limogeage en série dans la haute administration

La «débouteflikisation» au pas de charge

12 Jui 2019
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Une entreprise de «débouteflikisation» des institutions publiques est en train de se poursuivre depuis qu’Abdelkader Bensalah est arrivé à El Mouradia et son statut de président par intérim ne semble pas le gêner pour signer des décrets de limogeage en cascade. A peine ses marques prises à la Présidence de la République, Bensalah n’y est pas allé. de main morte Quasiment, tout le personnel laissé par Bouteflika s’est vu indiquer la porte de sortie. Mohamed Rougab, secrétaire personnel de « Fakhamatouhou », Habba  El Okbi, secrétaire général, Mokhtar Reguieg, directeur du protocole, Benamar Zerhouni, la plume du président pendant 20 ans sont débarqués.  Un premier coup de balai qui connaîtra des répliques, puisque le directeur de la sécurité présidentielle, des directeurs de plusieurs services centraux seront touchés. Quelques postes comme celui du directeur du protocole et de la sécurité sont pourvus par des proches de Bensalah qui étaient avec lui au Conseil de la Nation. L’opération est menée en parallèle au sein des grandes entreprises dont les patrons, quasiment tous désignés par Said Bouteflika, sont débarqués. Successivement, Sonatrach, Sonelegaz, les Douanes, Air Algérie, l’aéroport, Naftal, l’entreprise portuaire, pour ne citer que ces « boîtes » dédiées aux copains et aux coquins sont passées à la moulinette.   Et le « nettoyage » va probablement continuer, car des proches de Said, le chef des « forces extraconstitutionnelles », il en reste encore. Et en grand nombre. Le secteur des médias, qui a cristallisé la colère des professionnels et des partis politiques a subi lui aussi un grand coup de bistouri. Télévison, Radio, Autorité de régulation sont touchés. Mais c’est surtout le départ du patron de l’ANEP, longtemps utilisé par le pouvoir pour distribuer la manne publicitaire pour les uns (qui ont fait allégeance) et en priver les autres (qui sont frondeurs) qui est symptomatique de ce changement qui s’apparente à une sorte de révolution silencieuse. Avant-hier Abdelkader Bensalah a mis une sorte de deuxième couche dans les secteurs de la Justice. Car après la nomination du procureur général de la Cour suprême, Belkacem Zerghmati,  mis au placard par Tayeb Louh dans le cadre de l’étouffement de l’affaire Chakib Khellil, des cadres du ministère sont priés de faire valoir leurs droits à la retraite. Un grand nombre était des obligés de l’ex ministre Tayeb Louh. Comme par exemple la présidente de la Cour de Tipasa, qui se trouve être la femme de l’actuel parton de la Gendarmerie, le général Belekssir. Un haut cadre du Ministère des  Affaires étrangères, qui n’était pas en odeur de sainteté du temps de Bouteflika, nous a fait savoir que les changements toucheront également l’appareil diplomatique. Tous les protégés de Said, en poste depuis plusieurs années (sans retour à la centrale) auront à choisir entre la retraite (comme par exemple l’indéboulonnable Abdelkader Bensalah) ou le retour à Alger. Notre interlocuteur nous a indiqué que certains de ces diplomates, qui voyaient prolonger leur mission avec le cinquième mandat font des cauchemars à l’idée de devoir quitter leurs sinécures.

H.Khellifi

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