Tout çà pour çà !

01 Mar 2018
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C’est sans doute la question que s’étaient posé tous les parents d’élèves, voire l’opinion publique en général après la décision inattendue du CNAPESTE d’arrêter sa grève et reprendre dès aujourd’hui les chemins des écoles. C’est évidemment un ouf de soulagement qu’ont dû pousser les élèves et leurs parents après plus de trois mois de grève dans certaines wilayas à l’image de Béjaïa et Blida. Mais il va falloir demander des comptes à ce syndicat qui a tenu le pays en haleine et retenu les élèves en otage. Qu’est-ce qui a bien pu changer pour le voir subitement revenir à de meilleurs sentiments, lui qui affichait un «ni ni» à toutes épreuves ? Le Cnapeste n’a concrètement rien gagné et sa décision de reprendre les cours n’est basée pas uniquement sur une promesse de dialogue. Une promesse contenue dans le message du président de la République à l’occasion de la célébration du double anniversaire du 24 février, où il a appelé implicitement les grévistes à reprendre leur travail avant d’ouvrir les négociations. Son porte-parole, Messaoud Boudiba a d’ailleurs reconnu qu’il n y avait aucun acquis et que c’est la  manifestation des élèves dans la rue et des contacts avec les «hautes autorités du pays» qui ont fait changer d’avis au conseil national en faveur de la reprise des cours. Mais que de temps perdu ! Pendant ces quatre longs mois, et malgré le désarroi de ces milliers d’élèves livrés à la rue et l’anxiété de leurs parents, le Cnapeste n’a pas eu du scrupule pour eux. Droits dans leurs bottes, les animateurs de ce syndicat qui écumaient les plateaux de télé promettaient qu’ils ne plieraient jamais face à Mme Benghebrit. Mais ils se sont finalement contentés d’une vague promesse qu’un dialogue sera ouvert avec… Mme Benghebrit. Et elle les a invités hier matin même à un échange qu’ils auraient dû accepter avant le pourrissement de la situation. Il est dommage que ce Cnapeste qui se présentait comme un syndicat indomptable, se soit dégonflé à la première occasion.  Et les intérêts des élèves qui s’en soucie ? Sûrement pas les enseignants grévistes qui vont t être, on s’en doute, rétablis dans leurs droits et plus si affinités… Les élèves seront les seuls à subir les dommages collatéraux  de cette grève. Quelle valeur aura une année scolaire en effet quand elle est amputée de trois mois ? On devine déjà les mesures qui seront prises pour sauver, voire «expédier» une année scolaire encombrante dans ce contexte de pré-campagne pour la présidentielle. Le gouvernement sera contraint d’appliquer la fameuse «Attaba» (seuil de cours à réviser) qu’il a pourtant décrété, et à juste titre, «anti pédagogique».   Il pourrait même donner instruction de faciliter les examens ou adopter une correction généreuse. Pour les autorités la paix sociale surtout dans ce secteur stratégique, n’a pas de prix. Mais à quel prix justement ? Pour les élèves c’est une année clairement ratée puisque même les animateurs du Cnapeste reconnaissent qu’il est impossible de rattraper le temps perdu. Pendant ce temps, les médecins résidents bouclent eux aussi quatre mois de grève. Les CHU et autres établissements hospitaliers restent paralysés. Là  aussi, ce sont les simples citoyens qui payent la note. Les malades, très souvent, des Algériens lambda en sont malades de cette grève. Des soins au ralenti et des rendez-vous impossibles à avoir dans les meilleurs délais pour les malades graves. Et tant pis pour eux, semblent dire le gouvernement et les grévistes. Après tout, les «friqués» peuvent se payer des soins dans des cliniques privées. Pour eux, ce mouvement de protestation est un mal nécessaire pour faire de bonnes affaires. Les résidents qui réclament la suppression du service civil sont peu soucieux quant au service public. Le gouvernement, lui non plus, n’affiche pas de signe d’inquiétude. Et l’affaire risque de se régler comme celle du Cnapeste !

Imane B. 

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