d’Alger. La vraie. Ni la pluie ni les menaces n’ont dissuadé les marcheurs de sortir encore en masse le dernier week-end. » Saïd Sadi poursuit en soulignant que « cette Révolution que rien ne semble atteindre est pourtant soumise à des manœuvres d’intimidation, de provocation, de division ou de désinformation qui réveillent de bien pénibles épreuves. » Il dénonce le blocage des routes chaque jeudi soir pour empêcher les manifestants de rejoindre la capitale. « Ne manquent que les laissez-passer pour donner toute leur épaisseur aux sombres souvenirs des affres d’une guerre qui hante la mémoire collective », déplore-t-il. Dans sa contribution, Saïd Sadi n’épargne pas le MSP, qui a applaudi les arrestations des trois grandes figures du système Bouteflika. « Une filiale de l’internationale des frères musulmans qui a montré patte blanche au régent, aujourd’hui sous les verrous, il y a à peine trois mois applaudit avec le même zèle au dernier message de l’armée. Demain, cette succursale saluera avec un empressement intéressé toute équipe qui conduira le train du pouvoir. L’essentiel est d’être dans l’un des wagons où le bazar économique permet de grignoter des positions, même insignifiantes, en attendant, espère-t-on toujours, de se rapprocher de la locomotive ».

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