Enfants des rues

Protégés par la loi, mais pour le reste ?

06 Jui 2019
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Ils sont souvent sales, décoiffés, mal habillés, et se distinguent des autres enfants par leurs résultats scolaires quasi nuls, ils redoublent souvent leurs classes, et on les retrouve errant dans les rues à des heures indûes, dans la chaleur de l’après-midi ou le soir, livrés à eux-mêmes, en danger moral certain. Eux, ce sont les enfants issus de divorces, ou orphelins de père, de mère, ou des deux, vivant sous la garde d’un parent irresponsable, ou d’une grand’mère qui ne peut plus rien donner. Ces enfants sont plus nombreux que l’on pense, mais ils passent pratiquement inaperçus, anonymes. Les pouvoirs publics, dans les meilleurs des cas, se souviennent d’eux à l’Aid ou à la rentrée, car ils sont enregistrés sur leurs listes de familles démunies, avant de les oublier pour le reste de l’année. Sous d’autres cieux, tout un bataillon d’assistantes sociales, d’associations d’Aide à l’Enfance, ou même religieuses en plus des familles volontaires et triées sur le volet, enregistrées par la commune et prêtes à recevoir des enfants en détresse, tous apportent leur concours pour leur porter assistance et les aider à grandir en-dehors de leur famille défaillante. A Annaba, dans un quartier du centre-ville, deux fillettes se trouvent dans ce cas précis. « J’ai convoqué à plusieurs reprises leurs parents pour les inciter à une meilleure prise en charge de leurs enfants, mais sans résultat », avoue leur directeur d’école qui se déclare « prêt à appuyer toute initiative allant dans l’intérêt de ses élèves ». Dans le quartier, des voisins s’apprêtent à contacter la brigade de protection des mineurs de la P. J, pour obliger leurs tuteurs à les prendre correctement en charge avant qu’il ne soit trop tard. ». Une belle initiative à encourager, quand on sait qu’il suffit d’un coup de fil à ce service extrêmement engagé dans l’assistance aux mineurs en danger pour le faire réagir immédiatement. Le juge spécialisé qui convoquera le ou les tuteurs défaillants fera le reste, sur la base du Code de l’Enfant en vigueur dans notre pays. Voilà pour le côté pénal. Mais qu’en est-il pour le reste ? « L’Action Sociale devrait jouer elle aussi un rôle important en faveur des enfants des rues en leur assurant une aide matérielle permanente dans le cas de familles démunies, mais aussi, des visites régulières pour s’assurer qu’ils sont bien pris en charge » souligne la responsable d’une association pour l’Enfance, qui s’apprête à s’impliquer dans ce cas précis. « C’est un travail commun qui doit se faire en corrélation avec le service de l’Action sociale, pour apporter une aide matérielle concrète et surtout permanente si l’on se trouve face à une famille très démunie. Il m’est arrivé de faire face à des cas d’enfants de parents divorcés, sous la seule charge de la mère qui ne s’occupe pas d’eux. Soit par irresponsabilité, ou parce qu’elle travaille toute la journée et ne rentre que le soir, trop fatiguée, laissant ses enfants en proie aux prédateurs sans foi ni loi. Beaucoup ont été violés, enrôlés dans le trafic de drogue (un cas similaire signalé dans un quartier populaire a été résolu par la police tout récemment), ou des réseaux de pédophilie. C’est dire tout le danger qui guette ces enfants ». Il y a urgence.

Farida H.

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