Une mentalité de rentiers

19 Oct 2017
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Ahmed Ouyahia a-t-il manqué de justesse, en se prêtant au jeu des questions-réponses avec les chefs d’entreprises, à l’issue de son discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de l’université du FCE ? Au vu de l’importance de l’événement annoncé à grandes pompes, et réunissant la majorité de ceux qui se présentent comme des créateurs de richesses, le Premier ministre ne s’attendait sûrement pas à une avalanche de questions véhiculant, dans leur totalité, une mentalité et un état d’esprit d’assistanat. Tenant en haute estime, un patronat qui ambitionne de tenir le rôle de locomotive dans le plan de redressement économique conçu par le gouvernement, il s’est plié par courtoisie aux sollicitations des chefs d’entreprises. De ce côté, il n’a pratiquement rien à se reprocher ; d’autant plus que le conclave est organisé dans un cadre convivial, loin de toute suspicion ou arrière-pensée. Ce n’est pas non plus une réunion syndicale où n’importe quel haut responsable aurait été attendu de pied ferme par une masse de salariés mécontents de leur sort, et accusant le gouvernement d’avoir manqué à ses engagements ou à ses promesses. Mais une réunion de patrons possédant usines et entreprises qui ont toujours reproché à l’Etat son interventionnisme dans la sphère économique, dont le rôle aujourd’hui est de prouver qu’ils sont réellement une force de propositions, et non une source de revendications auxquelles le gouvernement et l’Etat sont tenus à répondre au quart de tour. Certains membres du FCE rêvent de voir leur organisation ressembler au Medef de Pierre Gattaz, mais ne font rien pour la hisser à la hauteur d’un véritable lobby industriel et financier, porteur de solutions. La plupart sont restés inscrits dans une logique d’assistanat figé. Au lieu de proposer et d’agir, ils ne font que revendiquer et revendiquer. Ahmed Ouyahia aurait certainement souhaité recueillir des idées innovatrices, des projets à la hauteur des ambitions des uns et des autres, et non un interrogatoire en bonne et due forme dont il se serait volontairement passé. Ce n’est pas en se positionnant avec la mentalité de rentiers que les patrons algériens, du moins une grande partie d’entre eux, vont devenir une force de frappe économique comme ils le souhaitent. Non, ce n’est pas de cette manière qu’ils vont pouvoir peser sur le modèle économique algérien !

Mohamed Mebarki

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