Quand l’ARAV se dérobe

04 Jui 2017
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Dans notre précédente édition, nous dénoncions le contenu des caméras cachées dont on avait constaté qu’elles ont dérapé du divertissement vers le genre trash ou carrément le sordide. Le traitement infligé par la télévision En Nahar à l’écrivain Rachid Boudjedra, montré dans une posture indigne de son rang d’écrivain de réputation mondiale, en est la parfaite illustration. Nous fustigions aussi l’Autorité de régulation en s’interrogeant à juste titre sur sa passivité face à de telles dérives, qui plus est, se répètent en ce début de Ramadhan. Hier, un rassemblement s’est tenu devant le siège de l’ARAV, en haut de la rue Didouche Mourad. Si les manifestants ont choisi ce lieu, c’est qu’ils considèrent que la responsabilité de l’ARAV est engagée. Mais cela ne semble pas, être la position de son président, Zouaoui Benhamadi qui cherche à se défausser sur la justice pour ne pas avoir à prononcer des sanctions. L’ARAV pouvait selon lui, intervenir notamment quand elle constate «un dépassement grave», touchant notamment aux symboles de l’Etat». En revanche quand ce sont les citoyens qui sont attaqués dans leur dignité et leur honneur, monsieur Zouaoui leur suggérait de s’adresser à la Justice pour que celle-ci exerce des pressions contre ces chaînes. C’est une manière pour le moins bizarre de la part de M. Zouaoui de percevoir le rôle de l’instance. Car de notre point de vue, son rôle est de faire la police de l’éthique et sanctionner tout dépassement .Qu’il touche les symboles de l’Etat où la dignité des citoyens. C’est quoi cette vision sélective qui consiste à défendre l’Etat (qui n’a  d’ailleurs pas besoin, à la limite, d’être défendu par l’ARAV) et à se dire « non concerné » par les atteintes contre les citoyens? Il y a là comme un aveu d’impuissance du président de l’ARAV devant autant d’outrages et de désinvoltures commises par certaines chaînes dont les responsables se prévalent de leur proximité avec le pouvoir. Si le président de l’ARAV se refuse d’agir, de brandir des cartons rouges, sans doute par pusillanimité, il se montre très  fort dans la dénonciation des contenus de ces programmes  «Nous sommes abasourdis par tant de légèreté dans certains programmes» fustige-t-il dans une déclaration à l’APS. Evidemment, c’est plus facile, surtout sans risque, de critiquer au lieu d’agir. Et pour agir, le président de l’ARAV attend «d’entreprendre une réflexion pour la construction du paysage audiovisuel national». Pour aussi «parachever l’aspect disciplinaire et réglementaire» du champ audiovisuel pour en assurer la bonne organisation afin d’éviter «des dépassements» constatés notamment durant le mois sacré de Ramadhan. Il a estimé qu’avec l’application rigoureuse de la réglementation «on peut aller vite dans la régularisation des chaînes privées (qui sont de droit étranger), après, bien sûr, leur mise en conformité avec le cahier des charges». «Avec un nouveau gouvernement et un nouveau ministre de la Communication, on va avancer sérieusement sur le dossier de la réglementation du champ audiovisuel», ajoute Zouaoui Benhamadi qui donne vraiment cette impression de vouloir se débiner pour ne pas trancher. Tout compte fait, il n’aura pas mieux fait que son défunt prédécesseur Miloud Chorfi.

H.Khélifi

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