Il fut l’un des pionniers de la presse indépendante

Fouad Boughanem tire sa révérence

06 Jui 2019
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Le directeur de la publication du quotidien Le Soir d’Algérie, Fouad Boughanem, s’est éteint hier à l’âge de 65 ans, après une longue lutte contre la maladie. L’enterrement a eu lieu le même jour, au cimetière de Dély Brahim, en présence d’une foule immense composée de confrères et consœurs, d’hommes politiques et de citoyens venus accompagner à sa dernière demeure un des vétérans de la presse écrite en langue française. Le défunt fait partie de l’ossature, qui donna naissance au titre, en septembre 1990, en compagnie des autres membres fondateurs, Maâmar Farah, Zoubir Souici , Djamel Saïfi et feu Mohamed Bedrina, tous des transfuges de la presse publique. Il était respecté et apprécié de tous, aussi bien dans la corporation, que dans le monde politico-médiatique. Avant l’avènement de l’ouverture démocratique, initiée sous la présidence de Chadli Bendjedid et accompagné sur le terrain par Mouloud Hamrouche, alors chef de gouvernement, l’ensemble des fondateurs des titres privés, y compris Le Soir, exerçaient soit à El Moudjahid ou Horizons. Certains d’entre eux ont même collaboré à El Hadef, l’ancêtre des hebdomadaires sportifs, aujourd’hui disparu. Fouad Boughanem a vécu la terreur des années rouges, où pas moins de 100 journalistes furent assassinés, dans des circonstances atroces. Le 11 février 1996, il fut l’un des miraculés, qui échappèrent de justesse à l’attentat à la voiture piégée, perpétré contre le journal. L’attentat en question fit 29 morts, dont trois journalistes du Soir, Allaoua Aït Mebarek, Mohamed Dhorban et Mohamed Derraza. La folie meurtrière des terroristes a obligé la rédaction du Soir à faire du nomadisme, en comptant sur la solidarité agissante des confrères, particulièrement El Watan, avant d’élire domicile dans son actuel siège. En plus de cette tragédie, qui le marqua à jamais, Fouad Boughanem eut sa part d’interpellations et connut le harcèlement policier pendant plusieurs années. Ils sont au moins 18 journalistes à avoir été condamnés à la prison ferme par la justice au cours de la seule année 2005. Parmi eux, figurait en tête de liste, Fouad Boughanem, Farid Alilat, Sid Ahmed Sémiane , Ali Dilem et Nacer Belhadjoudja. Défenseur acharné de la liberté d’expression, il consacra toute sa vie à lutter en faveur de ce principe. Il rendit son dernier souffle au moment où souffle sur l’Algérie, un vent de liberté porteur de tous les espoirs. Paix à son âme.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mercredi, 05 juin 2019 19:17
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