Procès des frères Kouninef

Les masques vont-ils enfin tomber ?

10 Aoû 2020
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Le procès des frères Kouninef est prévu pour le 19 août prochain. Et il risque d’être retentissant, au vu des lourdes charges qui pèsent sur une fratrie, issus de l’une des familles les plus riches en Algérie, dont l’origine de la fortune demeure jusqu’à aujourd’hui entourée de zones d’ombre. Rédha, Abdelkader-Karim et Noah-Tarek, placés depuis le 24 avril 2019 en détention provisoire à la prison d’El Harrach, sont poursuivis pour « obtention d’avantages illégaux, blanchiment d’argent, trafic d’influence sur des fonctionnaires en vue d’obtention des avantages, surfacturation… ». Ils sont considérés comme l’un des clans, qui a tiré sa puissance financière de leur proximité avec Abdelaziz Bouteflika. Une proximité qui remonte aux années 70, bâtie sur les liens tissés entre leur père Ahmed Kouninef et le président déchu, alors que celui-ci occupait le poste de ministre des Affaires étrangères. La relation entre les deux hommes s’est encore renforcée durant la période « délestage » d’Abdelaziz Bouteflika au début des années 80, après que feu Kasdi Merbah lui ait enlevé tout espoir de succéder à Houari Boumediene. Des bribes concernant la nature de leurs rapports ont été évoquées par la presse, mais le fond de leur relation est toujours resté insondable. Après le décès d’Ahmed Kouninef, Abdelaziz Bouteflika devenu entre-temps président, à l’issue d’un scénario dont les auteurs sont connus, prend en charge les frères Kouninef, en leur accordant tous les privilèges imaginables et inimaginables, leur permettant de consolider leur empire, grâce à l’argent du pétrole et la règle de l’impunité. A vrai dire, leur trajectoire ressemble un peu à celui de Haddad, à la différence que les frères Kouninef avaient droit au contact direct avec le président, alors que l’ex-patron des patrons était obligé de traiter avec Saïd Bouteflika. L’enquête qui a abouti à leur incarcération aurait révélé la responsabilité directe du président déchu. Et de nombreuses personnalités du sérail et de sa périphérie sont citées dans le dossier des frères Kouninef. Parmi eux Saïd Bouteflika, Ahmed Tartag, Mokhtar Reguieg, Abdelkader Zoukh, Mahdjoub Bedda et Abdelghani Zaalane. Le quotidien Le Soir d’Algérie cite d’autres noms. « Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, Temmar Abdelwahid, Abdeslam Bouchouareb, Amar Tou, Houda Feraoun, Amar Ghoul, Nécib Hocine, Arkab Mohamed, Baraki Azzedine, Loukal Mohamed, Ould Kaddour, Abdelkader Zoukh, ainsi que d’anciens walis ou de responsables des douanes sont mentionnés par le même journal. Tout ce beau monde accordait des facilités illimitées aux frères Kouninef, selon la volonté du président déchu et de la dynastie des Bouteflika. Ce qui n’est pas de l’avis de leur avocat, cité par le Soir d’Algérie. « Ces hommes d’affaires activaient dans des sociétés parfaitement organisées… Ces personnes ont hérité de ces entreprises, elles n’ont rien créé », soutient-il. Concernant Souad Kouninef, la sœur, qui a fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé en juillet 2019, l’avocat souligne qu’elle « n’a rien à voir dans ce dossier ».

M.M

Dernière modification le lundi, 10 août 2020 13:32
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