Aux enchères

03 Jan 2018
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C’est une sorte de vente de licence d’importation à la criée que vient de proposer le ministère du Commerce aux porteurs de gros sous qui opèrent dans ce créneau à très forte valeur ajoutée.  Contraint par ses obligations avec l’Union européenne de lever l’interdiction d’importation de véhicules en vertu de l’Accord d’association, le gouvernement, n’a pas trouvé mieux que la vente aux enchères. Ce sera  donc à qui mieux mieux… ! L’accès aux très courues licences d’importation de véhicules de tourisme, de transport de marchandises et de transport de personnes, fera donc l’objet d’une offre publique de vente aux enchères comme au bon vieux temps. Le procédé parait pour le moins archaïque. Le ministère du Commerce aurait pu trouver une autre méthode plus moderne mais surtout plus transparente. Parce que, la vente aux enchères, comme on le voit très souvent chez les commissaires-priseurs, le magot profite à ceux qui disposent de bons tuyaux.  Il n’y a absolument aucune assurance que l’opération que propose Benmeradi soit un modèle de transparence. A priori, elle profitera à ceux qui détiennent des fortunes colossales en dinars qui trouveront ainsi un moyen de recycler- voire même blanchir pour certains dont le fric est d’origine douteuse. On voit mal comment les pouvoirs publics pourront contrôler les porteurs de la «chkara». Du coup, il y a un fort risque que ce soient les mêmes vautours qui rodent autour du commerce extérieur et spécialistes de l’import-import qui vont mettre la main sur le Jackpot.  Ceci même si le ministre évoque un cahier des charges approuvé par l’arrêté interministériel, fixant les conditions et les  modalités d’accès par voie d’enchères au contingent ou à ses tranches. Mais à y regarder de près, ce retour forcé aux licences d’importation des véhicules après leur suppression durant l’année 2017, va faire l’affaire des maquignons qui vont enlever haut la main les contingents et imposer par la suite les prix de revente. De l’autre côté, le ministère du Commerce, précise que seuls les opérateurs économiques dont l’activité de production ou de distribution est liée directement aux produits soumis au contingent ouvert, peuvent soumissionner pour l’accès au contingent ou à ses tranches. Autrement dit, Renault, Peugeot, et les autres concessionnaires qui se sont déjà fortement sucrés sur le dos des Algériens auront encore la possibilité d’importer des véhicules clés en main qu’ils vont revendre en l’état en plus de ceux qu’ils «produisent» avec un taux d’intégration anecdotique ici en Algérie. Qui va gagner, tout compte fait, dans ce marché de dupe si ce n’est les concessionnaires et quelques bras longs parmi les détenteurs de milliards de dinars ? 

 Imane B.

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