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Annaba

8 mois de prison ferme contre l’auteur de l’appel à la haine

14 Sep 2021
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Le tribunal correctionnel d’Annaba a prononcé, hier, une peine de 8 mois de prison ferme et une amende de 100.000 dinars, à l’encontre d’un internaute Annabi, dénommé « Riffa », principal accusé dans deux affaires, à savoir « appel à la haine raciale » et « incitation au crime et atteinte à l’ordre public ».À rappeler que Le ministère public avait requis, le 30 aout dernier, de lourdes peines de prison ferme à l’encontre du mis en cause. Il avait demandé 5 ans de prison ferme pour la 1ère accusation, tandis que pour la seconde, une année de prison ferme assortie d’une amende (dinar symbolique).Ce verdict, n’a pas laissé la ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) indifférente et sa réplique ne s’est pas attendre. En effet, dans un communiqué de presse rendu public, hier, cette organisation s’est réjouie de la condamnation de l’auteur de la vidéodécriée, qui avait été largement relayée sur les différentes plateformes des réseaux sociaux.Tout en annonçant la création d’une commission interne pour la lutte et la prévention contre la discrimination et du discours de la haine, LADH indique dans sa note que les réseaux sociaux se sont transformés, depuis quelques temps, en une véritable tribune pour les régionalistes, les racistes et les porte-voix de la fitna. « Presque aucun jour ne passe sans que des polémiques à caractère raciste et haineux ne soient lancées. Certaines parties nuisibles aux intérêts suprêmes du pays ont investi ce créneau à travers une armée de faux comptes servant à alimenter les polémiques pour tenter d’allumer le feu de la fitna », peut-on lire dans cet écrit.Les faits de cette affaire sordide, la première du genre traité par la justice dans les annales du pays, remonte au 17 aout 2021. L’internaute en question, un individu connu des services de police âgé d’une trentaine d’années, avait été mis en examen et placé en garde à vue à l’issue de son audition par les enquêteurs de la brigade scientifique de la police judiciaire de la sûreté de la wilaya d’Annaba. Le lendemain, il a été mis sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur en charge de ce lourd dossier. Cette affaire, qui a secoué le pays et fait couler beaucoup d’encre est intervenue le 17 aout courant, soit quelque temps après la diffusion sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram et Tiktok) d’une vidéo appelant à la haine raciale, par des individus qui se faisaient passer pour des annabis. Ce qui amené la LADH à réagir en saisissant la justice et en se constituant en qualité de partie civile. Sur cette vidéo, diffusée après le meurtre ignoble et abject dont a été victime Djamel Bensmaïl, et qui est devenue virale en quelques heures à peine, on voit trois jeunes, qui se disent d’Annaba, appeler à « rayer la Kabylie de la carte de l’Algérie ». La LADH met immédiatement à l’index ces individus qui tentent d’utiliser la tragédie nationale et l’effet de choc provoqué par l’inqualifiable assassinat de « Jimmy » pour cracher leur venin et distiller leur haine contre les habitants de toute une région du pays. Durant cette même journée, le président de la LADH, M. Mokhtar Bensaïd, avait instruit le bureau d’Annaba d’entreprendre les procédures judiciaires nécessaires dans cette affaire.Le président du bureau d’Annaba, Me Adel Messaoudi, avait introduit quelques heures plus tard une plainte contre « X » auprès du procureur de la République près le tribunal d’Annaba afin que tous les individus ayant pris part à cette vidéo soient identifiés et jugés pour « discours de la haine comprenant un appel à la violence », conformément à l’article 32 de la loi portant sur la lutte contre la discrimination et le discours de haine. Suite à la plainte contre « X » pour incitation à la haine raciale qu’avait déposée la LADH, ce jeune homme avait été convoqué. On rappellera que cet ancien « parkingueur » est également poursuivi pour incitation au crime et atteinte à l’ordre public suite aux propos tenus dans une vidéo adressée au président de la République, et postée sur les réseaux sociaux au lendemain de la fermeture des parkings sauvages imposée sur le littoral à la veille de l’ouverture de la saison estivale. A l’issue de son audition qui avait duré jusqu’à la fin de la journée, le mis en cause a été placé en garde à vue pour permettre la poursuite des investigations. A la veille de son audition, le principal auteur, qui a reconnu son acte avant d’être convoqué par la police judiciaire de la sûreté de wilaya d’Annaba, a mis en ligne sur Facebook une autre vidéo appelant les jeunes de plus d’une quarantaine de wilayas à lui apporter aide et assistance, en observant un sit-in devant les locaux de la police, tout en assurant qu’il a énormément confiance en la police et la justice algériennes. Cité en comparution immédiate le 23 aout courant, le principal accusé a été placé sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur près le tribunal correctionnel d’Annaba et a été incarcéré au centre pénitentiaire de Bouzaâroura.Enfin, la LADH, qui se dit soucieuse des intérêts de l’Algérie et des Algériens, appelle les autorités à lancer l’observatoire national de prévention de la discrimination et du discours de la haine créé en vertu de la Loi 20-05 d'avril 2020. « Un organe, estime-t-elle, plus que jamais nécessaire pour venir à bout de ces attaques qui tentent de diviser les enfants d’un seul et même pays, que nos ancêtres chouhadas ont défendu sans aucune distinction ni aucune forme de régionalisme ».

B.Salah-Eddine 

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