Incarcération de la famille Tahkout

C’est une décision politique, estime Me Bourayou

11 Jui 2019
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La mise sous mandat de dépôt de Mahiedine Tahkout est, selon Khaled Bourayou, « le résultat d’un harcèlement médiatique ». Le célèbre avocat, réputé d’ailleurs pour son engagement sans failles aux côtés de la presse indépendante, à chaque fois que des journaux sont trainés devant la Justice, a qualifié le verdict d’ « effroyable ». Pour lui, il ne fait aucun doute : l’homme d’affaires a été « jeté en pâture ». Venant d’une des figures emblématique du barreau, ces propos soulèvent de nombreuses questions, qui ne doivent en aucun cas passer sous silence. Khaled Bourayou ne se serait jamais aventuré à défendre un homme accusé de « blanchiment d’argent », de « détournements » et d’ « accès à des privilèges », sans avoir été sûr et certain que son client n’est qu’une pièce d’un mécanisme, dont le système de commande est non seulement sophistiqué mais puissant, au sens le plus large du terme. L’avocat, qui a dénoncé cette justice expéditive, sait que son client n’est ni un enfant de chœur, ni un homme exempt de tout reproche ; il a surtout voulu exprimer son refus de le voir endosser le costume du bouc émissaire alors que ceux qui ont fait de lui « le plus riche vulcanisateur du pays », demeurent hors d’atteinte. Mahiedine Tahkout n’est pas devenu ce qu’il est de par la grâce d’une baguette magique, dont lui seul connait les vertus. L’  « homme au mille bus », qui se permettait le luxe d’entrer sans frapper dans le bureau d’Abdeslam Bouchouareb, l’ancien ministre de l’Industrie, ne s’est pas retrouvé propriétaire d’un jet privé, en gagnant au loto ou à la suite d’un héritage providentiel. C’est en jouant le rôle ô combien rémunérateur mais ingrat, d’homme-lige, à la solde de ses véritables sponsors, qu’il a pu ramasser une fortune, dont la grande partie prend la direction de comptes numérotés en Suisse et ailleurs. Khaled Bourayou sait exactement dans quelles circonstances, Mahiedine Tahkout est devenu miraculeusement le partenaire exclusif de Hyundai, au moment où Issad Rebrab allait décrocher le contrat avec le constructeur coréen. C’était clair. Son client a été utilisé par des cercles influents afin de servir un agenda politique. Selon lui, il est inconcevable qu’aujourd’hui, on l’incarcère sans aucune forme de procès, alors qu’il aurait pu bénéficier d’un traitement conforme à sa position sur l’échiquier des corrupteurs et des corrompus. L’avocat semble avoir une idée précise concernant l’identité de ceux qui ont l’intention de sacrifier Mahiedine Tahkout. Il est apparu en colère, non pas parce qu’il estime que son client est innocent, mais surtout pour dénoncer une certaine volonté à tout mettre sur le dos d’un seul homme. Pour Khaled Bourayou, il s’agit d’ « une décision politique », traduisant un parti-pris flagrant et une situation de fait accompli, dont le but est de servir de diversion pour occuper l’opinion publique. Pour rappel, Mahiedine Tahkout a été refoulé le 31 mars dernier au niveau de l’aéroport Houari Boumediene d’Alger, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. Depuis, son jet privé est cloué au sol, au moment où les véritables barons d’un empire, qui pèse plus de deux milliards de dollars s’affairent à dissimuler toutes les preuves les impliquant directement.

Mohamed Mebarki

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