Députés et chefs d’entreprises

Ali Haddad a un œil sur l’APN

11 Mai 2017
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Malgré tout ce qu’on a pu dire sur les élections législatives, en tentant de les discréditer pour certains ou en empruntant une voie inverse, le scrutin du 4 mai 2017 demeure riche d’enseignements qui peuvent donner une idée sur l’évolution réelle de la cartographie politique algérienne. Sur les 462 députés qui vont siéger à l’Assemblée populaire nationale pendant les cinq prochaines années, le Conseil constitutionnel identifie 79 hommes d’affaires affiliés au Forum des chefs d’entreprises, la principale organisation patronale algérienne, présidée par Ali Haddad le patron du groupe ETRHB. Leurs appartenances politiques sont diverses ; ça va du FLN au RND en passant par TAJ, mais la majorité d’entre eux font partie de listes indépendantes et échappent relativement à toute influence partisane. Ce chiffre traduit parfaitement une des tendances les plus révélatrices de l’implication de plus en plus remarquée des chefs d’entreprises et des potentiels investisseurs dans le combat politique et représentatif, dans le but évident de défendre leurs intérêts. Et parmi ces intérêts que le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, a défendus lors de la campagne électorale, figure en bonne position le processus de privatisation. Le patron du FCE, lui-même grand partisan d’une privatisation à outrance, va pouvoir compter sur l’appui de ces députés et chefs d’entreprises. Ali Haddad s’est maintes fois exprimé en faveur de l’ouverture de tous les secteurs aux investisseurs privés ; du transport aérien aux ressources en eau, en passant par les hydrocarbures. Aujourd’hui, et grâce à la présence intéressée à l’intérieur de l’Hémicycle Zighoud Youcef, de 79 députés qui partagent entièrement sa conception économique, Ali Haddad parait être en bonne position pour dicter sa feuille de route, en agissant de l’intérieur même du pouvoir législatif. Lorsqu’il menait sa campagne pour son élection à la tête du FCE, Ali Haddad s’est résolument exprimé en faveur de l’ouverture au privé du transport aérien, des hydrocarbures et des ressources en eau. Le FCE plaide ouvertement pour une libéralisation qui ne fera aucune distinction entre les secteurs d’activités. La liberté d’entreprendre ne doit, en aucun cas, être entravée, argumente-t-on au sein du FCE, s’appuyant en cela sur l’article 37 de la Constitution qui consacre la liberté d’entreprendre et d’investir. Cette position est plus ou moins partagée par le RND. Mais du côté du FLN, la question est tout autre ; car l’ancien parti unique, quoique favorable lui aussi à l’ouverture économique comme étant un choix incontournable, est tenu par des obligations idéologiques qui l’obligent à ne pas trop abandonner une certaine vision socialo-démagogique. Toujours est-il que le soutien du FLN à n’importe quelle démarche de privatisation souhaitée par le FCE ne sera pas de toute facilité. Mais quoi qu’il en soit, le patron du FCE est d’ores et déjà sûr de pouvoir compter sur une bonne partie de parlementaires, pour consolider ses positions et élargir son influence.

Mohamed Mebarki

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