Tebboune met fin à une horrible injustice

Le master et le doctorat pour tous

11 Aoû 2020
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Une bonne nouvelle pour les milliers de diplômés universitaires, qui ont été empêchés de poursuivre leurs études en post-graduation pour des raisons fallacieuses, créées de toutes pièces par une « bande » chargée exclusivement de veiller sur les privilèges d’une minorité de super-citoyens à qui le régime Bouteflika comptait confier l’avenir du pays. Privés de Master, de doctorats, pour la simple raison qu’ils sont majoritairement issus de couches populaires, des milliers de jeunes ont été sacrifiés par une politique antinationale et livrés au désespoir le plus absolu, particulièrement les étudiants, qui ont suivi des études en sciences sociales. Combien sont-ils les licenciés en sciences politiques, en sciences économiques, en psychologie, en sociologie, pour ne citer que ces filières, qui ont été forcés au chômage, à l’errance ou à la Harga, avec tous les risques que cette dernière aventure comporte ? Parmi eux, des génies en devenir, qui ne demandaient qu’à être bien encadrés, pour pouvoir servir l’Algérie, chacun selon sa spécialité ? En insistant sur l’impératif d’ouvrir la formation post-graduation à tous les intéressés, sans sélection, notamment en recourant à l’enseignement à distance qui peut être une formule appropriée à condition qu’elle soit soutenue par les moyens technologiques et satellitaires nationaux, Abdelmadjid Tebboune vient de mettre fin à une horrible injustice, qui a fini par démotiver toute une génération. Certes, l’Algérie a besoin de sciences exactes et de technologie, mais les sciences humaines ont aussi leur importance dans la formation d’une élite éclairée, capable d’interpréter le moindre bouleversement dans la société et dans le monde. En décidant d’agir dans un sens que la logique cartésienne impose, le chef de l’Etat aura fait preuve d’une clairvoyance certaine, dans le but de récupérer toute cette matière grise en déperdition. Au vu de l’énorme gâchis qui a eu lieu, il s’agit bel et bien d’une décision historique au sens propre du terme. Pourvu que son application ne soit pas dispersée par certains apprenti-sorciers. Le chef de l’Eta a vu juste. L’université algérienne n’a pas seulement besoin d’une profonde réforme pédagogique et didactique, elle doit aussi être libérée des influences politiciennes et sécuritaires. C’est une condition sine qua non pour une véritable indépendance du campus et son ouverture sur le monde. Pour qu’elle soit réussie, elle doit être le fruit d’une concertation, la plus large possible, faut-il y insister. L’Algérie a besoin du mathématicien, du géologue, comme elle a besoin du sociologue, de l’économiste, du politologue ou de l’expert en archéologie. Abdelmadjid Tebboune a sûrement en mémoire la manière avec laquelle Abdelmalek Sellal avait ironisé sur les diplômés en sciences sociales. Il se rappelle aussi, comme tous les Algériens, comment Tahar Hadjar a évoqué les prix Nobel ! Sachant que même dans les pays postindustriels où la technologie est à la portée des enfants, les sciences sociales ont toujours leur importance, car elles ont évolué dans leur contenu et par rapport aux moyens didactiques qu’elles utilisent. Abordant le système des œuvres universitaires, figé depuis des décennies, le président de la République a tout simplement mis le doigt sur la plaie. Tout le système des œuvres sociales, budgétivore et non productif, est à revoir ; de la conception à la mise en marche. La rationalisation des dépenses et l’amélioration des prestations fournies aux étudiants, allant de l’hébergement au transport, ne pourrait avoir lieu qu’en dehors des situations favorisant le monopole. A propos de la rentrée universitaire 2020-2021, Abdelmadjid Tebboune a mis l’accent sur la nécessité de séparer les mesures d’achèvement de l’exercice en cours avec celles du prochain. Il a par ailleurs instruit le Premier ministre à l’effet d’inscrire cette question à l’ordre du jour du prochain Conseil du gouvernement.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le lundi, 10 août 2020 22:08
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