Ahmed Ouyahia de Paris

« Il n’y a pas de pouvoir occulte à Alger »

09 Déc 2017
590 fois

Après une journée intense, Ahmed Ouyahia n’est pas revenu de Paris les mains vides. Le Premier ministre, qui a rencontré son homologue français avec qui il a supervisé la signature d’une douzaine d’accords, a fait des annonces qui ne peuvent passer inaperçues. A commencer par la situation politique dans le pays, en passant par la coopération économique avec la France et, bien sûr, le sujet de la mémoire. C’est à partir de l’ambassade d’Algérie à Paris que le Premier ministre a tenu à démentir les « rumeurs » sur l’incapacité du chef de l’Etat à gouverner. S’il reconnaît que Abdelaziz Bouteflika n’est pas au mieux de sa forme, il soutient que c’est bien lui qui gère le pays. « S’agissant des nouvelles de mon pays, je vous dirai que notre président de la République, Abdelaziz Bouteflika, se porte bien et que Dieu lui prête longue vie et bonne santé », a tenu à préciser Ahmed Ouyahia aux Algériens présents. « Certes, notre Président n’a plus tout le dynamisme que vous lui avez connu lorsque vous l’avez rencontré en 2000 et en 2004 ici en France. Cependant, et contrairement à toutes les rumeurs et propagandes véhiculées par certains à partir de l’Algérie ou à partir de l’étranger, notre Président dirige bien le pays dans tous les domaines, et il n’y a ni cabinet noir, ni pouvoir occulte à Alger », a-t-il précisé. Avant ces mises au point, le premier ministre a assisté à la signature de plusieurs accords de coopération dans plusieurs domaines. Cela concerne aussi bien l’économie, l’enseignement supérieur, la formation et la culture. Des sujets qui ont pris une place importante lors de la conférence de presse conjointe, animée par les deux premiers ministres à l’issue de la visite. Une occasion pour le Premier ministre algérien de faire des annonces concernant notamment les questions de mémoire. Il a ainsi indiqué que la France a accepté de remettre à l’Algérie une partie des archives de la période coloniale. Même si ces documents ne seront pas remis dans leur version originale. «Sur la question des archives, nous avons également fait une bonne percée, puisqu’Emmanuel Macron nous a annoncé hier (mercredi), au nom de la France, la disponibilité de notre partenaire à nous remettre une duplication de toutes les archives, ce qui permettra de gérer plusieurs affaires de la vie courante en Algérie», a précisé le Premier ministre. Mais cela ne doit pas être un casus belli, précise Ouyahia qui se démarque visiblement de la surenchère de certains responsables algériens. «Le dossier du passé, l’Algérie ne le soulève pas pour enfermer les relations algéro-françaises dans le passé mais pour alléger la démarche commune vers l’avenir, donner plus d’entrain, en prenant en charge quelques soucis que nous avons», a-t-il indiqué. L’autre sujet qui a constitué une satisfaction aux yeux du Premier ministre algérien est celui de la restitution des crânes des résistants algériens. «La partie algérienne va terminer le dossier procédural, la partie française va préparer la loi puisqu’il en faut une», a-t-il indiqué à ce sujet. Sur le plan économique, les deux pays ont signé des contrats dans plusieurs secteurs. On relèvera, entre autres, l’ouverture d’une antenne de la BEA (Banque extérieure d’Algérie) à Paris. L’objectif de cette initiative est, sans doute, de capter une partie des capitaux des Algériens établis en France. Au sujet de la situation sécuritaire dans la région du Sahel, le Premier ministre a tenu à rappeler que l’Algérie fournit des « efforts considérables » pour contribuer à sécuriser la région. Cela malgré les « barrières constitutionnelles » qui empêchent son armée d’opérer en dehors de ses frontières. « Quelle que soit la nationalité de chacun de nous, nous sommes en train de combattre le même ennemi contre lequel l’Algérie a payé un lourd tribut », a tenu, tout de même, à rappeler Ahmed Ouyahia qui a ajouté que l’Algérie « n’a pas cessé de dire qu’il s’agit d’un ennemi qui ne reconnaît ni les frontières ni les nationalités ».

Akli Ouali

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85