Air Algérie traverse une zone de turbulences

La justice désavoue les grévistes

28 Oct 2017
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La grève déclenchée, mardi dernier, par le Syndicat national des techniciens de la maintenance des avions, a été déclarée « illégale » par le tribunal de Dar El Beida qui a statué sur l’affaire, le lendemain. Le verdict de la justice est venu appuyer la position défendue par la direction générale d’Air Algérie qui avait estimé, quelques heures après l’annonce de la grève, que le débrayage ne respectait pas les procédures en vigueur, relatives aux mouvements de protestation. Sollicité par l’agence officielle APS, à se prononcer sur le conflit opposant le personnel technique à la direction de la compagnie, le PDG d’Air Algérie avait condamné le mouvement, allant jusqu’à accuser le Syndicat des techniciens de la maintenance d’avoir rejeté toutes les voies menant au dialogue. Pour rappel, le SNTMA a déjà procédé, il y a une dizaine de jours, à la diffusion d’un communiqué à travers lequel, il a énuméré les problèmes rencontrés par le personnel technique et annoncé une réaction de sa part. En d’autres termes, la direction générale de la compagnie Air Algérie était déjà avisée. Selon le président du syndicat, c’est l’intransigeance de la DG qui a mené le dialogue vers l’impasse. Pour Ahmed Boutoumi, le mouvement de grève est maintenu et concernera l’ensemble des aéroports du pays, et ce jusqu’à l’application des clauses de la convention collective, particulièrement celles relatives à la classification professionnelle, à la grille de salaire et aux primes. Ainsi affichées, les positions de deux parties paraissent irréconciliables, et on ne voit pas comment la situation pourrait être débloquée, sans une intervention de la tutelle. « Avec cette grève, Air Algérie est entrée dans une zone de turbulence qui aurait pu être évitée, si la DG avait fait preuve d’écoute à l’égard des revendications légitimes émanant d’un personnel mal considéré », estime un ancien de la compagnie. La décision du tribunal qui « fait obligation aux travailleurs et techniciens de maintenance de ne pas entraver l’activité de la compagnie », ne sera-t-elle donc entendue, que lorsque les pertes auraient percé des trous immenses dans une trésorerie déjà mal en point ? En perte de vitesse depuis plusieurs années, la compagnie nationale de navigation aérienne éprouve les pires difficultés à maintenir le cap dans une situation de quasi-monopole. Quel sera son état demain, si l’Etat venait à ouvrir ce secteur aux compagnies étrangères ? La question parait peut-être anticipée, mais rien n’empêche, d’ores et déjà, les pouvoirs publics à soumettre le dossier Algérie à un traitement approprié, loin de l’opacité et des interférences extérieures à la compagnie. Pour assainir définitivement la compagnie historique, il n’y a qu’une seule et unique alternative : la libérer de tous les diktats et revenir aux règles économiques et commerciales qui ne tolèrent guère la violation des droits imposés par la compétence. 

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