Ils sont exposés au musée de l’Homme à Paris

Le président “prête” à rendre les crânes des résistants algériens

07 Déc 2017
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Le président français Emmanuel Macron semble être sensible à la demande de l’Algérie de restituer les crânes des résistants algériens tués dans la bataille de Zaâtcha. Dans un entretien qu’il a accordé au site électronique TSA, le président français s’est dit « prêt » à ce que « Paris restitue les crânes d'insurgés algériens  tués au XIXe siècle par l'armée française et conservés au Musée de l'Homme à   Paris ». « Je souhaite qu'on ravive la relation avec le travail mémoriel entre nos   deux pays, que la restitution des crânes soit décidée, je la déciderai, je suis   prêt », a déclaré le chef de l’Etat français.  Un geste très attendu par Alger. Le ministre des Moudjahiddine Tayeb Zitouni, avait réitéré la demande de l’Algérie dans ce sens, conditionnant l’évolution des relations bilatérales au traitement des dossiers relatifs au contentieux mémoriel en suspens. En plus du rapatriement des crânes, l’Algérie réclame l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, la restitution des archives et le traitement des cas des disparus algériens durant la guerre de Libération nationale. M. Zitouni avait indiqué que les négociations sur le dossier de la restitution des crânes ont été suspendues à la volonté de la partie française en raison de l’élection présidentielle française.  «Mais, avait-il enchaîné, nous travaillons en coordination avec le ministère des Affaires étrangères pour relancer la commission chargée du suivi et de l’examen de ce dossier.» M. Zitouni avait déjà affirmé en janvier dernier que son département poursuivait ses efforts pour la restitution des crânes de martyrs algériens : «Nous œuvrons actuellement en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères pour une prise en charge optimale de cette question dont l’histoire remonte à plus d’un siècle.» Il faut souligner que le président français, en visite de travail et d’amitié hier en Algérie, ne veut plus que les relations algéro-françaises « souffrent » du passé colonial. « J’ai dit à Ouagadougou que durant la colonisation, il y a eu des combats, il y a eu des fautes et des crimes, il y a eu de grands événements et des histoires heureuses.  Je suis d’une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire », a affirmé Emmanuel Macron dans un entretien accordé à El Khabar et El Watan. « En tant que chef d’un Etat qui a colonisé une partie de l’Afrique mais aussi comme représentant d’une génération qui n’a pas connu cette période, je considère que la France est dépositaire de ce passé », poursuit-il, tout en exprimant sa profonde conviction que sa responsabilité en tant président issu de la nouvelle génération française « n’est pas de nous y enferrer ». « Notre responsabilité n’est pas de rester dans ce passé. Elle est de connaître cette histoire et de construire un avenir commun et une espérance. Mes convictions sur ce point n’ont pas changé depuis que j’ai été élu président de la République », a-t-il dit. Emmanuel Macron a assuré qu’il avait le regard d’un homme de sa génération, d’un Président élu sur un projet d’ouverture. « Je connais l’histoire, mais je ne suis pas otage du passé. Nous avons une mémoire partagée. Il faut en tenir compte. Mais je souhaite désormais, dans le respect de notre histoire, que nous nous tournions ensemble vers l’avenir », soutient-il. L’homme qui a qualifié le colonialisme de « crime contre l’Humanité » lors de son déplacement à Alger en pleine campagne électorale en avril dernier refuse donc de regarder dans le rétroviseur et préfère se pencher plutôt sur l’avenir. Il affirme ainsi vouloir construire avec l’Algérie « un partenariat d’égal à égal, construit dans la franchise, la réciprocité et l’ambition ». Même si l’histoire et la géographie sont différentes, il assure que l’ambition est la même. « Avec l’Algérie, la France doit construire un axe fort, un axe autour de la Méditerranée qui se prolonge vers l’Afrique.      

Yanis Belmadi

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