L’importation menace la filière tomate

Des conserveurs tirent la sonnette d’alarme 

13 Fév 2018
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Regroupés, samedi passé, au siège de la DSA d’Annaba, en séminaire régional de deux jours, les conserveurs de la tomate industrielle d’Annaba, El-Tarf, Guelma,  Skikda, Mila et Sétif, avaient pour ordre du jour l’évaluation de la situation de la campagne 2017 de la tomate industrielle, la prévision pour celle de l’année en cours et les obstacles qui entravent la bonne marche de cette filière. En dehors des chiffres avancés concernant les superficies affectées à la culture de la tomate industrielle dans ces régions, une superficie de plus de 20.000 hectares, avec des prévisions de productions allant au-delà des 10 millions de quintaux, soit une hausse de 5% par rapport à celle de l’année passée, la séance a vu une levée des boucliers des conserveurs de ces mêmes wilayas qui ont révélé que la filière de transformation de la tomate souffre de l’absence d’une politique cohérente à même de la booster et d’en faire un créneau générateur de devises. Or, a tenu a souligné un conservateur, c’est le contraire qui est observé : « l’inondation du marché national par l’importation du double concentré et triple concentré de tomate de qualité parfois douteuse, a freiné l’évolution de cette branche d’activité et participé à sa régression, et ce, malgré une production nationale qui couvre largement les besoins de la consommation nationale ». Aux yeux des conserveurs, la politique d’import-export qui est opérationnelle à ce jour a désordonné l’activité commerciale et les unités de production se retrouvent actuellement avec des stocks importants de produits finis, malgré la qualité du produit national qui est de loin meilleur que celui importé. En outre, affirment-ils, la production du DCT des trois dernières années prouvent que la production est en mesure de faire largement face à la demande nationale. Et paradoxalement que cela puisse paraitre, des opérateurs importent à grands frais, des millions de dollars, du triple concentré de tomates avec des emballages métalliques Autrement dit, on crée des postes d’emploi à l’étranger et on supprime des milliers dans toute la région. Aujourd’hui, les conserveurs clament haut et fort que la mise en valeur de cette filière et sa relance effective passent par la mise en place de certaines mesures, à savoir, « l’interdiction d’importer le produit fini, concentré et double concentré de tomate sous quelque forme ou conditionnement et de contingenter l’importation du triple concentré de tomate réservé uniquement aux transformateurs en fonction des besoins nationaux et ce après une période de 6 mois d’observation à l’issue de la fin de la campagne de transformation et la commercialisation d’au moins 80% de la production nationale par les différents transformateurs. » Conditions sine qua non pour éviter aux conserveurs de vivre les aléas qui ont débouché dans un passé récent, sur la cessation d’activité et la fermeture de certaines unités de production avec toutes les conséquences économiques et sociales qu’une telle situation à entraînées en amont et en aval de la filière (perte d’emplois, abandon de la culture de la tomate, mécontentement des fellahs, etc.) Dans un point de presse animé pour la circonstance, Abdouche Farid, directeur général de l’office national interprofessionnel des légumes et viandes, a souligné que « notre seule  préoccupation c’est le manque d’eau. Même cette année le risque n’est pas écarté. C’est pour cela qu’on est en train d’inciter les agriculteurs à aller vers le système  économiseur d’eau. On veut aller vers les plants mottes, parce que  ce sont des techniques culturales en mesure d’améliorer la productivité. »  A la question des problèmes rencontrés par les conserveurs et les fellahs, le même responsable a affirmé que «  Nous avons regroupés les producteurs et les conserveurs, afin de trouver une solution  aux chaines de la tomate. L’année passée des agriculteurs ont forcé la main à certaines conserveries d’ouvrir les ports assez tôt. C’est un problème qui va être réglé dans l’interprofession. » . Il a annoncé que l’importation du double concentré a été suspendue. Au total, l’on dénombre à l’échelle nationale, 19 conserveries implantées au niveau de 16 wilayas, principalement de l’Est, dont les patrons espèrent que des mesures adéquates seront prises pour sauver la filière et arrêter la saignée…

B. Salah-Eddine

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