Il a estimé que l’expansion du Covid-19 est exponentielle

Un professeur tire la sonnette d’alarme

29 Jui 2020
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En dehors des membres du comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus en Algérie, dont les déclarations publiques s’inscrivent plus ou moins dans une démarche concertée et encadrée par le devoir de réserve, la communauté scientifique et médicale, notamment les praticiens les plus médiatisés, ne semblent pas parler d’une seule voix. Face à l’expansion de l’épidémie, quelques professionnels de la santé publique n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme, au moment où d’autres adoptent des attitudes modérées, dans le but évident de ne pas s’aventurer dans un débat, qui risque de leur échapper. Au moment où Abderrahmane Benbouzid, le ministre de la Santé, qui est aussi président du comité scientifique de suivi de l’épidémie du coronavirus en Algérie, et Mohamed Bekkat Berkani, membre de cette structure, évoquent un probable reconfinement local, ciblant les « localités à forte contamination », estimant d’une manière indirecte que la situation reste sous contrôle, le professeur Djamel Eddine Nibouche, chef du service cardiologie au CHU Nafissa-Hamoud (ex-Parnet) d’Hussein-Dey à Alger, donne le signal d’alerte, en considérant que l’expansion virus Covid-19 en Algérie est « exponentielle » et que « la situation risque d’exploser et de devenir peut-être incontrôlable ». « Nous n’avons plus le plateau d’avant d’après les chiffres que nous avons, mais il y a une croissance exponentielle, la situation risque d’exploser et va devenir peut-être incontrôlable. Tout cela était prévisible parce qu’il n’y a pas eu de gestes barrière juste après le déconfinement et nous avons vu que la population n’a pas suivi les restrictions que le gouvernement et le ministère de la Santé ont préconisées », a-t-il déploré, jetant ainsi toute la responsabilité sur le citoyen. Pour lui, la situation est « inquiétante », vu que le nombre de malades à confiner dans les hôpitaux ne cesse d’augmenter. « Les hôpitaux seront complètement surchargés, nous ne pourrons plus faire admettre ces cas-là, donc il faut absolument une décision maintenant », a-t-il soutenu, avant de s’interroger. « Qu’allons-nous faire des malades Covid non compliqués, est-ce que nous allons leur donner leur traitement et leur dire d’aller chez eux ou allons-nous les confiner dans un autre endroit puisque les hôpitaux vont être saturés » ? Que faire dans ce cas ? « Je pense qu’il faut maintenant essayer de créer des centres d’isolement. C’est vraiment urgent de le faire pour confiner tous ces malades qui viennent et qui n’auront plus de place au niveau des hôpitaux. Parce que le rôle des hôpitaux maintenant c’est le confinement, or, l’hôpital n’est pas fait pour confiner le malade, mais pour traiter et prendre en charge des malades graves », a-t-il affirmé. La question à laquelle le professeur n’a cependant pas répondu est la suivante : vers quelles structures seront-ils orientés et quel personnel pour les prendre en charge ; alors que le ministre de la Santé a déjà noté que des « situations d’épuisement », des équipes médicales et paramédicales et le personnel de laboratoire ont été signalées au niveau de l’ensemble du territoire ?

M.M

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