Politique

Fracture entre islamistes et laïcs au sein de l’opposition

13 Mar 2018
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A une année de l’élection présidentielle d’avril 2019, la décantation commence à se faire. Et si les candidats au scrutin ne sont pas encore connus, les lignes commencent à bouger dans la classe politique. A commencer par l’opposition qui met fin à l’illusion de l’unité qu’elle a voulue montrer depuis 2014. En quelques semaines, une ligne de fracture a commencé à apparaître dans les rangs de l’opposition. Les islamistes, devenus alliés des démocrates en 2014, sont de nouveau infréquentables pour l’opposition laïque. Et si cela n’était pas beaucoup assumé dans le passé récente, les langues commencent à se délier. Des figures du camp démocratique s’en prennent ouvertement aux chefs de la mouvance islamiste et assument désormais leur différence. Le premier responsable politique, qui a appelé publiquement à la rupture d’avec les partis islamistes ; est Sofiane Djilali. Dès 2017, le chef du parti Jil Jadid a demandé, publiquement, d’enterrer la Plate-forme de Zéralda qui réunit diverses factions de l’opposition. L’homme a justifié son geste par la volonté de certains responsables du MSP de s’allier avec les partis du pouvoir. Plus que cela, le chef politique s’en est violemment pris à tous les partis qui ont accepté de participer aux élections législatives et locales de l’an dernier. L’homme appelle désormais à un candidat unique de l’opposition. Une option que ne pourra pas remplir un islamiste. L’autre facette de cette fracture est à chercher dans le Congrès du RCD. Le rendez-vous organique du Rassemblement pour la Culture et la Démocratique a été une occasion pour de grandes figures de la classe politique de se rencontrer ; de Ali Benflis, à Sid-Ahmed Ghozali, en passant par Karim Tabbou, tout le monde était là, sauf les islamistes. Ces alliés conjoncturels, choyés en 2014, sont soudainement devenus infréquentables. Et l’ancien chef du RCD, Saïd Saâdi, qui se présente en rassembleur du courant démocratique en prévision de l’élection présidentielle, a donné le coup de grâce. Dans une tribune publiée il y a deux semaines, l’homme politique a brocardé le courant islamiste à qui il demande de présenter des garanties de sa bonne foi. De l’autre côté, les islamistes ne cachent pas non plus leur « retrait » d’avec leurs alliés laïcs. Les deux importants leaders de la mouvance, à savoir Abderrazak Makri et Abdellah Djaballah, ont affiché publiquement leur volonté d’adouber un candidat unique de leur courant. Mais là aussi, les deux figures ne partagent pas grand chose en dehors de fréquenter des mosquées et de nourrir le rêve de voir un « barbu » arriver au pouvoir ; les guerres de leadership n’épargnent plus aucun parti ou courant politique. Et à une année de l’élection présidentielle, les divisions sont très vives y compris à l’intérieur des partis politiques. C’est le cas du MSP dont le Congrès se prépare dans des conditions de luttes acharnées que se livrent Abderrazak Makri, Aboudjerra Soltani et Abdelmadjid Ménasra. Du coté du pouvoir, on regarde cela avec « amusement ». Surtout que chez les partis du sérail, un seul candidat du « consensus » fera l’affaire !

Akli Ouali

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