La date de la rentrée universitaire entourée d’incertitudes

Des hésitations lourdes de conséquences

15 Sep 2020
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Rentrée scolaire et rentrée universitaire : deux questions que les pouvoirs publics ne sont pas encore arrivés à trancher, malgré une situation épidémiologique, qui se caractérise depuis déjà un mois par une baisse sensible du nombre de contaminations. Après le Premier ministre, qui avait rappelé à partir de Annaba, que la rentrée scolaire 2020-2021, initialement annoncée pour le 4 octobre, sera tributaire des conclusions auxquelles abouteront les rapports établis en la circonstance par le comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus en Algérie, c’est au tour du ministre de l’Enseignement supérieur d’emprunter la même démarche « prudentielle », en déclarant, hier, sur les ondes de la radio nationale que la date du 19 septembre retenue par les recteurs des universités des régions Est et Ouest, lors de la conférence régionale, tenue à distance sous la supervision du secrétaire général du MESRS, ne constitue pas « un choix définitif ». Abdelbaki Benziane, qui a insisté particulièrement sur le fait que la date du 19 septembre endossée par les responsables des établissements des régions Est et Ouest n’a aucun caractère officielle, a révélé par contre que son département a élaboré d’ « autres propositions », sans en détailler leur contenu, qui ont été soumises à l’appréciation du Premier ministre. La balle serait-elle dans le camp d’Abdelaziz Djerad, ou celui-ci va s’en débarrasser, en la jetant vers le comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus en Algérie ? En attendant la conférence régionale des recteurs du Centre, qui aura lieu aujourd’hui, la question de la rentrée universitaire 2020-2021 est en train de prendre des proportions problématiques. Jusqu’à présent, le comité scientifique ne s’est pas encore prononcé, alors que toutes les parties concernées refusent d’engager leur responsabilité, attendant peut-être l’intervention personnelle du président Tebboune. Il est paradoxal de constater que des pays, dont les conditions sociales et économiques ressemblent à quelques exceptions près aux nôtres, aient déjà annoncé officiellement la date de la reprise des cours à l’université ; tandis qu’en Algérie, on continue à tergiverser. Le Maroc qui vit pourtant une situation sanitaire inquiétante marquée par une explosion sans précédent du nombre des contaminations, a fixé la rentrée universitaire au 15 octobre, en proposant aux étudiants le choix entre des cours dispensés en présentiel ou à distance, selon un communiqué du ministère marocain de l’Education nationale, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur. Pourquoi toute cette hésitation, qui ne servirait à la longue qu’à nourrir les spéculations et les rumeurs ? Qu’est-ce qui empêche le ministère de l’Enseignement supérieur à produire son protocole sanitaire, en assurant la disponibilité des moyens humains et matériels pour le mettre en œuvre ? Le port du masque obligatoire pour tous à l'intérieur des espaces universitaires, l'instauration de la distanciation entre les étudiants à travers la réduction de leur nombre dans les salles de cours et les amphithéâtres, le lavage et la désinfection réguliers des mains ainsi que l'assainissement continue des espaces de formation. A part ce dispositif désormais connu par tous les Algériens, le MESRS n’aura rien à inventer pour fixer la date de la rentrée universitaire. Quoi qu’il en soit, une chose est sûre. Le climat d’incertitude qui entoure les questions de la rentrée scolaire et universitaire ne fera que semer le doute parmi l’opinion publique sur les capacités réelles du gouvernement à gérer un retour à la normale, qui s’annonce plus que problématique.

Mohamed Mebarki

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