Après une visite de 15 jours

Le FMI critique envers l’économie du pays

14 Mar 2018
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La mission d’experts du FMI, qui vient d’achever une visite de 15 jours en Algérie, est sans ambiguïtés. Le communiqué signé par le Chef de mission, Jean-François Dauphin, s’apparente en termes à peine mesurés à un véritable réquisitoire contre la démarche mise en œuvre par le gouvernement depuis un peu plus de 6 mois.  « Depuis la fin 2017, les autorités ont modifié leur stratégie macroéconomique à court terme. Pour stimuler la croissance et la création d’emplois, elles ont adopté un budget expansionniste pour 2018, dont le déficit sera financé principalement par la banque centrale, et ont renforcé les barrières à l’importation. Elles entendent reprendre la consolidation budgétaire à compter de 2019, en vue de rétablir l’équilibre budgétaire en 2022 ». Le point de vue du FMI sur ce virage économique ne laisse pas beaucoup de place au doute. Il risque purement et simplement d’aggraver les déséquilibres dont souffre déjà l’économie algérienne. Un point de vue exprimé avec une franchise très inhabituelle et presque brutale : « La mission partage le double objectif des autorités de stabiliser l’économie et promouvoir d’une croissance plus durable et plus inclusive, mais elle considère que le nouveau dosage de politique économique à court terme est risqué et pourrait entraver la réalisation de ces objectifs. Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé ». Parmi les sujets évoqués principalement, le premier a été celui de la planche à billets. Pour la mission du FMI les choses sont claires : « Il est possible de renforcer les finances publiques graduellement. La consolidation budgétaire est nécessaire pour ajuster le niveau des dépenses au niveau réduit des recettes, mais elle peut se faire à un rythme régulier sans recourir au financement monétaire de la banque centrale ». Jean François Dauphin précise en conférence de presse : «Les expériences internationales montrent que le financement monétaire du déficit budgétaire entraîne un risque d’accélération de l’inflation ». Si l’État est forcé d’y recourir « il convient de limiter les montants empruntés et la durée de l’endettement ». Il ajoute que, dans une telle situation, « la Banque centrale doit jouer son rôle de garant de la stabilité des prix en réabsorbant une partie de la liquidité créée par le financement monétaire ».

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