368 daïras sur 548 touchées par le récent changement

Un ‘‘tsunami’’ refondateur ?

16 Sep 2020
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Sur les 548 daïras que compte le pays, 368 daïras vont changer de mains dans les plus brefs délais, juste le temps que prendront les cérémonies d’installation et les passations de consignes. En principe, dès le début de la semaine prochaine, plus de la moitié de ces circonscriptions administratives sera confiée soit à de nouveaux responsables nouvellement promus ou à d’autres ayant déjà assumé des fonctions similaires, avant d’être mutés. En un mot, le vaste mouvement opéré lundi par le président de la République dans le corps des chefs de daïras est incontestablement le premier du genre à prendre une telle envergure. Abdelaziz Bouteflika avait, lui aussi, procédé au début du second mandat à une opération « chirurgicale » d’ampleur dans le même corps, qualifiée à l’époque de véritable « tsunami ». Mais le mouvement par Nouredine Yazid Zerhouni, alors ministre de l’Intérieur, avait concerné en plus des chefs de daïras, des secrétaires généraux de wilaya. Mutations d’office, mises à la retraite forcée et limogeages en série ; une situation sans précédent, qui n’a pas tardé à dévoiler les véritables intentions de ses concepteurs et ses initiateurs. Ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui. En tous les cas, c’est ce que souhaitent les Algériens, particulièrement ceux qui se sentent isolés et oubliés dans les zones dites d’ombre. 127 chefs de daïras limogés dans le cadre d’un seul mouvement ! Le chiffre est énorme. Une telle sanction ne peut avoir qu’une seule explication : ces commis de l’Etat, dont certains se voyaient déjà walis, ont échoué dans leurs missions. Pire encore. Parmi eux, il y’en a très certainement qui auraient commis de graves erreurs ; mauvaise gestion et prise en charge catastrophique des préoccupations des citoyens. Il s’agit d’un mouvement de fond, dont l’aspect partiel ne doit pas dissimuler la réalité. 127 chefs de daïras limogés, 110 mutés et 131 autres promus. Devrait-on donc voir à travers ce mouvement, l’amorce d’une opération d’assainissement des collectivités territoriales, dont le but est de mettre fin à la léthargie, le laisser-aller et la bureaucratie ? Certaines lectures pourraient donner lieu à des spéculations, en le liant à la tenue du référendum sur la révision constitutionnelle. Qu’à cela ne tienne, rien ne pourra arrêter pour autant les spéculations, sauf si les changements décidés en haut lieu démontreront qu’ils ont été motivés uniquement par le souci d’enclencher le nouveau processus de développement local, conformément au plan établi par le gouvernement. Il faut reconnaitre que la majorité des localités touchées par ce mouvement sont plus ou moins sinistrées et leurs populations laissées pour compte. Les dernières inondations ont fait découvrir aux Algériens le cadre de vie dégradé et la misère sociale dans lesquels végètent des agglomérations entières, dont certaines sont situées aux portes de la capitale et dans les environs des grandes villes. Nul besoin d’aller du côté de Bordj Badji Mokhtar ou Tin Zaouatine, la « déchéance » urbaine est désormais visible à l’œil nu à l’intérieur des cités que l’on croyait privilégiées ! Il est temps que les chefs de daïras se rendent à l’évidence, en prenant conscience du fait qu’ils ne sont plus indéboulonnables.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mercredi, 16 septembre 2020 14:02
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