A la veille de l’audition de 12 ex-hauts responsables

« Réaménagement » surprise à la Cour suprême

12 Jui 2019
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La présidente de la Cour de Justice de Tipasa a été limogée. Nommée à ce poste par le président déchu et installée en décembre 2013 par Tayeb Louh, Fatiha Boukharsa n’a pas attendu très longtemps pour ajuster son emprise sur une wilaya, transformée, durant les 20 dernières années, en un paradis de la corruption et des scandales liés au foncier. Son nom et sa réputation ont vite dépassé les limites de cette wilaya côtière aux potentialités agricoles et touristiques illimitées, depuis que son mari est devenu le nouveau commandant de la gendarmerie nationale. En effet, Ghali Belkecir a été nommé le 4 juillet 2018 à la tête de ce corps de sécurité dépendant du ministère de la Défense Nationale, en remplacement du général-major Menad Nouba, dont le règne a duré moins de 3 ans. Fatiha Boukharsa a donc fini par renforcer sa présence et étendre son influence, grâce à la nouvelle position de son mari. Mais qui aurait cru qu’un jour viendrait où elle sera démise de ses fonctions, d’autant plus, que son époux était considéré comme un des principaux alliés de Gaïd Salah ? Ce jour est venu plutôt que prévu, dans un contexte marqué par un spectaculaire mouvement de contestation mené, depuis le 22 février, par plus de 20 millions d’Algériens. Le limogeage de Fatiha Boukharsa intervient à un moment où les scandales fonciers à Tipasa continuent de défrayer la chronique. Dans cette contrée, dominée par les prébendiers et les spéculateurs de toutes espèces, les lois de la république ont fini par être bafouées, au vu et au su de tout le monde et en toute impunité. Sa mise à l’écart de cette façon, et en ce moment, est vue par certains observateurs comme un signe de disgrâce destiné à son époux. Dès lors, la question de savoir si Ghali Belkecir aurait été lâché par Gaïd Salah, ne serait plus une vue de l’esprit ou le fruit d’une spéculation de journaliste, mais une hypothèse imposée par la réalité. La révocation de Fatiha Boukharsa annonce-t-elle, par extension, le début d’un vaste mouvement dans le corps de la gendarmerie nationale ; à commencer par son époux ? En tous les cas, elle est loin d’être ordinaire. L’opinion publique n’a pas tardé à faire le rapport entre le limogeage de cette magistrate influente et la disgrâce, qui pourrait toucher son mari. Un autre fait, qui suscite déjà des interrogations : les nominations d’Abderrachid Tabi, premier président de la Cour suprême, d’Abderrahim Madjid, procureur général près la Cour Suprême, à la veille de l’audition de 12 anciens hauts responsables, dont Ouyahia et Sellal, par la Cour suprême, ne manqueront pas de donner lieu à toutes sortes d’interprétations. Ce « réaménagement » au niveau de la Cour Suprême n’est ni anodin, ni ordinaire. Ses motivations ne pourraient être que politiques. A travers ces nouvelles nominations, le pouvoir réel a certainement voulu transmettre des messages codés aux concernés et à leurs cercles protecteurs. Les jours à venir vont apporter leur lot d’informations. Selon un ancien juge, qui s’est confié au journal El Bilad, Ahmed Ouyahia risque gros, et son emprisonnement n’est pas écarté.

Mohamed Mebarki

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