Enseignement

Où est passé l’esprit de sacrifice de l’ancienne génération ?

28 Oct 2017
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il nous a paru utile de tracer un petit historique de l’enseignement dans notre région, mais surtout d’insister sur le sacrifice des jeunes à l’aube  de l’indépendance en 1962. En cette époque, un appel avait été lancé  aux jeunes lycéens par prendre la relève et assurer une rentrée scolaire normale. A Annaba, Les écoles les plus reculées de la région, très vaste( le département de Bône s’étendait jusqu’à Négrine  à quelques encablures d’El-Oued) avaient vu débarquer de jeunes gens dont certains étaient encore imberbes, à peine sortis de l’adolescence, ayant quitté leurs études et le foyer familial pour que les enfants des douars même enclavés puissent bénéficier d’un enseignement et d’une éducation clans leur propre  leurs école. En ces temps de disette, il n’y avait pas de boulangeries et rarement des épiceries. Les jeunes enseignants se contentaient alors de pain rassis et de boîtes de sardines. Risquant ainsi le scorbut, ils supportaient quand même cette vie très austère, faite de privations et d’isolement. Certains établissements ne disposaient pas d’électricité et c’était à la lueur des bougies qu’on corrigeait les devoirs et qu’on  préparait les leçons du lendemain après avoir pris un « repas » frugal. Certaines familles « aisées » faisaient preuve de générosité, et envoyient parfois un ragoût de pommes de terre ou un grand plat de couscous garni de légumes du jardin  aux enseignants de leur localité. Il n’y avait ni télévision pour se distraire, ni journaux à lire, ni café où thé  à siroter ou une boisson fraîche à consommer. L’enseignant devait se procurer les programmes d’enseignement qu’il commandait de France, car introuvables en Algérie ou alors  il devait compter simplement sur son savoir afin d’assumer sa noble tâche. Il résidait également dans l’école   quand celle- ci était pourvue d’un logement de fonction  où il pouvait trouver un lit, une table et  des chaises branlantes. Les programmes « Le Terrier » étaient à la base de tout enseignement et celui qui les avait pouvait dire qu’il disposait d’un véritable trésor. Bien sûr, depuis le temps, ces programmes ont évolué. Actuellement en France «  Le Terrier »  d’ « AbulEdu » est une suite de logiciels libres destinés à l’éducation (école élémentaire et maternelle, éducation populaire). Elle est composée d’exerciseurs, de logiciels ludo-éducatifs et d’outils multimédias notamment pour la langue française, les mathématiques, la géographie, la latéralisation, le repérage spatial et les sciences naturelles. Ils font partie intégrante d’  « AbulEdu » (solution informatique scolaire libre). Ils peuvent être installés sur des postes Microsoft Windows. Les choses ont bien évolué certes mais si on posait la question de savoir si les enseignants post-indépendance avaient les moyens actuels, ils auraient fait des prouesses. N’oublions pas que les cadres formés durant les années  passées, sont leur par produit. Avec le peu de matériel, des sacrifices énormes,  des privations, ces enseignants ont donné plus que leur énergie. Malheureusement, aujourd’hui ceux qui sont encore en vie ne disposent que d’une maigre pension pour subsister. Ceux qui ont profité de leur savoir sont ceux qui dirigent aujourd’hui ce pays. Ils les ignorent totalement et c’est ce qu’on appelle l’ingratitude.

AC

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