Finances

Changement des billets de 200, 500, 1000 et 2000 dinars

04 Jan 2018
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L’Etat envisage de changer les billets de banques avant la fin de l’année en cours. L’annonce faite par le quotidien arabophone Ennahar ne constitue pas un scoop, dans la mesure où d’anciens hauts responsables dont certains ont occupé le poste de ministre des Finances ainsi que des économistes avaient déjà évoqué l’éventualité d’une telle opération de régularisation, après l’échec de l’emprunt obligataire de 2016. Pour le moment, le gouvernement n’a pas encore donné de détails à ce sujet, mais il s’agit selon toute vraisemblance d’une tentative de bancarisation de la masse monétaire, ou du moins une partie d’elle  existante sur le marché. En un mot, il s’agit d’une opération de récupération des actifs de l’informel estimés en septembre 2017 par Ahmed Ouyahia à 1700 milliards de dinars. Quoi qu’il en soit, c’est forcément l’un des objectifs du gouvernement. Mais est-ce réalisable ? Selon des économistes, l’opération comporte des risques, mais le gouvernement a les moyens de les éviter, s’il permet aux tenants de l’économie souterraine de déposer leur argent dans des comptes bancaires, à condition de payer une contrepartie fiscale à l’Etat, en sollicitant le concours d’experts comptables. C’est ce qu’on appelle une régularisation fiscale dont l’un des avantages est l’injection de milliards de dinars dans le circuit bancaire. Ainsi, les banques auront plus de liquidités à leur disposition et la situation économique en général pourrait s’améliorer. Selon Amar Tou, cadre dirigeant du FLN et ancien ministre, « les liquidités du marché informel et contrairement à ce qui est faussement répandu, ne sont pas oisives. Elles sont plutôt utilisées de manière efficiente, selon la logique de leurs détenteurs. Elles financent des activités économiques, commerciales et de services de l’économie non déclarée, y compris les salaires y attenant, pour des emplois au noir qui seraient de l’ordre de trois millions ou quelque 32% de la population occupée, selon l’affirmation de l’ancien ministre du secteur, le 21 septembre 2015 ». Dans une contribution publiée par TSA en septembre dernier, Amar Tou avait estimé que « l’idée de changer des billets de banque est séduisante ; ses effets immédiats verront toutes les liquidités de l’informel rentrer dans les banques, mais l’effet peut être éphémère. Car rien n’empêche les détenteurs de retirer leur argent en nouveaux billets, même si pour des raisons impérieuses, l’Etat peut réguler le rythme des retraits ». Dans la même contribution, l’ancien ministre souligne que l’opération « dès l’apparition des moindres signes ou rumeurs sur cette opération, la ruée vers le change des dinars en monnaies ou en valeurs refuges sur le marché parallèle de change et/ou en or et ou en immobilier, s’ensuivra à n’en point douter. Si, malgré tout et pour un impératif jugé majeur, l’opération de changement des billets de banque est retenue, il en faudrait circonscrire, auparavant, tous les effets pervers de manière à les contenir, au mieux ». En plus bien évidemment des motifs techniques liés à la qualité actuelle du billet algérien, les nouveaux billets seront apparemment fabriqués à partir du papier issu des fibres de coton, comme c’est le cas pour l’euro par exemple, donc de meilleure qualité. Mais dans un environnement où l’informel prime, les billets se détériorent rapidement quelle que soit l’origine du papier utilisé. Si en Europe, l’euro ne s’abime pas facilement, c’est parce qu’en plus de la bonne qualité du papier utilisé, le plus gros des transactions commerciales sont électroniques ou bancaires. Le “cash” n’est que peu utilisé, donc les billets ne circulent pas beaucoup sur le marché. En Suède à titre d’exemple, 80% des transactions commerciales sont réalisées sans espèces. Selon des experts, dans moins d’une décennie, le cash n’existera plus dans au moins cinq pays dont la Suède, le Danemark. L’informatisation réduira certainement la fraude et l’argent sale, mais pourrait aggraver le phénomène de la cybercriminalité. Pour revenir à l’Algérie, et selon la même source, la Banque d’Algérie voudrait remédier à une « lacune » qui a caractérisé les anciens billets, à savoir la présence de diverses représentations d’animaux. Ces derniers disparaitront des nouveaux billets. En tout cas, la Banque d’Algérie n’envisage pas de changer tous les billets d’un seul coup. L’opération débutera dans un premier temps avec les billets de 200, 500 et 1000 dinars. Après, comme seconde étape, les autorités vont s’attaquer aux billets de 2000 dinars.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mercredi, 03 janvier 2018 20:02
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