3ème phase de déconfinement

Le Pr Belhocine appelle à la vigilance

10 Aoû 2020
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L’Algérie a entamé depuis hier la 3ème phase de déconfinement par le réaménagement des horaires du couvre-feu sanitaire, qui sont désormais fixés de 23 heures à 6 heures, et la levée de l’interdiction de circuler de et vers les 29 wilayas touchées par les mesure restrictives. Et à partir de samedi prochain, les mosquées, les plages, les cafés, les hôtels et les parcs seront accessibles. Intervenant, hier, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la radio nationale, le professeur Mohamed Belhocine, président de la cellule en charge des enquêtes épidémiologiques, s’est gardé de commenter la décision des pouvoirs publics de procéder à un allègement des mesures de confinement, mais a tenu à lancer un appel à la vigilance, adressé à l’ensemble des Algériens. En sa qualité de sommité scientifique reconnue et avis autorisé incontestable, il a rappelé que la situation épidémiologique reste tout de même préoccupante, tant que le virus circule activement, et qu’il affecte, désormais, l’intégralité du pays. Sans se montrer cependant alarmiste, il a estimé que tout nouveau cas de contamination à la Covid-19 indique que « la circulation du virus demeure encore active dans notre pays ». Illustrant ses propos par des exemples tirés d’une longue et profonde observation de l’évolution de l’épidémie, il a noté que celle-ci, et après qu’elle ait été concentrée au centre du pays, s’est ensuite déplacée vers les régions de l’Est, avant d’avancer vers les wilayas du Sud, qui étaient plus ou moins épargnées. C’est la preuve, a-t-il signalé, que l’épidémie a encore une capacité d’expansion extrêmement rapide. Selon lui, la réussite du déconfinement conditionné touchant certains lieux publics comme les plages ou les mosquées, restera tributaire essentiellement de l’application des mesures barrière sans lesquelles, a-t-il prévenu, « il est difficile d’imaginer qu’on puisse s’en sortir ». Insistant sur le fait que la probabilité d’être infecté par le virus est liée à un contact avec un autre être humain, il a considéré que le confinement et les espacements physiques figurent parmi les mesures de prévention contre la propagation du virus. Le déconfinement graduel amorcé par l’Algérie est-il donc prématuré ? Le professeur a laissé apparaitre quelques réserves, sans pour exprimer pour autant son opposition à une « ouverture » imposée par des considérations sociales et économiques. Tout en relevant que le port du masque est en train de se généraliser, il a toutefois remarqué que beaucoup d’efforts restent encore à faire, notamment en ce qui concerne les actions de distanciation physique, qui nécessitent davantage de discipline et de prise de conscience de la part des citoyens. Il est à signaler à ce propos, que des contraintes liées à la configuration du tissu urbain font que la distanciation physique en Algérie soit assez problématique. Les Algériens dans leur majorité doivent se surpasser dans des conditions souvent impossibles pour préserver cette distanciation physique recommandée par tous les médecins. Dans certains cas, le non-respect de cette recommandation n’a rien à voir avec l’indiscipline ou l’inconscience des citoyens. Dans ces conditions, la seule solution pour casser la transmission du virus réside dans le confinement de toute personne atteinte, a-t-il estimé. Mais là aussi, sur le plan pratique ce n’est pas évident pour plusieurs raisons, qui dépendent de la situation socio-économique du pays. Pour ce spécialiste en épidémiologie, augmenter les capacités de dépistage aidera certainement à savoir qui est infecté et qui ne l’est pas. Mais il s’agit d’un grand défi que très peu de pays ont réussi à relever. Selon lui, la manière avec laquelle a été mené le dépistage en Algérie a ses avantages et ses inconvénients. Faut-il penser à un dépistage de masse en Algérie ? Mohamed Belhocine a éludé la question, mais a donné une réponse, qui traduit clairement le fond de sa pensée. « Pour entreprendre un dépistage de masse, il faudrait une armée de personnes qui ne font que çà, ainsi qu’une quantité d’équipements que peu de pays peuvent se permettre », a-t-il conclut.

Mohamed Mebarki

Dernière modification le lundi, 10 août 2020 13:31
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