Haddad-cabinet US de lobbying

Enquête sur un contrat de 10 millions de dollars

20 Sep 2020
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L’affaire du contrat signé, en juillet dernier, par une représentante d’Ali Haddad avec un cabinet de lobbying américain est entre les mains de la justice. Le parquet du tribunal Sidi M’hamed d’Alger annonce l’ouverture d’une information judiciaire à ce sujet. « Dans le cadre de l’affaire Haddad Ali relative à la transaction de 10 millions de dollars transférés au profit d’un cabinet de lobbying, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Sidi M’Hamed contre le sus-indiqué ainsi que la dénommée Sabrina Ben », affirme le parquet dans un communiqué repris, hier, par l’APS. Le juge d’instruction en charge de ce dossier, ajoute la même source, « a décerné des commissions rogatoires ». Le parquet général près la Cour d’Alger avait annoncé, au début du mois d’août dernier, l’ouverture d’une enquête préliminaire « suite aux informations relayées par certains titres nationaux au sujet d’un contrat conclu par des représentants du prévenu Haddad Ali avec une société américaine d’un montant de 10 millions de dollars ». Cette enquête ouverte, selon la même source, conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, vise, selon le parquet d’Alger, à « déterminer les circonstances de conclusion de ce marché et en définir le véritable objectif ». Pour rappel, cette information a suscité la réaction du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. «Ils sont en prison et leurs millions de dollars sont distribués à l’étranger. Qui a donné les ordres ? Qui a sorti ces millions de dollars ? Le peuple doit savoir», avait-t-il déclaré à l’ouverture, le 12 août dernier, de la réunion gouvernement-walis. L’affaire a été, soulignons-le, révélée, le 29 juillet dernier, par le média indépendant américain Foreign Lobby. Selon cette source, le contrat a été signé, le 26 juillet, avec un cabinet de lobbying américain, en l’occurrence Sonoran Policy Group, une firme fondée par Robert Stryk qui est un proche du président américain, Donald Trump. Il (le contrat) court, selon la même source, jusqu’au 25 juillet 2021. Outre la provenance de l’argent qui a servi au financement du contrat, c’est aussi son objectif qui intéresse la justice algérienne. Pourquoi signer un tel accord en ce moment ? L’ancien diplomate du département d’Etat spécialiste de l’Afrique du Nord et professeur à la School of International Service de l’université américaine, William Lawrence, donne quelques éléments de réponse. « Je soupçonne que parce que le nouveau régime algérien est relativement faible et parce qu’il va, à un moment donné, s’attirer les faveurs des Etats-Unis, l’objectif de Ali Haddad serait de s’attirer les faveurs des Américains les plus puissants afin que son destin soit inclus dans la conversation avec l’Algérie», avait-il déclaré à Foreign Lobby Report. Selon lui, « si les procès sont vus comme équitables, il n’y aura même pas de discussion ». « Mais si les procès sont considérés comme inéquitables, avec une opération de nettoyage sans vrai nettoyage, alors une réévaluation de l’affaire Haddad ferait partie de ce processus. Et je pense que c’est ce que Haddad espère », ajoute-t-il.          

   Samir Rabah

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