Ramadhan

La spéculation bat son plein

10 Mai 2019
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Annaba, ville réputée active et grouillante de monde, vit, en ce début du mois sacré de Ramadhan, au rythme de la spéculation et de l’incivisme. L’activité se réduit au minimum excepté le commerce illicite. La spéculation à outrance en matière des produits de large consommation est signalée à tous les niveaux, malgré la présence sur le terrain de la Direction de la Concurrence et des Prix à travers plusieurs brigades de contrôle, qui ont été mobilisées pour réguler le marché. Ces brigades ont pour mission de réprimer toutes les pratiques commerciales illicites nombreuses à cette époque telles que le fardage, le défaut de registre du commerce, la non observation des normes de conditionnement et conservation des produits proposés. Les vendeurs qui squattent coins et trottoirs et qui agressent verbalement et physiquement parfois les citoyens ne sont pas inquiétés, alors que le mal vient surtout de là, du marché informel et de ses pendants qui sont l’escroquerie et la rapine. Il est vrai que la DCP n’a aucune autorité sur eux, étant donné que cela relève de la voie publique, domaine de la force publique, dont les représentants ne veulent surtout pas intervenir de peur que cela ne dégénère en affrontements si jamais on souhaitait débarrasser les trottoirs des intrus, alors que c’est la santé publique qui est menacée, à l’image des produits sucrés (pâtisserie, boissons gazeuses) qui sont âprement consommés durant ce mois de carême. Les gâteaux sont exposés dans des plateaux exposés à la poussière. La ville et notamment ses zones rurales, sont  inondées par des nouvelles marques de boissons gazeuses, qui sont loin de répondre aux normes requises. Les produits en question, fabriqués dans des laboratoires basés dans leur globalité dans la région des hauts plateaux, échappent à tout contrôle des services concernés. La bouteille de 2 litres, est écoulée à un prix largement moins cher par rapport à celui des marques Coca-Cola, Pepsi-Cola entre autres, à savoir entre 40 et 50 dinars. Pour des spécialistes en la matière, il y a certainement anguille sous roche. «Quand on connaît le  prix du sucre, de la matière première, du bouchon, de la bouteille, étiquette, main d’œuvre et transport, il est impossible de céder une bouteille de 2 litres à ces prix.» C’est l’avis d’un ingénieur de  production et commercialisation de boissons gazeuses et de glace, en activité à Annaba. Selon certaines indiscrétions, les boissons gazeuses seraient fabriquées avec des ingrédients qui se sont avérés au fil du temps dangereux pour la santé, à l’exemple du  SIN-950 ou 951. Il s’agit, explique-t-on, des additifs alimentaires qui sont des produits ajoutés aux produits alimentaires dans le but d’en améliorer la conservation, l’aspect, le goût, etc., à l’image des colorants alimentaires, les conservateurs, les émulsifiants, épaississants, stabilisants, gélifiants, les exhausteurs de goût et les édulcorants. Plus grave, exposés à longueur de journée au soleil, ces produits qui envahissent la chaussée, sont très dangereux. En effet, selon une étude poussée d’un oncologiste : « la chaleur réagit avec les produits chimiques, du plastique de la bouteille, ce qui libère de la Dioxine dans le produit à consommer.» Ces produits achalandés et exposés à perfusion sur les trottoirs font certes le bonheur des petites bourses, mais montrent combien de produits de large consommation qui échappent à des contrôles, sont aujourd’hui définitivement injectés au niveau du circuit commercial. Pour beaucoup d’économistes d’Annaba, le produit informel a gangrené la ville de Annaba, ses tentacules et ramifications s’étendent à l’infini, tant cet ogre insatiable ne connaît aucun répit, puisque avide et prédateur.

B. Salah-Eddine

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