Incarcération de Louisa Hanoune

Entre solidarité formelle et spéculations

11 Mai 2019
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L’incarcération de Louisa Hanoune continue de faire réagir la classe politique, qui dénonce les circonstances dans lesquelles, la présidente du Parti des Travailleurs a été mise aux arrêts, mais se contentent de déclarations et de commentaires vides de sens. Solidaire par la parole, les partis politiques et les organisations ne sont pas en mesure d’aller vers une action commune. Compromise d’une manière ou d’une autre, l’opposition est dans une position inconfortable, qui ne lui permet aucun mouvement. Pour les Algériens en général et le « Hirak » en particulier, l’arrestation de Louisa Hanoune, dont on dit qu’elle avait été convoquée dans le cadre de l’enquête sur le « complot contre l’autorité de l’armée » et « atteinte à l’autorité de l’Etat » où sont déjà inculpés, Saïd Bouteflika, Mohamed Mediene et Athmane Tartag, est un non événement. Si pour la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme, cette incarcération décidée par le tribunal militaire de Blida ouvre la voie à « tous les scénarios et à toutes les dérives », et « une escalade qui nous inquiète à plus d’un titre », soutient la LADDH, pour de nombreux citoyens interrogés sur le sujet, il y a lieu d’être prudent et de ne pas s’emporter sur une question, dont on ignore plusieurs aspects. Louisa Hanoune est présente sur la scène politique bien avant l’ouverture démocratique décidée en février 1989. Son parti est sorti de la clandestinité dans des circonstances intrigantes, comme c’est le cas pour d’autres autres partis. Elle est considérée comme l’une des boîtes noires de l’Etat profond. Elle en sait des choses, et sa mise en détention provisoire par le Tribunal militaire de Blida, jeudi dernier, ne doit pas être vu sous un angle « affectif ». Son parti y voit « une dérive gravissime et un acte de criminalisation de l’action politique indépendante et l’expression d’une volonté de mise au pas des militants et activistes par le pouvoir de fait ». Sans citer Louisa Hanoune et son incarcération, le président du RCD a écrit : « Les caractéristiques du coup militaire apparaissent jour après jour, par le contrôle militaire de la décision politique et l’exercice de la justice par des ordres. J’ai écrit dès le début qu’au lieu de la période de transition, ils nous ont imposé une période trompeuse, avec une justice spectaculaire, sélective, de représailles. Les pays sont gérés comme des casernes où il n’y a pas de place pour la discussion, la critique. Imposer le système des casernes dans la vie sociale mène à la tyrannie ». Abdelouahab Fersaoui, le président de l’association RAJ voit dans l’arrestation de Louisa Hanoune « un acte de défiance, révélateur de la volonté du pouvoir réel incarné par le chef d’État-Major de faire passer de force son agenda consistant à maintenir le système en organisant les élections du 4 juillet malgré son rejet par le peuple algérien ». Quant à Sofiane Djilali, président de Jil Jadid, « la mise en détention préventive de Mme Louisa Hanoune, première responsable d’un parti politique, pose clairement la question des libertés politiques et interroge sur les véritables intentions du nouveau pouvoir. Faisant suite à une série d’arrestations d’anciens responsables du pays et d’hommes d’affaires, ce dernier acte fait peser de lourdes présomptions sur l’orientation que prend le cours des événements. L’implication de la justice militaire suppose des actes gravissimes des prévenus, tous civils ou retraités de l’armée ». Au moment où Le FFS « dénonce et condamne énergiquement l’arrestation » de Louisa Hanoune, en estimant qu’il s’agit d’ « un acte arbitraire et abusif ». Et si la vérité est ailleurs ?

Mohamed M

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