Baisse des réserves de change

L’endettement extérieur exclu

30 Jui 2020
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« L’Algérie n’aura pas recours à l’endettement extérieur et agira de façon à sauvegarder la souveraineté de sa décision économique ». C’est le nouveau ministre des Finances, qui a tenu ces propos, dont la teneur est celle d’un engagement officiel, que l’Algérie aura du mal à assumer, en l’absence d’une véritable relance économique. Aymen Benabderrahmane, précédemment gouverneur de la Banque d’Algérie, avant de succéder à Abderrahmane Raouya à la tête du ministère des Finances, lors du récent remaniement gouvernemental, a donc définitivement écarté une telle option, en dépit de la baisse des réserves de changes et l’aggravation de la récession. Cette annonce a été faite, hier, lors d’une journée d’étude sur les réformes budgétaires, à laquelle le ministre a assisté. Elle intervient deux mois après celle du président de la République. « Nous n’irons ni au Fonds monétaire international, ni à la Banque mondiale car l’endettement porte atteinte la souveraineté nationale, une expérience que nous avons vécue au début des années 1990 », avait déclaré Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion d’une rencontre avec des responsables des médias nationaux. Même réplique concernant une éventuelle reprise de la planche à billets. « Nous préfèrerons emprunter aux Algériens, en leur donnant toutes les garanties nécessaires », avait soutenu le chef de l’Etat, n’écartant pas la possibilité de recourir au secteur informel, dont le poids financier est estimé entre 6 000 et 10 000 milliards DA. Abdelmadjid Tebboune avait même assuré aux propriétaires de fonds, qui contrôlent l’économie « souterraine », des facilitations, en contrepartie de leur contribution à l’économie nationale. Pour revenir au nouvel argentier du pays, il a promis une gestion rigoureuse des finances, en envisageant de mettre en place des « articulations entre les directions des finances sectorielles et son ministère, afin d’améliorer la situation du secteur des finances et fouetter le rythme des investissements économiques et d’avoir une visibilité à long terme ». « La priorité du ministère des Finances est la maîtrise des dépenses, dans l’efficacité et la transparence et leur orientation vers les investissements productifs », a-t-il indiqué, sans donner trop de précisions. A l’heure actuelle, l’Algérie est considérée comme le seul pays africain à ne pas se laisser entrainer vers le piège des « facilités de crédits auprès du FMI ou de la Banque Mondiale, refusant ainsi de se soumettre aux tenants du système financier international. Mais quelle sera l’alternative, qui sauvera le pays de la banqueroute, après le tarissement des réserves de changes, dans une conjoncture marquée par une urgence sanitaire, qui coûte cher au Trésor public, une économie gravement impactée par le recul des prix de pétrole, et une insignifiance des exportations hors-hydrocarbures, trop marginales pour contribuer au retour des équilibres financiers ? Les 1 000 milliards de dollars dépensés durant le règne du président déchu, et de la « Issaba », qui s’est accaparé du pouvoir à partir de 2014, n’auront pas servi à grand-chose.

Mohamed M

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