Commission d’enquête sur la mort de Kamel Eddine Fekhar

Des avocats déterminés à tirer l’affaire au clair

03 Jui 2019
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Dans une interview accordée à TSA, mise en ligne hier, Me Salah Hannoun, avocat et défenseur des droits de l’Homme est revenu longuement sur la mort de Kamel Eddine Fekhar. Ayant appelé à l’ouverture d’une information judiciaire sur ce drame, estime qu’il est « inconcevable, pour lui et ses confrères, de ne pas donner de suites politico-judiciaires à la mort de Kamal Eddine Fekhar, un défenseur des droits humains et un démocrate pacifiste et humaniste ». S’appuyant sur les déclarations de Salah Debbouz, qui n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme sur le traitement inique réservé au détenu Fekhar alors en grève de la faim, Me Salah Hannoun réclame des explications de la part de l’Ordre national des médecins quant aux défaillances, constatées et dénoncées, dans la prise en charge médicale du Dr. Fekhar durant son incarcération. « Ce silence assourdissant du corps médical, mis en cause publiquement dans le décès d’un militant, médecin de surcroît, me laisse dubitatif », dit-il, avant d’accuser à son tour les autorités judicaires, « qui ont ostensiblement failli à leur devoir de protection ». Selon lui, si les alertes lancées par Salah Debbouz avaient été prises au sérieux, « ce drame n’aurait jamais eu lieu ». « À minima donc, c’est non-assistance à personne en danger. À maxima, c’est un homicide. Politiquement, volontaire est cet homicide. Judiciairement, c’est à la justice de le qualifier, de volontaire ou pas, au prorata des dramatiques faits et à la lumière des dispositions pénales », estime-t-il dans des propos, qui donnent froid au dos. À propos de la commission d’enquête installée par le ministère de la Justice, l’avocat reste sceptique ; car il sait bien qu’en Algérie, lorsqu’on veut enterrer une affaire, on lui crée une commission. Cette sentence, qui n’est pas tombée du ciel, traduit bel et bien une triste réalité, que les pouvoirs publics ne pourront pas nier. La preuve, aucune des commissions installées auparavant n’ont abouti à des résultats probants. Que ce soit au sujet de l’assassinat de Mohamed Boudiaf, où la commission avait opté d’une manière expéditive à l’acte isolé, ou le printemps noir en Kabylie où le rapport de la commission Mohand Issad fut ignoré par la Présidence et tous ceux qui prétendaient chercher la vérité sur la mort du jeune Massinissa Guermah. Concernant cette commission, Salah Debbouz, avait fait des déclarations embarrassantes pour les pouvoirs publics. Il a tout simplement affirmé avoir reçu un appel d’un gardien de la prison de Ghardaïa, lui demandant de ne pas citer son nom, l’informant qu’une centaine de détenus viennent d’être transférés vers d’autres prisons dans d’autres wilayas. Selon le témoignage de l’avocat, l’administration pénitentiaire n’a pas attendu pour procéder au maquillage de la réalité. Salah Debbouz a même demandé à être entendu par les membres de cette commission. Son témoignage pourrait enfoncer davantage Mohamed Bensalem, le procureur général, qui devrait alors s’expliquer sur les raisons qui l’ont poussé à interner Kamel Eddine Fekhar.

M.M

 

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