Cafouillage

15 Jan 2018
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Le pouvoir en Algérie, Gouvernement et présidence de la République sont dans une incapacité avérée à mettre en place une stratégie pertinente et cohérente pour faire face aux effets de la crise économique. Le cafouillage  et le bidouillage restent les maitres mots pour qualifier cette situation qui met au grand jour  une divergence d’approche  profonde entre le président Bouteflika et son Premier ministre. En témoigne cette instruction présidentielle qui n’est ni plus ni moins que la remise en cause de la décision prise lors de la fameuse grande messe au cours de laquelle était signé la charte de partenariat entre le syndicat et le patronnat, sous les auspices du gouvernement Ouyhaia. C’était le mois dernier lors d’une cérémonie  protocolaire tout en symboles au cours de laquelle Ahmed Ouyahia, cassant un tabou, avait fait l’annonce de la privatisation d’entreprises publiques  déficitaires que l’Etat  n’est plus en capacité de renflouer financièrement. L’instruction du président Bouteflika, qui soumet toute décision de privatisation à son approbation préalable, a surpris plus d’un observateur de la scène économique. Est-ce que la décision de privatisation est une initiative  personnelle d’Ahmed Ouyahia (et ses collaborateurs)  qui n’a pas pris la précaution d’en référer au chef de l’Etat ? Difficile de croire quand on sait la discipline et surtout la loyauté d’Ouyahia à Bouteflika  en faisant  systématiquement référence à son programme.  Peut-être qu’il faille chercher du côté du FLN qui aurait fait changer d’avis au président Bouteflika. C’est d’autant plus probable que Ould Abbas, le jour même de la signature de la fameuse charte était monté au créneau pour s’ériger en défenseur  patenté du secteur public. Sur le plan symbolique, la tripartite bis qu’il avait tenté d’organiser  ne peut s’interpréter que comme une remise en cause  de celle organisée par Ahmed Ouyahia.    Le patron du FLN interrogé sur son initiative, qui semblait plutôt à contre courant, avait expliqué qu’elle avait la bénédiction  de l’entourage du président sinon lui-même. D’aucuns n’hésitent pas à voir dans ce rétropédalage du président Bouteflika la signature de Chakib Khellil qui n’a pas ménagé ces derniers temps  par ses sorties contre le Premier ministre. Un premier ministre aujourd’hui publiquement désavoué et qui aura bien du mal à poursuivre son action à la tête du Gouvernement, dés lors qu’un des piliers de sa politique de redressement est retoqué par le chef de l’Etat. Difficile pour les observateurs de la scène politique algérienne de ne pas faire un parallèle  entre ce qu’avait vécu Abdélmadjid Tebboune l’été dernier, et ce qui risque d’advenir à Ouyahia dans les jours à venir. D’aucuns n’hésitent même plus à parler d’un changement imminent du Gouvernement. Ce qui viendrait alors corroborer les rumeurs  qui alimentent à ce sujet la presse depuis plusieurs semaines.   

H.Khelifi

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