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Un « islamiste » dans la tourmente

Bengrina au cœur d’un scandale foncier agricole

29 Juil 2021
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« Tu as bénéficié de prêts bancaires que tu n'as pas remboursés à ce jour et tu continues d'habiter à Club des pins et moi je réside dans un appartement dans un quartier populaire, et ça c'est un des aspects de l'injustice dans notre pays ». La réplique date de juin 2021. Elle a été assénée par le président par intérim de l'ONM ; et son destinataire n’est autre que Bengrina, le président du mouvement El Bina, qui se trouve aujourd’hui au centre d’un grand scandale. En effet, plusieurs médias en ligne ont rapporté hier, que le candidat malheureux aux élections présidentielles du 12 décembre 2019 aurait bénéficié de vastes terres agricoles dans le Sud du pays, durant la période où Abdelaziz Bouteflika et ensuite le clan, qui a dirigé le pays par procuration, suite à la maladie du Raïs. Selon Chihab Press, Abdelkader Bengrina et son frère Ahmed auraient bénéficié de 2000 hectares au dinar symbolique, à raison de 1000 hectares chacun, dans l’oasis de N’goussa, située à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Ouargla. Selon les documents, présentés comme étant officiels, relayés sur Facebook, les décisions d’affectation des parcelles ont été signées le 5 mai 2015 par le wali Ali Bouguerra sous les numéros 1440 et 1441. Ces terres ont-elles été mises en valeur, suivant l’engagement des deux heureux attributaires ? Aucune source ne s’est accordée le temps de vérifier si ces terres ont été mises en valeur ou ont été abandonnées, en vue d’une éventuelle transaction. Sur les réseaux sociaux, la décision d’attribution dont aurait été bénéficiaire celui qui se présente comme le chef de file des islamistes en Algérie, et qui reste cependant à authentifier, c’est l’indignation générale. En attendant qu’Abdelkader Bengrina réagisse, un vent de colère souffle déjà à Ouargla, et la tempête risque d’emporter le peu de crédibilité que cet islamiste « formaté » continue à revendiquer. Pris au dépourvu par cette information, au moment où les islamistes tunisiens sont en train de récolter les fruits amers de leurs manigances et compromissions, l’ancien confident de Mahfoud Nahnah ne s’est pas encore exprimé, ni d’ailleurs la formation politique qu’il dirige, et qu’il a créée en 2013, grâce à l’appui de Mohamed Mediene dit Toufik, avant que celui-ci ne soit entraîné par le cycle infernal des règlements de compte, qui avait suivi ce qu’on appelle prosaïquement le « printemps arabe ». Par ailleurs, nombreux sont les Algériens qui se sont interrogés à propos de l’itinéraire atypique de Bengrina. Pourquoi ne s’est-il pas présenté aux législatives pour le compte de la wilaya d’où il est natif ? A Ouargla, on lui reproche déjà son silence « assourdissant » par rapport aux troubles sociaux qui ont secoué récemment la région. N’a-t-il pas prétendu devant les journalistes, qu’il connaissait parfaitement les problèmes spécifiques du Sud algérien ? A vrai dire, il ne s’est jamais intéressé au Sud, contrairement à ses déclarations destinées à la consommation médiatique. Il parait que ceux qui l’ont élevé au rang de personnalité politique de premier ordre, veulent s’en débarrasser, après s’en être servi durant des années comme un facteur de propagande et de diversion.

Mohamed Mebarki  

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