Vaccin anti-Covid et campagne de vaccination

Opacité, improvisation et surréalisme

27 Jan 2021
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Quand l’Algérie réceptionnera-t-elle les 500 000 doses du vaccin Spoutnik V commandées à la Russie ? Annoncée le 30 décembre par le porte-parole du gouvernement, la « signature d’un contrat de gré à gré avec un laboratoire russe pour l’acquisition du vaccin contre le coronavirus, afin d’entamer la vaccination à partir du mois de janvier », tarde à se matérialiser. A quatre jours de l’expiration de l’échéance fixée par Abdelmadjid Tebboune, c’est toujours le flou total qui entoure la livraison du premier lot de vaccins, et tout indique désormais que la campagne de vaccination n’aura pas lieu conformément à ses directives. « J’ai instruit le Premier ministre à l’effet de présider, sans délai, une réunion avec le comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus en vue de choisir le vaccin adéquat anti-Covid et de lancer la campagne de vaccination dès janvier 2021 », avait écrit le président de la République sur son compte Twitter, alors qu’il se trouvait en soins en Allemagne. Au début, il persistait encore un léger espoir de voir les instructions du chef de l’Etat traduites sur le terrain, mais aujourd’hui, c’est une certitude, leur exécution par le gouvernement s’avère problématique, pour des raisons inconnues, qui échappent aux praticiens les mieux introduits dans le processus de lutte contre la Covid-19. Condamnés à se poser des questions au même titre que le citoyen lambda, ces derniers s’insurgent de plus en plus contre le manque de transparence dans la communication institutionnelle et fustigent ouvertement l’absence d’informations fiables et sûres, de nature à rassurer la population. Le dernier en date à dénoncer l’opacité entretenue autour du vaccin est le professeur Nacer Djijli, chef du service de chirurgie pédiatrique à l’hôpital de Belfort à Alger. « Ce qui est incompréhensible, c’est cette histoire de vaccin. Personne ne sait exactement ce qui est en train de se passer », déplore-t-il dans une déclaration à TSA, avant de se montrer perplexe quant à la possibilité de recevoir durant le mois de février le vaccin AstraZeneca, comme l’a annoncé récemment un membre du comité scientifique. « Par quel miracle on vient nous dire que l’Algérie va commander chez AstraZeneca, alors qu’on vient d’apprendre que ce laboratoire ne peut pas fournir tout le monde, même les pays qui ont commandé il y a plusieurs mois », s’interroge-t-il. « Les pays voisins, comme le Maroc, viennent de recevoir le vaccin et vont commencer la campagne dans les jours qui suivent. Pourquoi ? Parce qu’ils s’y sont pris au mois de mai », signale-t-il, avouant, « ne pas savoir ce qui est en train de se passer dans notre pays ». « On s’est réveillé au mois de décembre parce que le président de la République a dit qu’il faut vacciner en janvier », observe-t-il dans une critique à peine voilée des autorités sanitaires. « Ce n’est pas pour demain qu’on aura des vaccins », estime-t-il, déplorant « l’échec » d’une stratégie marquée par « les déclarations surréalistes du gouvernement ». « Il y a énormément de zones obscures, de silences. On n’arrive plus à savoir exactement ce qui est en train de se passer. Quand un ministre vient nous dire que tel contrat de tant de millions de doses vient d’être annulé, sans aucune explication… On n’est pas citoyens de ce pays pour ne pas avoir droit à une explication », s’indigne-t-il. « Pour qu’il y ait de la confiance en les gens qui nous gouvernent, il faut de la transparence et une communication fiable », fait-il remarquer. « Parti comme c’est parti, je vous assure que moi j’ai peur », reconnaît-il. Selon lui, c’est normal qu’au milieu de cette « cacophonie, et cette absence totale de transparence et de communication fiable », la population ait recours à d’autres sources pour se tenir informée. Particulièrement décontenancé par les propos tenus par le président de l’agence nationale de sécurité sanitaire, qui a évoqué récemment « la possibilité de vacciner 100 000 personnes par jour », le professeur Nacer Djijli s’étonne devant une telle attitude. « C’est vraiment de la science-fiction », regrette-t-il. « On aurait aimé entendre du professeur Senhadji pourquoi tel vaccin a été choisi, quand est-ce que le vaccin va venir, quand va commencer la vaccination, et non pas ce genre d’annonces, alors qu’on n’aura pas de sitôt le vaccin », désapprouve-t-il.

Mohamed Mebarki

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