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mercredi, 08 mai 2019 00:00

N°5832 du 08-05-2019

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Lorsque le « Hirak » rejette les 3 B et particulièrement Abdelkader Bensalah, c’est son droit le plus légitime, selon la constitution et conformément au contexte «insurrectionnel», que les Algériens contrôlent pacifiquement. Mais lorsque l’opposition refuse de répondre à l’appel au dialogue lancé par le chef d’Etat par intérim, on ne peut que s’interroger sur leur démarche non productive. Avant le « Hirak », certains partis de l’opposition affichaient des dispositions claires à discuter même avec le diable. Qu’est-ce qui a changé pour qu’aujourd’hui, du MSP au FFS, au PT, à El-Adala d’Abdallah Djaballah, à Talaie El-Hourriyet d’Ali Benflis, on exprime à l’unisson un rejet catégorique de l’initiative de Bensalah, en dénonçant «une fuite en avant» du pouvoir et une «énième provocation» contre le peuple, récusant l’idée même de dialoguer avec des «personnages illégitimes et largement contestés par le peuple». Que connaissent ces formations politiques, dont certaines ont été créées en laboratoire, de la légitimité ? Leur opposition à toute discussion avec un chef d’Etat imposé par l’article 102 de la Constitution et l’État-major de l’ANP, suscite des interrogations à propos de leurs intentions. Elles auraient pu se mettre d’accord sur une feuille de route, qu’elles auraient présentée devant Bensalah, ne serait-ce que pour tester sa réaction. En vérité, rien ne les empêche d’adopter une telle démarche. Même si elles aussi sont rejetées par l’opinion, et le savent parfaitement, elles auraient peut-être pu faire avancer les choses, d’une manière ou d’une autre. Rencontrer Bensalah ne les empêchera pas d’appeler à un dialogue avec le chef d’État-major de l’ANP. Mais leur insistance à ne s’entretenir qu’avec le commandant de l’armée, illustre parfaitement la psychologie d’une opposition, qui souffre elle-même d’un grand déficit en crédibilité. Interrogé sur le sujet par El Bilad TV, le président du MSP, Abderrazak Mokri, a fait une sortie pour le moins curieuse pour démentir des informations parues la veille dans certains médias selon lesquels la direction de son parti se serait réunie, ces derniers jours, avec les directions des partis de Benflis et de Djaballah pour mettre au point un projet d’entretien avec le commandement de l’armée au sujet des échéances politiques. Pris par surprise, Abderrazak Mokri n’a pas eu le temps de « monter » un scénario. Sa réaction impulsive traduit bel et bien sa pensée profonde. Le leader islamiste a pourtant clairement accordé un blanc-seing au chef d’État-major de l’ANP, depuis le début des discours de Gaïd-Salah, et s’est dit satisfait de toutes les décisions prises jusque-là par l’État-major. Dans sa déclaration rendue publique dimanche dernier, le MSP a salué l’arrestation de Saïd Bouteflika, Mohamed Mediene et Bachir Tartag, qu’il a qualifiée d’«évolution qualitative importante» dans le processus de changement en cours. Il demande néanmoins au commandement de l’institution militaire, qui détient aujourd’hui les leviers du pouvoir, de satisfaire les autres revendications posées par le mouvement populaire concernant, notamment, le départ des «3B» et la mise en place d’une transition apaisée à travers des élections «libres et honnêtes». De son côté, Abdallah Djaballah s’est félicité de l’arrestation du général Mohamed Mediene, qu’il a particulièrement diabolisé en le décrivant comme le fossoyeur de l’opposition et de la démocratie en Algérie. Toufik est vu par une partie de l’opinion comme le principal responsable de la tragédie nationale, qui aurait fait plus de 150 000 victimes, entre 1993 et 1998.

Mohamed M

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mercredi, 08 mai 2019 00:00

Baromètre 

La participation qui dépasse les espérances en ce mois de Ramadan, des étudiants à Alger et dans les grandes villes du pays aux habituelles manifestations hebdomadaires de chaque mardi, montre et démontre que la mobilisation reste intacte.    Beaucoup et sans doute surtout les tenants des nouveaux pouvoirs pensaient que les choses allaient se tasser et que le jeûne allait pousser les étudiants à rester chez eux au lieu de poursuivre les manifs.  Erreur. Ils étaient des dizaines de milliers d’étudiants à avoir bravé hier la fatigue, la faim et le soleil pour  sortir crier leurs attachement au départ du système  avec ses Bensalah, Bedoui et leurs dépendances. Ce fut un premier test grandeur nature quant au maintien ou pas de la mobilisation citoyenne.  Faiblement les étudiants ont donné l’exemple et la preuve que l’insurrection populaire a encore de beaux jours devant elle et qu’elle ne cède pas aux considérations religieuses. Hier, ils ont marché, crié, chanté et hurlé leur colère le ventre creux tous drapés de l’emblème national. Ils ne veulent rien lâcher et ce, quelque soient les épreuves à endurer et les conditions physiques à supporter. Les vaillants étudiants ont donc confirmé que la protestation citoyenne contre le régime résiduel va se poursuivre même durant ce mois sacré du Ramadan. Il n’est plus question de reculer maintenant que le peuple est tout près de recouvrer pour la première fois sa souveraineté. Les étudiants ont donné hier une sacrée dose de courage aux marcheurs du vendredi qui vont pour la douzième fois «vendre dire» au chef d‘état-major de l’armée, et au chef d’Etat par intérim qu’il n’est pas question d’accepter le dialogue et encore moins une élection présidentielle pour le 4 juillet. Les manifestations nationales du vendredi  ont ceci de décisif qu’elles vont confirmer une bonne fois pour toute au pouvoir que le peuple algérien ne reculera désormais devant rien pour défendre ses acquis et pousser les forces d’inertie dans leurs derniers retranchements. Le tandem Bensalah - Gaid va entendre la réponse massive et décisive des algériens sur ce «dialogue institutionnel» qui s’apparente à un cautère sur une jambe de bois. Le peuple va aussi prendre ses distances avec tous ces agendas politiques concoctés par le même régime et qui ne le concernent guère. Plus que jamais, le peuple en ébullition depuis plus de deux mois, ne veut plus de parodie de dialogue et de simulacre d’élections. Il veut que les visages honnis du Bouteflikisme disparaissent et qu’une voie vertueuse et consensuelle soit ouverte pour sortir le pays de cette impasse intégrale.

Imane B .

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mercredi, 08 mai 2019 00:00

Les étudiants toujours mobilisés

La mobilisation populaire pour le départ du système se poursuivra. Les étudiants viennent de montrer la voie, en faisant une démonstration de force en dépit du mois du carême. Contrairement à ceux qui prédisent l’essoufflement du mouvement à l’occasion de ce mois, la détermination des manifestants reste intacte. Des centaines étudiants ont confirmé, hier encore, leur fidélité à leur rendez-vous de mardi. Ils se sont mobilisés massivement à Alger et dans plusieurs universités du pays pour dire que « le peuple ne veut pas de toute la 3issaba (la bande) ». Ils ont réussi une grandiose marche à Alger. Comme à leur habitude, les étudiants ont occupé, durant la matinée d’hier, la place Audin et la Grande Poste. Brandissant des drapeaux, des pancartes et des banderoles, ils expriment leur rejet de la feuille de route du pouvoir. Rassemblés devant la place de la Grande poste, les étudiants contestataires réaffirment « leur attachement à la poursuite de leur mouvement jusqu’à la réalisation de   toutes les revendications soulevées ». Dans ce sens, ils rejettent aussi la prochaine élection présidentielle, maintenue par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah et le chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. Ils s’en prennent aussi à ce dernier qui est considéré comme un élément de blocage, car, estiment les manifestants, il empêche la satisfaction des revendications des Algériens. « Had Echaab la yourid, Gaïd Salah wa Saïd (Ce peuple ne veut pas de Gaïd Salah et de Saïd Bouteflika », lancent les manifestants. Les manifestants ont scandé aussi d’autres slogans hostiles au pouvoir : « Les étudiants disent au système dégage! », « les étudiants sont avec le Hirak », « On a dit,  ils doivent partir tous, ils doivent partir! », lancent-ils en brandissant d’autres pancartes brocardant les figures de « la 3issaba » (bande). Brandissant une large banderole, les étudiants ont également appelé à une période de transition avec soit la désignation d’un « homme consensuel pour diriger la transition », en faisant écho à la revendication portée par des figures du mouvement populaire et une partie de la classe politique. « Tant que les principales revendications du Hirak ne sont pas satisfaites, nous continuerons de manifester », affirment aussi les manifestants, rejetant ainsi l’appel du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah au dialogue. Les manifestants qui réclament aussi une justice transitionnelle, rappellent également leur engagement à poursuivre le mouvement jusqu’à la réalisation de toutes les revendications du Mouvement, à leur tête « la   rupture avec le régime politique en place ». Exprimant leur rejet de l’élection présidentielle, prévue le 4 juillet prochain, les étudiants ont affirmé que cette élection « n’est autre qu’une   reproduction du régime politique actuel, notamment avec le maintien de ses symboles ».            

    Samir Rabah

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Longtemps, ils ont servi d’alibi politique au président Bouteflika, les partis de la coalition présidentielle, ont subi de plein fouet la cinglante colère populaire. Sur les pancartes brandies chaque vendredi dans les manifestations, leurs chefs sont brocardés, raillés, voire insultés par les citoyens.  Face au tribunal du peuple qui les a condamnés sans appel, les responsables de ces partis n’avaient, dès lors, d’autre choix que d’afficher profil bas, après avoir soutenu jusqu’au bout du bout et en dépit du bon sens, le cinquième mandat. Mais comme en politique on est jamais mort pour de vrai, ils sont à l’affût et attendent l’ouverture d’une fenêtre d’opportunité pour revenir. Chacun des quatre partis investissant une stratégie sui generis. Ayant été le parti du pouvoir, mais sans pouvoir, le FLN est sans doute celui qui a subi les plus grands dommages collatéraux de la chute presque cocasse de Bouteflika. Mouâd Bouchareb, avec sa fameuse phrase prononcée à Oran dans laquelle il avait traité ceux qui s’opposaient au cinquième mandat de Bouteflika de « rêveurs » , s’est condamné de facto. Son maintien à la tête du FLN en tant que coordinateur de l’instance provisoire pour une période de transition devenait impossible, d’autant plus qu’il était contesté de l’intérieur même du parti. Et surtout que son mentor Saïd Bouteflika était tombé entre temps.  Aujourd’hui, même son poste de président de l’APN est remis en cause, Saïd Bouhadja, clamant qu’il est le président légitime de la Chambre basse du parlement. Mohamed Djemai, élu SG, après plusieurs sessions houleuses du Comité central s’attèle désormais à remettre de l’ordre dans la maison FLN. La nouvelle direction du parti joue actuellement des deux pieds. Elle multiplie les messages de bienveillance à l’égard du mouvement national, en faisant siennes ses revendications tout en ayant un œil sur ce qui se passe au sommet de l’Etat. Ce n’est pas un effet du hasard si Mohamed Djemai a apporté son soutien aux appels de Gaïd Salah en faveur du dialogue politique. Certains observateurs politiques vont même jusqu’ à avancer que Gaïd Salah compte s’appuyer sur le FLN pour mettre en œuvre sa feuille de route. La situation est différente pour le RND, la deuxième béquille du pouvoir.  Malgré une contestation interne orchestrée par son ex-porte- parole, qui redevient subitement opposant, Ahmed Ouyahia semble tenir la baraque. En témoigne le communiqué qui a sanctionné la dernière réunion de son bureau national.  Communiqué dans lequel Ahmed Ouyahia apporte son soutien à l’appel au dialogue du chef de l’État-major.  Même si Ouyahia à l’air de tenir bon, son avenir et celui de son parti dépendent de ce que veut en faire le nouveau pouvoir en place, dans le cadre de la transition politique actuelle. Amar Ghoul, sur qui pèse l’épée de Damoclès de la Justice est partagée entre le souci de se faire oublier médiatiquement et néanmoins la tentation de faire des offres de services au pouvoir en place. Lui aussi ne manque pas de saluer les appels au dialogue de Gaïd Salah tout en y souscrivant. Avec en arrière pensée la perspective de rebondir pour être à nouveau dans l’équation politique actuelle. Des quatre partis de l’ex coalition présidentielle, c’est sans doute le MPA de Amar Ben Younès qui se caractérise par son mutisme assourdissant. Sa seule sortie médiatique était d’afficher sa disponibilité à « accompagner le Hirak »  Mais pas de réaction du MPA au sujet des discours récurrents de Gaïd Salah, encore moins de son appel au dialogue. Ce silence pourrait être le signe d’une crise d’identité politique  du parti de Ben Younès, probablement tenté  de rompre les amarres  avec le pouvoir pour entamer une rédemption au sein de l’opposition. Encore faut-il que cette dernière  lui souhaite la bienvenue.

H.Khellifi

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Les prix des fruits et légumes flambent ! La tendance a commencé quelques jours avant le début du mois sacré de Ramadhan. Djellab, le ministre du Commerce, qui n’est pas novice, mais fait, pour son malheur, partie d’un gouvernement contesté par les Algériens, avait promis que cette année, le marché sera stable au niveau des prix. Mais ses assurances et ses promesses sont restées lettre morte, démontrant que, quelque part, il y a une volonté de faire monter la mercuriale. Comme les années précédentes, le ministère du Commerce a démontré de façon nette, qu’il n’a aucune emprise sur les prix. A vrai dire, la réalité sur le terrain lui a toujours échappé, sans qu’il n’ait le moindre moyen pour inverser la tendance. Le Ramadhan de cette année, qui coïncide avec un contexte très particulier, a connu une flambée des prix exceptionnelle. Les commerçants des fruits et légumes n’ont pas respecté les prix de référence annoncés, tout récemment, par le ministre, en vue de mettre une limite à la spéculation durant ce mois sacré. Les mesures annoncées en grande pompe par Saïd Djellab, pour éviter une flambée des prix n’ont été appliqués nulle part par les commerçants. Particulièrement au niveau de la capitale, où les prix des fruits et légumes ont dépassé tout entendement, a-t-on constaté dans la plupart des marchés. Les prix ont connu une hausse estimée à 50 %, selon les professionnels du secteur. A titre d’exemple, la tomate dont le prix du kilogramme a été fixé entre 90 et 110 DA a frôlé les 170 DA/kg. Celui de la pomme de terre annoncé à 50 DA a atteint 70 DA…. Même tendance haussière pour les viandes bovines et ovines qui ont connu une augmentation inimaginable, cédées respectivement à 1400 DA et 1600 DA le kilogramme. Et la liste est encore longue, no comment. C’est le cas aussi des villes comme Annaba, Constantine, Oran, ainsi que la majorité des localités du sud. Cette année, il y a comme une volonté d’impacter le « Hirak », en essayant de maintenir les prix à leur plus haut niveau, pour peser sur la mobilisation. Dans certaines villes, des réseaux de solidarité et des activistes sont entrés en jeu pour mettre fin à la spéculation. Dans un pays où tout le monde clame haut et fort qu’il est musulman, de telles pratiques spéculatives sont pourtant rejetées par la morale et même la logique capitaliste saine !

M.M

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L’Algérie commémore aujourd’hui  le 74e anniversaire des massacres du 8 mai 1948, qui ont fait plus de 45 000 chahids, victimes de crimes contre l’humanité dont la responsabilité historique hante l’Etat français qui a annoncé, sous le pression de la rue, l’ouverture du dossier de ses crimes coloniaux. Ces crimes commis par l’armée française durant la colonisation de l’Algérie se sont invités dans le «grand débat national» lancé par le président Emmanuel Macron dans le but de résoudre la crise sociale devenue politique. L’opportunité de ce débat a été l’occasion de mettre à nu la face hideuse du colonialisme français que les autorités de la France se sont attelées, quelques années auparavant, à en consacrer la glorification à travers un texte de loi avant de se trouver, à présent, contraintes de dévoiler son côté sombre. C’est dans ce cadre que l’anticolonialiste Henri Pouillot a adressé, en tant que témoin de la Guerre de libération nationale, une lettre au chef d’Etat français soulignant le besoin impérieux pour «leur génération d’anciens combattants que les crimes contre l’humanité (tortures, viols, crevettes Bigeard et corvées de bois), les crimes de guerre (600 à 800 villages rasés au napalm et utilisation du gaz VX et Sarin...) et les crimes d’Etat (massacres de Sétif/Guelma/Kherrata en mai 1945 et massacres du 17 octobre 1961 à Paris) soient reconnus comme tels et condamnés et qu’ils ne soient plus considérés comme ayant été les responsables de leur exécution. La pression de la rue sur les autorités françaises s’est illustrée, fin avril, par un appel lancé, à l’occasion de la commémoration des massacres du 8 mai 1945, par un Collectif composé de 31 associations, un syndicat (l’Union syndicale Solidaires) et 6 partis politiques à des «gestes forts» des plus hautes autorités de l’Etat français, à l’ouverture de toutes les archives et à l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements et un soutien à la diffusion de documentaires relatifs aux évènements dans l’Education Nationale comme dans les médias publics. Le même collectif, qui appelle à un rassemblement le 8 mai à la place du Chatelet à Paris, a estimé «impossible» de célébrer l’anniversaire de la victoire contre le fascisme «sans vouloir arracher à l’oubli ce qui s’est passé en Algérie ce même 8 mai 1945 et les jours suivants». Dans une tribune publiée par le site électronique Médiapart, les intellectuels François Gèze, Gilles Manceron, Fabrice Riceputi et Alain Ruscio ont estimé que «L’aventure coloniale de la France+ a produit des conquêtes et des répressions de masse criminelles qui violèrent gravement les valeurs que la France proclamait par ailleurs et auxquelles elle continue à se référer. C’est son crédit qui est en cause». Pour ces intellectuels, il reste pour les plus hautes autorités de l’Etat français «bien des choses» à dire pour «reconnaître par exemple les massacres de mai-juin 1945 en Algérie. Ils considèrent que si le président Macron ne décide pas de s’engager «résolument» dans la voie d’une reconnaissance «pleine et entière» de ce que furent les «errements et les crimes» de la République française dans ses colonies, il «s’expose au risque de rester dans l’histoire comme celui qui aura simplement cherché à instrumentaliser, à des fins électorales, la +question coloniale+».Lors de sa visite en Algérie dans le cadre de sa campagne électorale en date du 5 février 2017, le président français, Emmanuel Macron, alors candidat, avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité». En réponse à une question du journal électronique «Médiapart», le 5 mai 2017, le président français avait déclaré qu’»il prendra des actes forts» sur cette période de notre histoire. Le président Macron a admis, le 19 mars dernier, que le système colonial en Algérie était «injuste» et «niait les aspirations des peuples à décider d’eux-mêmes», avait reconnu que la France reconnaissait le crime d’Etat à travers l’affaire de Maurice Audin, et était prête pour restituer à l’Algérie les crânes des dirigeants de la résistance populaire conservés au Musée de l’homme de Paris et lui livrer des copies des archives concernant l’Algérie de 1830 à 1962. Un crime d’Etat imprescriptible Les massacres commis par la France contre le peuple Algérien le 8 mai 1945 sont imprescriptibles, en vertu des dispositions du droit international relatives aux crimes de guerre, comme «il ne subsiste aucune restriction juridique», selon les juristes, pour engager des poursuites judiciaires à l’encontre de la France, même s’il est impossible «d’appliquer la responsabilité personnelle, vu que les auteurs de ces crimes ne sont plus en vie». Cependant, l’Algérie est en droit «d’exiger des institutions au sein desquelles ces personnes exerçaient leurs fonctions de réparer le préjudice par des mesures juridiques et diplomatiques». Des acteurs du mouvement associatif, à leur tête l’Association du 8 mai 1945, comptent prendre les mesures nécessaires en vue de demander la classification des massacres du 8 mai «crimes de génocide contre l’humanité» et leur enregistrement au niveau de l’ONU pour réclamer des excuses et l’indemnisation des victimes. A cet effet, les juristes ont évoqué la possibilité d’engager une action judiciaire près la Cour Internationale de Justice (CIJ) pour les différents crimes commis par la France coloniale ayant fait des millions de victimes, entre autres répercussions, à l’instar de leurs effets négatifs sur l’environnement. Les massacres du 8 mai 1945 furent un tournant décisif dans la maturation de la pensée de la résistance algérienne, en jetant les fondements d’une nouvelle orientation basée sur la règle «ce qui a été pris par la force ne doit être repris que par la force», et en mettant à nu les fausses promesses données par la France coloniale au peuple algérien pour le mobiliser lors de la 2e guerre mondiale. Perpétrés dans plusieurs régions du pays où des dizaines de milliers d’Algériens avaient été victimes de la répression française, ces massacres furent une autre face du visage horrible de la France coloniale. Alors que les Français célébraient la victoire des alliés contre l’Allemagne nazie marquant la fin de la seconde guerre mondiale, des dizaines de milliers d’Algériens sont sortis dans les rues à Sétif, Guelma et Kherrata ainsi que dans d’autres villes du pays, répondant à l’appel lancé pour l’organisation d’une marche pacifique en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Mais la réaction de l’administration française fut violente et brutale, lançant une vague de répression sanglante contre les manifestants sans défense. Durant plusieurs semaines, les forces coloniales et leurs milices ont eu recours à tous types de violences, avec des tueries en masse, n’épargnant ni enfants, ni femmes, ni personnes âgées. Des personnes désarmées abattues à bout portant, d’autres transportées dans des camions pour être jetées dans des ravins, alors que d’autres sont emmenées en dehors des villes pour être exécutées. Leurs corps brûlés sont ensuite ensevelis dans des fosses communes. Des fours à chaux étaient également utilisés par l’armée française pour se débarrasser des cadavres des victimes, un acte qui témoigne des plus ignobles crimes de l’histoire contemporaine.

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mercredi, 08 mai 2019 00:00

Des tractopelles pour le désherbage !

 Une opération d’entretien et de désherbage lancée depuis hier, au niveau des espaces verts de la cité résidentielle 130 de Berrahal, a vite tourné au fiasco.  Cette première action engagée non seulement elle n’a pas été menée à terme, mais elle a été exécutée à la hâte au moyen de tractopelles au lieu et place d’ouvriers.   Cette façon d’agir qualifiée de « criminelle » a eu raison d’ailleurs de beaucoup de jeunes pousses d’arbres, qui ont été arrachés, a-t-on constaté sur place. Ces espaces verts, aménagés il y a trois années, à coup de millions de dinars, au niveau des différents quartiers de la ville de Berrahal, n’ont jamais fait l’objet de l’attention permanente que doivent avoir les pouvoirs publics pour de tels investissements. Ils ont plutôt servis, le moins que l’on puisse dire, de lieu de pâturage pour les bovins. En effet, ces espaces n’ont jamais subi d’opérations d’entretien et d’assainissement. C’est l’amertume et la déception chez les habitants, qui n’arrivent pas à comprendre l’état dans lequel se trouvent plusieurs quartiers dont l’aspect, par la force des choses, est celui d’un champ de chardons et de ronces où sont amoncelés les déchets occasionnés par les travaux de réfection des avaloirs du reste non achevés et abandonnés.   Malgré les menaces de la commune de procéder à la saisie des animaux qui rodent en ville, la situation n’a pas changé d’un iota.   Pour beaucoup d’habitants, la ville de Berrahal, se ruralise. L’impression qui se dégage de cette situation est celle d’une ville qui se laisse aller. Lorsqu’on traverse n’importe quel quartier le soir venu, l’une des premières images qui saute aux yeux, est la présence des animaux (ovins, bovins, chiens, etc. .)  qui circulent librement, surtout aux alentours directs de chaque dépôt d’ordures ménagères. Un phénomène qui a fini, au fil des jours, par « empoisonner » le quotidien de nombreux résidents, dans une indifférence quasi générale.  «On fait comme si de rien n’était et on continue son chemin faisant semblant de ne pas voir. Cela est valable pour tous les habitants et les personnes censées veiller et protéger la ville », a tenu à dénoncer un habitant de la cité 400 logements, devenue également une plaque tournante du trafic de drogue.

B. Salah-Eddine

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mercredi, 08 mai 2019 00:00

La maffia des marchés sévit toujours

L’espoir en un Ramadhan exceptionnel sur le plan de la prise de conscience et de la fraternité, était très fort dans ce contexte de mouvement populaire intense. La maturité politique dont les Annabis, à l’instar de l’ensemble des Algériens, ont fait preuve pendant les précédentes semaines n’a malheureusement pas été traduite sur le plan sociétal au début du mois sacré. La mercuriale n’a aucunement été influencée par les démonstrations de solidarité et de fraternité qu’étaient pourtant les slogans fédérateurs d’une population hautement politisée et extrêmement engagée en matière du destin du pays. Le premier jour du Ramadhan n’a pas été différent en aucune façon des autres années qu’ont vécues les Annabis. La mercuriale au niveau des commerces et marchés n’a pas été tendre avec les bourses. Les légumes et les fruits étaient inabordables pour des citoyens épuisés par la baisse du pouvoir d’achat causée principalement par des pratiques de spéculation auxquelles sont restés fidèles aussi bien les grossistes que les détaillants. En ce début de mois sacré, ni les commerçants ont contribué à l’effort collectif d’amélioration de la vie économique, ni les consommateurs n’ont mis en place une action générale de lutte contre la spéculation et la cherté de la vie. Le Hirak politique s’avère très étanche et n’arrive pas à influencer les comportements des annabis, et des Algériens, dans leur vie quotidienne et économique. La fronde politique de millions d’Algériens n’a pas été déclinée en une rébellion économique contre les spéculateurs qui font la loi à chaque Ramadhan. Aucune campagne de lutte contre ce diktat n’a été lancée sur les réseaux sociaux malgré la fidélité des annabis à cet outil majeur de communication. Pas de boycott ni de dénonciation de ces pratiques frauduleuses n’ont montré le bout du nez. Les commerçants, quant à eux, et dont une bonne partie ne rate aucun vendredi pour sortir et crier sa rage contre les « voleurs », s’adonnent cyniquement et impunément à la spéculation. Ce constat amer en dit long sur la profondeur de la conscience citoyenne affichée par les millions d’animateurs du Hirak, désavoués par le premier test. Le mouvement populaire qui a fait bouger les lignes sur le plan politique n’a pas, jusqu’à maintenant, la profondeur nécessaire pour faire des citoyens des acteurs actifs de la cité. Les manifestations de solidarité classiques à l’instar des restaurants de la Rahma sont bel et bien présentes cette année, comme c’était le cas dans les années passées. 

Zarrougui Abdelhak

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mercredi, 08 mai 2019 00:00

Les étudiants donnent le ton

Comme promis vendredi passé, les étudiants de l’Université Badji Mokhtar se sont rassemblés pour leur énième mardi sur l’esplanade du théâtre régional Azzedine Medjoubi. Clamant à tue tête les slogans habituels, les étudiants mettent en évidence une pancarte sur laquelle est inscrite cette affirmation « On y est presque ». Un message que tout le monde a compris après l’arrestation des l’ancien conseiller du président de la république et les deux ex-généraux responsables des services secrets pour haute trahison. Munis d’un mégaphone, les étudiants s’étaient joints à quelques avocats et des médecins, venus, comme les fois précédentes appuyer les revendications somme toutes légitimes du mouvement national. Ainsi « fi Chaâbane, fi Ramdhane ahna ane kounou fel maydane ». Ainsi l’amour de la Patrie passe avant la soif et la faim ressenties par ces jeunes qui crient haut et fort leur refus de voir perdurer la situation politique actuelle. Il reste 2B et ils doivent partir à leur tour. Les compétences existent et on ne veut plus de ces dinosaures clame un édifiant en aparté. Des pancartes portent également des inscriptions réclamant des enquêtes sur les auteurs de la décennie noire, l’affaire de Tigantourine, les agissements de Chakib Khélil… Ainsi les étudiants tiennent le pavé haut et maintiendront la pression jusqu’à voir leurs revendications exaucées.

Ahmed Chabi

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