Benflis critique Bensalah

Un réquisitoire qui ne dit pas tout

11 Mai 2019
378 fois

Ali Benflis rejette l’offre de dialogue lancée par Abdelkader Bensalah, et qualifie ce dernier de  « pur produit » des forces anticonstitutionnelles. « Ces forces l’ont ramené à son poste actuel après avoir prolongé depuis quelques mois son mandat à la tête du Conseil de la Nation.»  Est-il pensable de dialoguer avec un interlocuteur qui symbolise tous les drames qui ont frappé le pays ? Est-il pensable de dialoguer avec une personnalité avec un passé aussi détestable et attendre d’elle de l’aide alors que nous œuvrons pour se débarrasser d’un système auquel cette personnalité a appartenu et était un de ses piliers les plus solides ? Cette personnalité n’a pas de légitimité ni de crédibilité ni de confiance. Nous ne pouvons compter sur elle pour organiser une élection présidentielle décisive pour le pays », a-t-il attesté dans une interview-réquisitoire, accordée au quotidien arabophone El Khabar et reprise par plusieurs sites électroniques, dont TSA. Selon l’ancien chef de gouvernement, qui a réagi favorablement, le 2 mai dernier à l’appel au dialogue lancé par le chef d’état-major de l’ANP, en le considérant « l’essence de toute action politique », les consultations de Bensalah constituent une « diversion » et des « manœuvres dilatoires, dont le seul but est de sauver le régime politique en place ». Pourtant, le 30 avril dernier, à l’école des forces spéciales de Biskra, Gaïd Salah avait pris une position claire en faveur d’un dialogue constructif avec les institutions de l’Etat » et l’a qualifié d ’ « unique moyen pour sortir de la crise ». Le président de Talaie El-Houriat est bien placé pour savoir que le chef d’Etat par intérim est un simple pion, qui n’a aucune emprise sur les événements. Durant toute sa carrière, il n’a été qu’un serviteur zélé et un acteur effacé. Ali Benflis ne peut l’ignorer. Il parle d’un dialogue « producteur de solutions qui doit obéir à des conditions et avoir « un cadre clair », mais évite soigneusement d’aller au fond du problème et d’appeler les choses par leur nom. Selon lui, le dialogue doit réunir qui avec qui ? Sans aller plus loin, il se contente de dessiner le profil de celui qui doit appeler au dialogue sans l’identifier. « Avant tout, celui qui appelle au dialogue doit avoir la légitimité, la franchise et la crédibilité. Le dialogue doit pouvoir sortir le pays de l’impasse et donner le coup d’envoi pour la construction d’une ossature politique nouvelle à travers l’organisation d’une élection présidentielle qui ne doit pas faire l’objet de contestation ou de doute », a-t-il souligné, sans aucune précision. Selon l’ancien chef de gouvernement, les conditions pour la tenue de la présidentielle le 4 juillet 2019 ne sont pas réunies. L’article 102, « qui encadre la prochaine élection présidentielle », contient des mines à retardement : « S’appuyer sur cet article et l’appliquer d’une manière stricte sont au cœur de l’impasse politique actuelle. Compte tenu de la profondeur de cette impasse et des difficultés qui empêchent toute sortie d’elle, respecter le rendez-vous retenu constitutionnellement de la prochaine présidentielle devient hors d’atteinte », a-t-il soutenu. Mais qui a la possibilité d’imposer une autre voie ? Ce n’est certainement pas Abdelkader Bensalah, et Ali Benflis le sait. Celui-ci dit préférer l’élection présidentielle comme « le chemin le plus court et le moins coûteux » pour arriver « au changement démocratique voulu », à la place d’une Assemblée constituante dont la mise en place prendrait « beaucoup de temps ». Quels sont les mécanismes à mettre en œuvre pour activer ce choix, et quelles sont les personnalités que le« Hirak » adoubera ? Ali Benflis n’en dit pas plus.

Mohamed Mebarki

Évaluer cet élément
(2 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85