Réserves de change dans le PLF 2021

En-dessous de 50 milliards de dollars

20 Oct 2020
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Les réserves de change sont descendues sous la barre des 50 milliards de dollars. Selon le projet de loi de Finances 2021, présenté hier devant la Commission des fiances et du budget de l’APN, elles sont estimées à 46,8 milliards de dollars. En 2012, l’Algérie avait clôturé l’année avec des réserves de 205 milliards de dollars. Huit (8) ans plus tard, elle se retrouve paradoxalement dans une situation peu confortable avec la hantise d’un effondrement total de cette rente, qui n’aura finalement servi à rien, en termes de relance économique et création de richesses. Ce n’est pas encore la banqueroute, mais d’ici la fin de l’année, si l’Etat n’arrive pas à équilibrer ses dépenses en fonction de ses recettes, tout en continuant à assurer son rôle social, les pires difficultés sont à attendre. Il ne s’agit pas là de craintes non justifiées ou des prévisions fatalistes visant à noircir le tableau, mais une réalité à laquelle est confronté aujourd’hui le gouvernement Djerad. Calculé sur la base d’un baril de pétrole de référence  à 40 dollars, le projet de loi prévoit certes des revenus pétroliers de l’ordre de 23, 21 milliards de dollars, avec une baisse des importations de 14,4 milliards de dollars en 2021 et 28,6 milliards de dollars en 2022, mais entre les prévisions et la réalité, il y’a une sacrée différence. A moins que la « consolidation des fondamentaux économiques en 2021 », selon les propres termes de Besma Azouar, ministre des relations avec le parlement, qui a présenté un exposé sur ce projet, au nom du ministre des Finances, réussit à renverser la tendance négative. La représentante du gouvernement a évoqué « la reprise graduelle de l’activité et l’allègement de certains dysfonctionnements financiers », mais n’a donné aucun détail sur les mécanismes que les pouvoirs publics comptent mettre en œuvre pour y arriver. Elle a, en outre, assuré la poursuite du « soutien permanent des catégories vulnérables à faible revenu » par l’Etat, sans définir toutefois la nature de ce soutien et les catégories sociales concernées. La paix sociale a un prix ; et ce prix risque d’être au-dessus des moyens de l’Etat dans une conjoncture exceptionnelle lourdement impactée par la crise sanitaire. En plus, la dépendance presque totale aux recettes générées par les hydrocarbures, dans un contexte mondial marqué par le recul de la demande énergétique causée par la paralysie des secteurs énergivores notamment, n’est pas de nature à pousser à l’optimisme. La représentante du gouvernement, qui n’a pas manqué de relever la spécificité du contexte économique et financier marquant l’élaboration de ce texte et ce « au vu d’une crise sanitaire extrêmement grave aux retombées imprévisibles sur les opérateurs économiques », est supposée avoir une idée ne serait-ce qu’approximative sur la complexité de la situation actuelle. « L’impérative consécration de tous les efforts pour l’élaboration d’une loi de Finances répondant aux aspirations du peuple pour l’édification de l’Algérie », telle qu’elle a été annoncée par Ahmed Zeghdar, président de la commission des finances et du budget de l’APN, doit reposer sur des données réelles et maitrisables et non sur des discours à intonation politique et populiste. En soulignant que le PLF 2021 « fait triompher le caractère social de l’Etat », le même intervenant a mis l’accent sur l’importance de l’effort législatif pour « une distribution équitable des richesses et la simplification des mécanismes de leur création et développement, ainsi que l’encouragement des initiatives associant tous les enfants de l’Algérie ». L’Algérie est-elle donc en mesure de revoir son modèle économique sans que cela n’impacte la cohésion sociale et tout en maintenant sa position de rejet de toute sollicitation des instances financières internationales ? Toute la question est là.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le lundi, 19 octobre 2020 20:53
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