Vendredi xIII

Le peuple veut une transition

19 Mai 2019
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Les poursuites judiciaires en série contre des anciens hauts responsables, et la présentation d’une soixantaine d’entre eux, le même jour, devant le procureur général près le tribunal de Sidi M’hamed, n’a pas réussi à infléchir la détermination des Algériens à se débarrasser, non seulement des symboles du régime, mais du caractère despotique, clientéliste et prédateur, qu’il a transformé en ligne de conduite, depuis l’indépendance. Depuis le 22 février, la barre des revendications populaires n’a cessé de monter, dans un contexte, qui remplit tous les critères d’une révolution. L’arrivée au tribunal de toutes ces personnalités, qui, il n’y a pas si longtemps, faisaient la pluie et le beau temps, a certes été accueillie avec plaisir par le citoyen lambda, qui n’hésitait pas à comparer sa situation sous le régime de Bouteflika et sa dynastie à celle de l’indigène du temps de l’occupation, mais n’a eu aucun impact sur l’ambiance générale. Elle n’a pas détourné les Algériens de leur objectif majeur, engagés qu’ils sont à opérer une rupture définitive avec l’ancien système. Plus que jamais, ils sont décidés à aller jusqu’au bout de leur effort, pour s’approprier leur Etat et leur citoyenneté. Plus que jamais, « Yetnahaou gaâ » est devenu l’hymne rassembleur de toutes les régions du pays. Ceux qui s’attendaient à un essoufflement du mouvement, à cause de la fatigue, du Ramadhan, de la routine et du manque de perspectives, ont été fortement déçus. La mobilisation a été intacte ; et le bouclage d’Alger et Bordj Bou-Arréridj, désormais appelée la capitale du « Hirak », vendredi matin, avant d’être relâché en milieu de journée, prouve qu’en haut lieu, on est conscient de la profondeur du mouvement. Durant ce 13ème vendredi, les Algériens se sont une nouvelle fois prononcés en référendum contre la tenue de l’élection présidentielle que le président de l’Etat Bensalah et le chef d‘État-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah veulent absolument tenir le 4 juillet. Le rejet est clair, net et irréversible. Le peuple exige une transition démocratique, parrainée par des personnalités consensuelles, qui n’ont jamais été compromises avec l’ancien régime ou sa périphérie mafieuse. Le pouvoir réel et non formel les a déjà identifiées. Plus que jamais déterminé à recouvrer le droit de disposer de lui-même, le peuple algérien, dans toute sa diversité, les connait et sait que ces personnalités honnêtes et intègres, sont en mesure d’éviter une «alternance clanique» fatale. En plus de son attachement indéfectible à ses revendications politiques, le peuple algérien sorti massivement dans la rue, aura aussi prouvé sa grande capacité à supporter la pression, la chaleur, la fatigue et par-dessus tout, la faim en ce mois de Ramadhan pour signifier qu’il ne lâche rien. Le peuple marcheur, qui a suscité l’admiration du monde entier et a rendu leur dignité aux Algériens, a été explicite depuis le début ; il veut un Etat de droit et une véritable démocratie. Et cette fois, les Algériens ont mis toutes leurs capacités pour concrétiser leur rêve et celui de leurs parents. D’ailleurs, ils l’ont fait entendre au chef d’État-major, obligé de revoir sa feuille de route, au risque de perdre toute sa crédibilité. Quoi qu’il en soit, il n’est pas sûr que l’appel lancé conjointement par Ahmed Taleb Ibrahimi, Ali Yahia Abdennour et Rachid Benyelles soit entendu par tous les Algériens. Ces trois personnalités ont certes le droit de s’impliquer et de proposer ; mais leur réveil n’est-il pas tardif ?

Mohamed Mebarki

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