Opération anti-corruption

Enquête sur 110 «personnalités» à Annaba

23 Mai 2019
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Lancée sur la base de dossiers très lourds par les hautes instances du pays, au lendemain de la chute du clan Bouteflika,  l’opération anti-corruption ayant ciblé déjà des personnalités dans les plus hautes sphères de l’Etat, aurait été, révèlent des sources bien informées, élargie pour toucher notamment des wilayas, fortement marquées par la corruption et la délinquance économique et financière. En effet, Annaba figure sans grande surprise parmi le peloton des wilayas concernées par cette action d’assainissement. « Forcément, là où il y a le fer, la rouille est inévitable », dit-on. Et comme Annaba est la capitale de l’acier, l’érosion aurait atteint en premier lieu des hauts responsables et autres personnalités. A en croire nos sources, une liste de pas moins de 110 personnalités suspectes, serait actuellement ciblée par des investigations sécuritaires et économiques.  Les « mis en cause » sont des opérateurs économiques, versés dans différents créneaux (habitat, industrie, agroalimentaire, ferraille, foncier, import et export, etc.), d’anciens et actuels élus et responsables locaux ainsi que des affairistes connus sur la place publique. La liste est longue, un peu trop longue. Elle forme ce magma d’oligarques, qui seraient dans la ligne de mire des incorruptibles. Certains de ces suspects, connus sur la scène annabie, n’ont jamais d’ailleurs, caché leur savoir faire en la matière. Mieux encore, les enquêtes sur les soupçons de corruption devraient connaître un coup d’accélérateur prochainement par les mises en examen des « suspects ». Des citoyens approchés à ce sujet lors des manifestations du Hirak populaire, estiment qu’aujourd’hui les pouvoirs publics ont le mérite de reconnaître son existence et surtout de la combattre à travers la justice, ajoutant que cela est très positif même s’il reste beaucoup à faire dans ce contexte. Des universitaires soulignent, qu’avec l’arrestation des opérateurs économiques, considérés comme étant des plus influents du pays, la donne a désormais changé en matière de lutte contre la corruption, surtout lorsqu’en sait que l’Algérie est au ban de la communauté internationale, portant honteusement un habit de cancre. Par ailleurs, cette large action anti-corruption intervient au moment où l’Algérie n’enregistre aucune évolution dans la lutte contre la corruption, selon le rapport de l’ONG Transparency International (TI) en 2019. En effet, selon l’indice de perception de la corruption de TI, l’Algérie est classée à 105e place sur 180 pays. Le score obtenu par l’Algérie est de 3,5 sur 10. Pour l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC), « c’est le statu quo pour l’Algérie qui n’enregistre aucun progrès, avec une note et un classement toujours aussi désastreux que ceux des dernières années ». L’AACC estime qu’il ne peut y avoir de progrès quand il n’y a pas de politique de protection des dénonciateurs, quand nombre de ces « agents publics » restent impunis face à de gros scandales de corruption et quand la justice ne fait aucun effort pour déclencher des poursuites lors d’affaires de corruption publiées par la presse. Dans son rapport publié au début de l’année en cours, cette association considère ainsi que « le gouvernement alimente et entretient un climat favorisant la corruption à tous les niveaux et consacrant l’impunité pour ceux qui y sont impliqués ». en réaction à ce classement, cette association ajoute que si l’opinion publique en Algérie n’est pas dupe de l’attitude permissive du gouvernement Algérien vis-à-vis de la corruption et de la délinquance économique et financière, ce dernier a pu tromper un temps ses partenaires internationaux, les Nations Unies, notamment, et, plus particulièrement, son agence contre le crime et la drogue (UNODC) qui pilote la Convention internationale de 2003 contre la corruption.

B. Salah-Eddine

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