10 jours après le dérapage de l’ancien diplomate

L’ONM riposte à Lakhdar Brahimi

14 Sep 2021
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« Ce n’est pas une défaite militaire. C’est comme pour les Français et l’Algérie. Ce sont les Etats-Unis qui ont décidé de partir ». Invité par le quotidien français Le monde à commenter le départ américain d’Afghanistan, Lakhdar Brahimi s’est autorisé une approche pour le moins équivoque pour des attaches entre deux situations historiques, éloignées l’une de l’autre à tous les niveaux. Une comparaison qui ne peut en aucun cas être anodine, vu le passé et l’itinéraire politique et diplomatique de son auteur. L’ancien diplomate algérien, qui a fait l’essentiel de sa carrière au sein des organisations internationales (ONU et Ligue arabe), aujourd’hui installé en France, a établi une parallèle, qui n’avait pas lieu d’être. Et il le sait très bien pour avoir été au cœur de la bataille de l’indépendance. Pourtant, dans l’interview publié le 31 août par le quotidien parisien, il a donné la nette impression d’avoir manqué de lucidité, ce qui est possible vu son âge avancé, mais cela ne le dédouane guère. Comparer entre une force d’occupation, contrainte de quitter, après 132 ans, un territoire qu’elle avait conquis par le feu et le sang et qu’elle a définitivement intégré sous sa souveraineté, en lui niant toute existence en dehors de l’identité française, et une puissance (les Etats-Unis), occupée à étendre et consolider sa domination géostratégique, tout en reconnaissant l’Etat afghan, qu’elle vient de quitter militairement, est une hérésie monumentale. C’est pire qu’un dérapage. C’est un reniement impardonnable, puisqu’il engage les millions de sacrifices de patriotes, des premiers résistants aux maquisards de l’ALN et leurs chefs historiques. C’est une abdication pure et simple d’un ancien haut responsable de l’Etat, à travers laquelle il ne s’est pas limité à exprimer sa propre capitulation, mais à la généraliser à tout un peuple, qui a forcé le général De Gaulle à négocier. Des propos très graves, qui auraient dû provoquer un séisme, tellement ils sont insidieux. Mais en fin de compte, il a fallu attendre 12 jours pour voir un ancien moudjahid monter au créneau et répondre à Lakhdar Brahimi. Une réaction tardive et pas assez percutante, mais c’est déjà ça au milieu de ce silence sidéral. Le secrétaire général par intérim de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) a eu au moins le mérite de contredire l’ancien ministre des Affaires étrangères, de juin 1991 à février 1993. Dans une vidéo mise en ligne le 12 septembre sur le site de l’ONM, Mohand Ouamar Benelhadj s’est dit outré par de tels propos. « C’est ahurissant », a-t-il réagi. « Il n’y a aucune comparaison. Ce frère semble halluciner », a jugé l’ancien moudjahid, qui, apparemment n’a pas voulu trop polémiquer. Mais ce qui est intriguant, c’est le mutisme derrière lequel s’est barricadée la classe politique.

Mohamed M    

 

 

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