Ouyahia sur la touche ?

05 Mar 2018
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Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia est-il sur la touche ?  Certains observateurs n’hésitent pas à tirer cette conclusion. L’homme est de moins en moins sous les feux de la rampe, lui qui adore les médias et les polémiques. Ces dernières semaines, l’homme paraissait bien réservé  et commentait, de moins en moins, l’actualité brûlante qui, pourtant, l’interpellait au plus haut point en tant que  chef de l’exécutif. Depuis ses salves détonantes depuis Biskra où il célébrait l’anniversaire de son parti, contre les médecins résidents et les enseignants grévistes affiliés au CNAPESTE qu’il a traités de «pirates», Ouyahia semble avoir avalé sa langue. A –t-il été rappelé à l’ordre ? C’est très possible surtout que le président de la République a fini par désamorcer la crise en appelant le Cnapeste à arrêter sa grève et la ministre de l’Education à ouvrir avec lui des négociations.  En s’adressant directement à Mme Benghebrit, Bouteflika s’est passé des services de son Premier ministre coupable d’avoir haussé le ton contre les grévistes et provoqué le raidissement de leur position. Mais une fois ce conflit terminé, Ahmed Ouyahia n’a pas fait de déclarations publiques préférant, comme il le fait souvent, envoyer son lieutenant Seddik Chihab au charbon. Ce dernier a estimé que les grèves que connaît le pays sont des «mouvements ordinaires» à la veille de l’élection présidentielle. Pour lui, ces foyers de tension sont directement liés à la présidentielle. Mais ce propos parait équivoque en ce sens qu’il ne précise pas à qui profitent ces tensions. On pourrait même les interpénétrer comme une réaction de dépit d’Ouyahia, par la voix de son adjoint, sur le fait que le Cnapeste a assombri son bilan au moment où il pouvait prétendre être recours  en cas de remise en cause du 5 ème mandat. Une autre éventualité peut expliquer le silence d’Ouyahia à savoir des divergences de fond probables entre la stratégie d’Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement et d’autres centres de décision. D’aucuns croient percevoir un signe de désaveu du Premier ministre en vue de lui couper les ailes en prévision du scrutin de 2019.  L’autre élément non négligeable est le fait qu’Ahmed Ouyahia soit quasiment contredit par son ministre des Finances à propos de la politique des subventions. En effet, le Premier ministre clamait depuis Biskra, qu’il n’était pas question de toucher aux subventions et aux impôts comme l’avait suggéré à Dubai, M. Raouia lors d’une rencontre avec les responsables de la Banque Mondiale. Or, ce dernier est revenu à la charge jeudi dernier devant le Conseil de la Nation, en n’excluant pas la révision du système des subventions afin de réduire le déficit budgétaire qui se creuse dangereusement.  De fait, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au sein du gouvernement. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia ne paraît pas être dans les bonnes grâces du Président même s’il ne rate aucune occasion pour clamer haut et fort qu’il reste fidèle au Président et qu’il le soutiendrait s’il postulait pour un cinquième mandat. Et ce n’est pas la cérémonie du 8 mars qu’il présidera jeudi prochain qui renforcera sa position après tous ces coups fourrés qu’il a reçus.

Dernière modification le dimanche, 04 mars 2018 20:57
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