Ouyahia et des ministres entendus

Les Tahkout en prison

11 Jui 2019
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Mandats de dépôts en série, des mises sous contrôle judiciaire et des interminables auditions ; l’ouverture du dossier de l’homme d’affaires Mahiedine Tahkout et ses proches s’est avérée être une vraie boîte à Pandore. A l’aube du deuxième jour du traitement de l’affaire, les premières décisions sont tombées. Très tôt dans la matinée d’hier, le juge d’instruction près le Tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a décidé de mettre sous mandat de dépôt quatre membres de la famille Tahkout. Il s’agit, en plus du patron Mahiedine, de son fils Bilal et de deux de ses frères, Rachid et Hamza. La Justice les soupçonne d’avoir perçu « d’indus avantages », d’être des corrupteurs et d’avoir dilapidé l’argent public. « On a décimé toute une famille », a dénoncé, dans la foulée, l’avocat de la famille Khaled Bourayou. Pour lui, le juge aurait pu se suffire de contrôles judiciaires pour ne pas bloquer le fonctionnement des entreprises Tahkout qui emploient plus de 14000 personnes. En plus des membres de la famille Tahkout, l’ancien Pdg de l’ETUSA, l’entreprise des transports urbains et suburbains d’Alger, l’ancien Directeur général de l’ONOU, l’office national des œuvres universitaires et l’ancien Pdg de Mobilis ont également été écroués. Ces responsables sont notamment poursuivis pour avoir notamment offert des marchés publics aux Tahkout. Cette société a acquis le monopole sur les transports universitaires dans une dizaine de villes universitaires du pays et est présente dans la quasi-totalité des établissements de l’Enseignement supérieur dans le pays. Dans certaines villes comme Alger, la société des transports perçoit de l’argent sur un nombre de bus mis à disposition supérieur à la réalité du terrain. Jusque tard en soirée, les auditions se poursuivaient avec une centaine de cadres représentant les départements des Transports, de l’industrie, de l’Enseignement supérieur, de la wilaya d’Alger et de l’ANDI, l’agence nationale de développement de l’Investissement. Ce sont ces départements et services qui ont permis à l’homme d’affaires de se constituer une fortune colossale en l’espace de quelques années seulement. En plus de ces cadres, d’anciens ministres et anciens walis ont également été entendus par les juges. Il s’agit de Ahmed Ouyahia, de Abdelmalek Sellal, Youcef Yousfi, Boudjemaa Talaï. D’autres responsables, anciens et actuels, suivront. Mais ces anciens ministres sont sortis libres parce qu’ils bénéficient du privilège de la juridiction. Leurs dossiers seront transmis à la Cour suprême qui les traitera. Le groupe Tahkout, jadis présent dans les transports, s’est élargi à la concession automobile. Depuis 2016, il assemble les véhicules de la marque sud-coréenne Hyundai. Il a également construit une usine de fabrication de plaquette de freins, lancé une chaîne de télévision et acquis des terres agricoles à Saïda, El-Bayedh et Sétif. Des acquisitions qui font l’objet aujourd’hui d’enquêtes judiciaires.

Akli Ouali

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