Déjà décrié bien avant son limogeage

Une avalanche de critiques s’abat sur Ferhat Aït Ali

23 Fév 2021
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Le remaniement partiel du gouvernement décrété avant-hier soir par Abdelmadjid Tebboune était déjà dans l’air depuis plus d’un mois. C’est le président de la République en personne, qui en a annoncé la couleur, le 10 janvier alors qu’il était en partance pour l’Allemagne. Ses propos concernant le rendement de l’équipe Djerad étaient assez explicites. ‘‘El Houkouma, fiha oua aliha’’, avait-il déclaré dans le salon d’honneur de l’aéroport militaire de Boufarik ; une expression typiquement algérienne que l’on pourrait traduire par l’évaluation pédagogique consacrée « peut mieux faire ». Il avait reconnu les aspects négatifs cumulés par le gouvernement, sans préciser lesquels. Dans son discours à la nation du 18 février, il avait indiqué que « ce remaniement concernera des secteurs qui enregistrent des déficits dans leur gestion ressentis par les citoyens et nous-mêmes ». Dans leur écrasante majorité, les citoyens s’attendaient donc à des changements dans les secteurs qui avaient un impact direct sur leur quotidien, le commerce, la santé, la poste, l’éducation, l’enseignement supérieur, et toutes les spéculations allaient dans ce sens. On s’attendait à voir les ministres de la Poste et des Finances poussés vers la sortie par une crise de liquidités persistante, malgré les promesses de solutions ; le ministre de la Santé en raison de cette grave pénurie de médicaments dénoncée par les pharmaciens d’officine, mais aussi en raison des problèmes récurrents qui rongent le secteur hospitalier ; le ministre du Commerce, fortement critiqué pour ses sorties démagogiques sans aucune emprise sur une hausse des prix insoutenable pour les ménages, le ministre de l’Enseignement supérieur en raison de la situation catastrophique des cités universitaires. Mais le communiqué de la Présidence en décida autrement. Seul le départ de Ferhat Aït Ali était prévisible à cause de sa gestion décriée du dossier relatif à l’importation de véhicules neufs. D’ailleurs, juste après l’annonce de son limogeage, il fut « lynché » sur les réseaux sociaux. Certains de ses anciens compagnons, qui avaient mené avec lui une lutte acharnée contre l’exploitation du gaz de schiste, ne l’ont guère ménagé. Tous lui ont reproché de s’être embarqué dans une « aventure » jugée d’incertaine. Au hit-parade des critiques, Ferhat Aït Ali ne risque pas d’être délogé de la première place ! Pour le reste la sortie des ministres de l’Energie, l’Environnement, les Travaux publics, les Ressources en eau, le Tourisme ou encore l’Industrie cinématographique, qui a le statut de secrétaire d’Etat, déjoua tous les pronostics. Les secteurs cités ont certes leur importance, mais leur impact sur le quotidien des citoyens n’était pas aussi apparent que la santé, l’école, le commerce ou la poste. Les changements survenus répondent donc à une logique, qui échappe pour le moment aux Algériens, pour qui, il s’agit d’un remaniement comme un autre. L’énigme reste tout de même le rappel de Mohamed Ali Boughazi. L’ancien conseiller à la Présidence du temps de Bouteflika occupe désormais le poste de ministre du Tourisme, après été en 2001 ministre délégué auprès du ministre de l’Enseignement supérieur dans le gouvernement présidé par Ali Benflis.

Mohamed M

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