Revendications des médecins résidents

L’aveu d’impuissance de Hasbellaoui

08 Jan 2018
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Les images montrant des médecins, le visage en sang suite à l’intervention musclée et disproportionnée des policiers antiémeutes, ont non seulement choqué l’opinion publique qui ne comprend pas encore les raisons d’une telle violence pour réprimer un mouvement de contestation pacifiste, mais ont suscité une vague de sympathie de la part des citoyens envers les futurs médecins spécialistes. Même si concernant la grève et ses motivations, les avis demeurent partagés, la violence avec laquelle la police a chargé des grévistes qui voulaient sortir dans la rue, mercredi dernier aux abords de l’hôpital Mustapha Pacha à Alger, a fini par secouer le corps médical en entier.  Ainsi, le syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU), et en signe de solidarité avec les médecins résidents, est passé hier à l’action, en boycottant l’examen pour l’obtention du diplôme d’études médicales spécialisées de la spécialité pédiatrie. Enregistrant avec une grande satisfaction ce mouvement de soutien effectif, le Collectif des médecins résidents a réagi en soulignant que « le boycott a eu l’unanimité des candidats ». « C’est avec une immense fierté que nous confirmons la réussite du boycott et ce à l’unanimité par l’ensemble des candidats au DEMS de pédiatrie qui ont honoré leurs engagements », déclare le Collectif des médecins résidents dans un communiqué rendu public hier.  Ainsi, tous les signes d’un durcissement du mouvement de contestation sont désormais apparents ; à commencer par l’annulation pure et simple du calendrier des examens de DEMS programmés en janvier. Et selon certains médecins résidents qui ont manifesté hier à Constantine, « c’est désormais l’ensemble du secteur de la santé qui menace de bouger ». Ce que l’on constate, c’est que malgré les appels au dialogue émanant du ministère de la Santé, les grévistes ne sont pas prêts de lâcher prise. Pour le Collectif qui encadre le mouvement de protestation depuis déjà dix semaines, c’est le point de non-retour.  «Nous n’avons pas besoin de promesses. Les accords doivent être mentionnés sur le papier et signés par les responsables du secteur de la santé et de l’enseignement supérieur», s’accordent à dire de nombreux grévistes qui viennent d’arrêter toute activité. «Le résident n’est nullement responsable de la garde et des urgences, puisqu’il n’est pas diplômé et considéré comme étudiant, selon la tutelle», soulignent-ils à l’unanimité. Ayant débuté avec l’organisation de deux jours de contestation par semaine, le mouvement s’est radicalisé par la suite en se transformant en une grève illimitée. En plus des conditions de travail qualifiées d’effroyables par les médecins résidents, ces derniers soulèvent aussi le manque de moyens techniques et le mépris affiché par l’administration. En aucun cas, les grévistes n’ont pas demandé la suppression du service civil, souligne leur syndicat ; mais sa révision en profondeur, en créant des conditions favorables à un exercice volontaire. « Il n’est plus question que l’on accepte des affectations d’office dans des structures qui manquent de tout, et qui ont l’air d’une mesure disciplinaire ». C’est en deux mots, le leitmotiv et le slogan d’un mouvement qui risque de faire tâche d’huile.

Mohamed Mebarki  

Dernière modification le dimanche, 07 janvier 2018 20:18
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