Argent de l’informel

Un pactole entre fantasmes et réalité

07 Avr 2021
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Dans l’imaginaire populaire algérien, l’évocation de la banque en tant qu’institution, fait penser automatiquement à l’argent de l’informel qui, au fil des années, fait partie du paysage financier national. Ces fonds offshores nourrissent toutes sortes de fantasme quant à l’identité de leurs détenteurs, leur appartenance dans la hiérarchie sociale, mais aussi leur masse réelle ou supposée que certains estiment à 35 milliards de dollars, alors qu’un organisme international, poussant la fantaisie à l’extrême, a parlé carrément de 65 milliards de dollars. Rien que ça ! Le président Tebboune, lors de sa rencontre dimanche dernier avec des représentants de la presse a abordé le sujet et a profité pour refroidir un peu les amateurs des chiffres XXL par rapport à l’importance de cette manne souterraine. Selon le chef de l’Etat, qui reconnait la difficulté d’avoir une idée exacte de la chose, les chiffres se situeraient entre 6.000 à 10.000 milliards de dinars, bien loin des affirmations fantasmées qui alimentent régulièrement la chronique. Une fois ce chiffre avancé par le président de la République, le problème reste entier, car aujourd’hui la question qui se pose est de savoir comment faire en sorte que cette masse monétaire mystérieuse puisse être réinjectée dans les circuits bancaires formels. D’emblée, le président Tebboune a montré sa défiance par rapport à la solution que préconisent certains économistes, à savoir le changement de la monnaie pour forcer la main aux détenteurs de ces bas de laine de se précipiter vers les banques pour les déposer. Non seulement cette solution n’est pas pertinente ni efficace, juge le président Tebboune, mais elle pourrait s’avérer même dangereuse, les personnes concernées, en ayant ainsi la main forcée, pourraient être tentées de provoquer des troubles en signe de contestation. D’autant plus que la loi algérienne reste muette à ce propos, ne faisant pas obligation aux citoyens de déposer leurs fonds dans les banques. Le président Tebboune pense, en revanche, que le lancement et la généralisation de la finance islamique et l’émission de titres sont à même de donner des résultats «positifs» Quelque chose comme 100 milliards de centimes ont été déjà versés dans le cadre de la mise en œuvre de ce nouveau produit bancaire en conformité avec la religion islamique où les intérêts sont prohibés. Mais il faut bien admettre que la somme récupérée, plusieurs mois après l’introduction de ce nouveau mécanisme, reste bien modeste ; mais le ministre des Finances, Aymène Benabderahmane demeure optimiste. Pourtant tous ces prédécesseurs qui ont tenté de canaliser cet argent en lançant des opérations de charme en direction des détenteurs des fonds parallèles, en leur offrant les garanties de sécurité et de confidentialité, ont tous échoué. Une analyse des causes de cet échec devrait être désormais une étape préalable à toute nouvelle opération de récupération, pour comprendre les ressorts invisibles de cette défiance qui tiennent à la fois des habitudes culturelles et des convictions religieuses chez une partie des algériens qui n’ont pas confiance dans les banques de la Place.

H.Khellifi

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