La vie des enfants atteints de cancer en péril

Le témoignage déchirant d’un professeur

07 Avr 2021
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La situation des malades atteints de cancer en Algérie est désastreuse. Le constat n’est pas une exagération de journaliste en manque de sujet. Mais le témoignage poignant d’un éminent professeur en oncologie, qui parle d’une tragédie. Ses propos sont dramatisants, mais son statut le confine dans un réalisme très professionnel.  La pénurie de certains médicaments de base destinés aux enfants atteints de cancer est, selon lui, « une aberration » qui tue. « L’argument du confinement n’est pas recevable vis-à-vis de nos enfants qui ont des cancers et que je vois mourir. Moi, je les vois, ce que la tutelle et la Pharmacie centrale des hôpitaux ne voient pas ! C’est inacceptable », se plaint-il. D’après le professeur, les appareils de radiothérapie (une cinquantaine), c’est suffisant pour couvrir les besoins de ce genre de traitement, mais pour que l’on puisse envisager une gestion adaptée de la radiothérapie, il faut que les centres anti-cancer soient gérés par les techniciens du secteur et non par des bureaucrates. « De mon point de vue, les seuls qui peuvent juger de l’indication de la radiothérapie et de son urgence sont les médecins-radiothérapeutes qui ont été formés pour cette mission », confie-t-il avec beaucoup de certitude. « Je n’ai pas compris comment on peut confier à des directeurs, qui sont des bureaucrates, la lourde charge de décider qui fait la radiothérapie et qui ne la fait pas », se demande-t-il à propos d’une autre « aberration autochtone ». Déplorant le fait que les patients ne peuvent avoir droit à la radiothérapie que dans les limites de leur wilaya de résidence, il assimile cette méthode à « une atteinte à l’unité nationale ». Le chef de service d’oncologie au centre Pierre et Marie-Curie de l’hôpital Mustapha Pacha ne conçoit qu’une seule réalité : « le Centre anti-cancer appartient à tous les Algériens », relevant ce qu’il considère comme une « grande hypocrisie ». Contrairement au secteur public, « dans le secteur privé on ne vous demande pas où vous êtes né… mais un sachet plein d’argent : 600.000 DA est le prix d’une radiothérapie de la prostate », soutient-il. Pendant ce temps, des Algériens continuent à être soignés à l’étranger ! « Oui et ce n’est pas acceptable. J’ai fait un courrier, il y a deux ans, disant qu’il n’est pas acceptable que des Algériens se soignent en dehors de l’Algérie. Nous sommes le seul pays au monde qui exporte des malades et des médecins », se révolte-t-il. Evoquant les 20 000 médecins algériens exerçant en France, il considère que c’est une « anomalie», et que « ces médecins qui ont été formés en Algérie, auraient dû être au service de l’Algérie et des Algériens ». « Se soigner à l’étranger est une hérésie », fustige-t-il, avant d’afficher son opposition de principe à la grève du 7 avril à laquelle ont appelé trois syndicats de la santé. « Personnellement je suis contre. Parce qu’un médecin digne de ce nom ne peut pas faire grève. Il prend en otage d’abord les patients, ce qui est inacceptable, et il prend en otage aussi ses autres collègues », confie-t-il. « Il y a d’autres façons de régler les problèmes par la négociation avec les différentes autorités de tutelle », préconise-t-il. Concernant le vaccin et la campagne de vaccination, il estime que le premier est « fortement indiqué », alors que la seconde est très lente. « Si on continue à ce rythme l’objectif de vacciner 70 % de la population, pour obtenir l’immunité collective, ne va pas être atteint », assure-t-il. N’hésitant pas à prendre le contre-sens de tout ce qui se dit sur le vaccin, quelle que soit son origine, le professeur Kamel Bouzid suggère le vaccin cubain. « Personnellement je suis favorable qu’on tente ce dernier. Cuba a une grande expérience en immunologie. Et à ce moment-là, je pense que d’ici à l’été on aura vacciné 70 % de la population », conclue-t-il.

Mohamed M

Dernière modification le mardi, 06 avril 2021 21:11
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