Chute de la valeur des exportations en hydrocarbures

100 milliards de dollars de perte en 3 ans

11 Oct 2017
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Même si elles ne sont pas audibles pour le grand public, les voix qui s’élèvent, ici et ailleurs, pour pousser l’Algérie à solliciter le concours des institutions financières internationales, ne sont pas moins présentes et insistantes. Actionnées par des officines travaillant pour le compte du grand capital international, ces tendances s’activent depuis que l’Algérie a pris la décision de mettre en œuvre le mode de financement non conventionnel, et font tout pour dénigrer ce choix sous des motifs et intitulés faussement économiques. Face à cette campagne insidieuse qui ne dit pas son nom, les pouvoirs publics ont multiplié leur interventions à tous les niveaux afin d’éclairer l’opinion publique sur les véritables raisons qui ont poussé l’Algérie à opter pour une démarche interne. Lors de son exposé devant les membres du Conseil de la nation, le ministre des Finances a tenu à rappeler les répercussions graves du recours à l’endettement extérieur, et a affirmé que l’Algérie ne veut absolument pas renouveler une telle expérience. « Face à cette situation, il est impératif de couvrir le déficit budgétaire en recourant à la formule de financement interne », a poursuivi le ministre, soutenant que le financement non conventionnel était une forme de financement interne permettant de faire face aux dysfonctionnements conjoncturels dans les équilibres financiers. Abderrahmane Raouia a expliqué que devant la réduction des ressources financières lourdement impactées par la chute des prix du pétrole, et l’épuisement de l’épargne publique, l’Algérie a été contrainte à choisir entre le financement interne ou au double financement interne et externe. Et elle a opté pour le choix le moins mauvais et le moins pénible, à condition qu’il soit mené selon les règles économiques appropriées. Entre 2014 et 2017, la valeur des exportations algériennes en hydrocarbures est passée de 60,3 milliards à 18,7 milliards de dollars durant les 7 premiers mois de l’année en cours. Les recettes attendues en fin d’année ne dépasseront pas 31 milliards de dollars. Le ministre des Finances a estimé, par la même occasion, que la moyenne du prix du baril de pétrole permettant de réaliser un équilibre dans le budget public durant l’année en cours était de 70 dollars, alors que le prix du baril en cours ne dépasse pas 60 dollars. Dans le même contexte, il a souligné que les réserves obligatoires ont baissé de 8 % en 2016 à 4 % depuis août 2017, ce qui a permis de fournir une plus grande liquidité au marché bancaire, en ajoutant que la fiscalité pétrolière collectée de janvier jusqu’à juin 2017 a atteint 1.100 milliards de dinars. Concernant les réserves de change estimées à 105,8 milliards de dollars à  fin juin, il a souligné qu’elles pourraient être réduites à 97 milliards de dollars vers la fin 2017. Pour surmonter cette situation financière, le ministre a proposé une panoplie de réformes à travers la mise en place d’un cadre de dépenses à moyen terme et la réforme du secteur bancaire à travers plusieurs mesures dont la généralisation des moyens de paiement électronique et l’informatisation des transactions. La loi sur la monnaie et le crédit en vigueur, a-t-il insisté, n’est pas contraire à l’usage de produits financiers islamiques dont les services devraient être proposés sur le marché bancaire et encadrés de manière rigoureuse, a-t-il soutenu. Les services fiscaux, a-t-il précisé, connaitront également la  modernisation de leurs procédures de gestion à travers les systèmes  modernes d’informatique et la simplification des procédures.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mardi, 10 octobre 2017 20:21
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