Nouvelle stratégie économique

Tebboune se trompe-t-il d’approche ?

09 Juil 2020
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Le président Tebboune a beau soutenir que l’Algérie n’est pas sous la menace d’une cessation de paiement, ce qu’il a encore affirmé dans son dernier entretien à France 24, la réalité est, hélas aux antipodes de cet optimisme, chiffres à l’appui. En effet, au rythme où la réserve de devises est sollicitée (il doit en rester quelque chose comme 50 milliards de dollars), du fait des importations incompressibles, auxquelles vient s’ajouter la facture de l’imprévisible Coronavirus, la situation devient plus que « préoccupante », selon des économistes indépendants qui font parler froidement les chiffres. C’est que le lancement de « la nouvelle stratégie économique », rabâchée depuis des années, plus comme un gadget politique, voire un slogan, n’a jamais connu de mode opératoire sur le terrain, comme la souligné encore hier sur les ondes de la radio l’économiste Abdelhak Lamiri. C’est dans cet esprit qu’il convient d’inscrire la réunion de travail convoquée mardi par le président de la République pour l’examen du « projet de Plan national de relance socio-économique ». Tous les ministres en charge des secteurs économiques y étaient (Finances, Energie, Commerce, Mines, Agriculture, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prospective)) pour plancher sur ce nouveau paradigme économique qui sera dans une deuxième étape, soumis au Conseil des ministres. Le communiqué de la présidence de la République précise que « Les ministres concernés ont présenté des exposés sur les mesures pratiques proposées pour la mise en œuvre du Plan d’action du Gouvernement, visant l’édification d’une nouvelle économie nationale sous-tendue par la diversification des sources de croissance, l’économie du savoir et la gestion rationnelle des richesses nationales. » La question est de se demander si la manière de procéder ainsi est la bonne. Car, comme n’ont de cesse de le répéter les experts, il ne s’agit pas de mesures techniques ponctuelles pour faire face à des situations d’urgence. Tout cela relève de la politique de la rustine, du bidouillage à la petite semaine. La situation va bien au-delà d’un conclave de quelques ministres. Le président Tebboune qui hérite d’une situation dont il n’est nullement responsable, aurait dû convoquer les états généraux de l’économie nationale en faisant appel à l’expertise de ce que compte l’Algérie de meilleurs comme économistes. Ce sont eux qui ont les données pour mettre en place la nouvelle doctrine économique de l’Algérie qui doit consacrer définitivement la rupture avec la dépendance aux hydrocarbures, comme moteur unique de l’économie nationale. Il y a urgence à définir une doctrine, un cap, les secteurs susceptibles d’assurer la fonction de relai à la rente pétrolière, en somme la fameuse stratégie globale telle que proclamée dans les discours des pouvoirs successifs, mais qui n’a jamais pu voir le jour, faute de volonté politique et de panne d’intelligence économique. Sauf que, contrairement aux années précédentes, où les réserves de change étaient encore disponibles, pour venir au secours d’un système économique anomique, ce n’est plus désormais le cas. Cette nouvelle stratégie, non seulement doit être mise en place, mais elle doit à court terme donner, en plus d’une visibilité, ses premiers fruits, sinon le recours au FMI deviendra incontournable.

H.Khellifi.  

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